OBSERVATIONS
sua LIS OBJECTIONS QUE MM. LES MARCHANDS POURRAIENT PRO- DUIRE CONTRE LE TABLEAU DES DÉPENSES JOURNALIÈRES EXPO- SÉES CI-DESSUS.
Sur le Pain.
» Quoique le prix soit variable, od sait qu'il a été à 2 s. 6 d. la livre de pain bis; que par ainsi^ pour peu que les récoltes ne soient pas abondantes, il peut revenir au même prix, tandis qu'on ne le porte qu'à 2 sols.
Sur la Viande.
» On sait que depuis 30 ans le prix a toujours encbéri, que par conséquent on ne peut espérer une diminution.
Sur le Vin.
» A six sols la bouteille, il n'y a rien à rejeter puisqu'il est rare de le voir à ce prix.
Sur la quantité du Vîn.
D Si entre le maître et la maîtresse ils ne boivent bouteille, il n'y a rien de trop, puisqu'il est vrai que le bureau de la communauté taxe le maître, en cas de difficulté, de donner à un apprenti demi-bouteille par jour.
Sur le Loyer.
» Les appartements du plus grand nombre des maîtres ouvriers, qui n'ont que trois métiers, ne leur coûtent que trop souvent plus de (40 livres.
Sur V Huile à brûler.
L'ouvrier étant obligé de pousser sa veille laborieuse jusqu'à une heure après minuit en hiver, nulle personne ne peut ignorer qu'il en faut au moins cent vingt livres pour quatre lampes.
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Sur le Feu.
» Aucun maître ne peut se dispenser d'user une moindre quantité de bois et de charbon, sans une épargne rigoureuse, qui diminuerait l'avance du travail.
Swr le sel, poivre, huile à manger, beurre, fromage, vinaigre, fruit et hortolage.
» On démontrera si on Feiige par un détail exact, que tontes ces mêmes dépenses sont portées à un prix très-médiocre, et qu'elles sont très-nécessaires à des gens qui travaillent dix-huit heures par jour sans relâche.
Sur l'Achat et Entretien des habillements dumatpre
et de la maîtresse.
» n n'est pas possible qu'ils puissent se restreindre à un entr^ tiœ plus modique, sans faire souffrir en eux l'humanité, ou sortir des règles que l'honnêteté exige des hommes laborieux, qui ont l'honneur d'être citoyens de la seconde ville du royaume.
Sur le calcul des Dépenses et Entretien de tout ce qui peut concerner vn atelier de trois métiers, ayant été supputé coûter 9 deniers par aune de la quantité d'ouvrage qu'ils font par année.
» On ne craint pas d'avancer qu'on n'a rien exagéré, puisqu'il est vrai quci si un maître ne se trouve pas dans le moyen d'acheter une chemisCj avec le linge dont il a besoin, et que le marchand lui fournisse ses oulils, le marchand lui retient un sol par aune sur le prix ordinaire de ses façons ; et si, au contraire, le marchand Élisant fabriquer certaines étoffes qui l'obligent à fournir la remise et le peigne, que d'usage le maître ne fournit jamais» si le maître en fait la dépense, le marchand n'hésite pas un instant à lui donner un sol par aune de plus que le prix ordinaire ; preuve bien sensible de la modération qu'on tient dans l'article des apprêts, en ne portant le tout qu'à la dépense de 9 deniers par aune.
» Il résulte du tableau qu'on vientde donner, dont personne sans
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doute n'osera contester la vérité^ qu'il est démontré que Touvrier en soie ne peut vivre du salaire qu'il obtient par un travail forcé de dix-'hiût heures par jour; que par conséquent il est de la plus urgente nécessité d'augmenter ce salaire, si on ne veut pas laisser périr la fabrique de Lyon.
» Toutes les raisons qu'on pourrait alléguer pour se dispenser de cette augmentation^ ne sauraient entrer en considération contre les principes incontestables qu'on vient d'établir.
» Quand on ne oonûdérerait les ouvriers en soie que comme des instruments mécaniques nécessaires à k fabrication des étoffes, ou qu'abstraction faûe de leur qualité d'hommes, qui doit iittéresser toute la société à leur sort, on ait l'inhumanité de ne vouloir les traiter que comme des animaux domestiques que l'on n'eurtretient et ne conserve que pour les bénéfices que leur travail procure^ toujours faudrait-il leur accorder la subsistance qu'on est forcé de fournir à ceux-ci, si on ne voulait pas &^exgos^ à se voir bientôt frustré du fruit de leurs travaux.
» U faut donc nécessairement ou abandonner la fabrique, ou se déterminer à payer aux ouvriers un salaire qui puisse les £ûre subsister en travaillant avec assiduité.
» En vain MM. les fabricants opposorûent-ils que l'augmei^tioa demandée par les ouvriers détruit la concurrence, qu'il est de leur intérêt d'entretenir avec les fabriques édrangères ; dât^lle cette concurrence se perdre, dût-elle anéantir la fabrique, ils ne peuvent se soustraire à cette augmentation, elle est d'une néce^ site absolue.
9 La fabrique des étoffes de soie de Lyon deviendrait un vice dans l'Etat qu'il faudrait extirper, s'il était impossible de la soutenir, sans réduire à la plus affreuse misère les ouvriers qu'exige sa main-^'oBUVie.
» Mais l'équilibre de cette concurrence, que les marchands fabricants font tant valoir, ne sera pas détruit par la juste augmentation du prix des façons que les ouvriers demandent ; ce qui va leur être prouvé par le tableau suivant, dans lequel on verra que dans toi:Aes les fabriques étrangères, le prix des façons dans les différents genres d'éti^es, est encore supérieur à celui que les ouvriers de Lyon sollicitent.
j> On leur démontrera encore dans un second tableau, que cette augmentation qu'il leur pfaât d'évaluer à i4 ou 15 pour 100, n'est
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daiM le ym que de 2 pour 100 sur la valeur des étoffes prises les unes dans les autres; que, fnr conséquent, cette augmentatiott^ si justement demandée et si constamment refusée^ n'expose pas la fabrique de Lyon à perdre^ comme on voudrait le faire croire^ la concurrence qu'il est intéressant de lui conserver.
y> Le moyen le plus sûr d'assurer à notre fabrique les avantages qu'elle a eus jusqu'à présent sur les fabriques étrangères, c'est de veiller au maintien de la bonne fabrication, afin que la perfection des étoffes les rende toujours préférables à celles que peuvent fournir les fabriques étrangères; Boais l'on sent que pour remplir, cet objet, il ne faut pas dégoûter l'ouvrier» il ne faut pas le réduire à négliger la perfection de son oi^vrage pour en hâter la confection ; il ne faut pas surtout livrer la fabrication des étoCEès entre des mains, qui naturellement ne sont pas propres à leur donner cette perfection qu'elles acquièrent sous la main d'un bon ouvrier. »