‹ Le génie de la révolutionChapitre 174 sur 191 · DISCOURS DE M. DE MILSGENT · texte numérisé non relu

DISCOURS DE M. DE MILSGENT

LIEUTENANT PARTICULIER DU PRÉSIDIAL d'aNGERS ET PRÉSIDENT DE l'ordre DES COMMUNES LORS DE l'OUYERTURE DE l' ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DES SÉNÉCHAUSSÉES PRINCIPALES ET SECONDAIRES, TENUE DANS LA GRANDE SALLE DE l'hOTEL-DE-YILLE D'A^'GERS, LE 18 MARS 1789»

(EXTRAIT

« C'est un spectacle vraiment admirable de voir une nation courbée, il y a quelques instants^ sous le joug de la plus odieuse oppression, menacée de perdre sa constitution^ ses lois, sa liberté, livrée à tous les outrages et à tous les scandales du pouvoir arbitraire^ se réveiller tout à coup au sentiment profond de ses maux, briser par un puissant et généreux effort les fers d'une honteuse servitude^ rappeler à la vie une patrie expûrante^ au lieu de ces vils sentiments de crainte^ de faiblesse^ d'humiliation, faire briller partout le courage^ l'honneur^ l'indépendance de la vertu.

» C'est ainsi que l'excès même de nos maux en est devenu le terme

j» 0 jour affireux ! jour né pour les forfaits^ où les défenseurs

PIÈGES JUSTIHCâTrVfS ET tCLÀIRGISSEMENTS. 491

^ la patrie^ trsnsloriiiés tout à coup en d'infâmes satellites^ ont osé iriol^ le sanctuaire auguste (ks lois, pointer le tumulte 'des armes et toictteslefi henreors de la guerre dans le saint tem^ «de da paix !

9 C'en était fait du salut de la république si le crime eût

^trion^hé

9 Que «e :poafvonsrneQ3 efEetcer de notre sowenir les jours «de deuil et de misère qui suivirent €es moments d'horreur et *4'nifamie ! Le courage (ks Français semblait s'être éteint dans TaiMittemest- et la douleur^ chacun tremblait pour ses proprâétés, jom lui-<même^ pour ses enfants^ en pensant «ax. -diidnes et aux »i{^lioes réservés aux martyrs de la liberté. Les ^citoyens s'éloignaient de la chose publique comme Ton s'éloigne 'd'im cadavre qui répand l'horreur et le trépas.

» Cependant un bruit sourd se fait entendre dans toutes les parties du royaume «t «monce le moment des tv^igeances publiques. Déjà le sentiment très-profond des iinjustices a exatté (le pays; il part un cri général d'indignatioii. Des hommes nés libres sentent leurs droits. La tyrannie est foulée aux pieds^ «t -ses lâches suppôts disparaissent diargés d'opprobres et des anathèmes de toute une nation qu'ils se sont efforcés de flétnr. » Mais Inentèt le phis beau Jour pavait. Le ministre chéri

«st rappdé :et k vie est donnée aux Français A la voix de

Necker, la cos^ance, le crédit^ l'ordre^ s<H'tent du chaos, ocmime

il'uBtvers du néant à la voix de l'Immortel Que les bons

C'dtoy^s se rassurent ! les méchants sont cc^fondus et lews

Acmiplots reuversés. Louis conntfit le lè^, le désintéressement

^tla fidéhté de soo servïteiB' ; :du haut de son trône il souti<mt

l'ami >de lana^n^ l'ami de sa gloire. Profondément atteint des

• maux qui nous opprimait^ sa bonté sen^e devancer nos désirs^

^'il nous affire la liberté; il nousMvite à nous ressaisir de ces

droits antiques et précieux^ sur la pffliie desquels la nation

'Oxyyait n'avoû*^us qu'à gémir; enia^ c'est à nous^nèmes qu'il

vemet ^ som d'^élever l'édifice de notre honhemr et, s'il d^jre

'que nous nous rapprochions de lui, c''est pour «'environner de

•notre amour^ et jouir de plus près des bénédictions de son

'peuple.

9 Ah ! sbe^ ^os voeux seront comblés RassemUéssous les

voûtes de l'auguste demeure de leur souverain^ anrec quelle ar-

452 niGBS JOSTlFICiTlVIS

deur je irois les Français poser les fondements de la puissance et de la tranquillité publiques, approfondir les besoins de l'État et connaître ses ressources; prévenir les déprédations et la pervtfsité des ministres, établir une juste proportion entre les ^vinces, assurer la plus eiacte r^^ition des charges pu* bliques entre tous les citoyens, réformer les impôts, moins into» lâr^les encore par leur én<»inité que par la tyrannie insultante des exacteurs; encourager le commerce et le protégé; rapprocher la législation de nos mœurs, donner aux citoyens la liberté, à l'homme la dignité, porter partout le flambeau de la raison, le génie du patriotisme, le respect pour l'humanité

» Tâchons, messieurs, d'élever nos sentiments à la hauteur de ces grands et sublimes objets. Recueillons un instant nos esprits et ne perdons pas de vue l'importance des fonctions que nous allons remplir. Songez qu'en traçant le nom de vos représentants aux États-Généraux, vous êtes les mandataires de toutes les pro* vinces, songez qu'il n'est pas un seul de nos compatriotes, vers lequel vous ne soyez comptables du choix que vous allez faire; songez surtout que ce choix est irrévocable, et qu'au moment où l'un de nos citoyens sera proclamé, dans le même instant, toute la province l'investit de sa confiance, lui remet le dépôt sacré de notre liberté, de notre fortune, de notre bonheur

» Choisissez donc pour représentants des hommes d'un esprit ferme et réfléchi, à qui l'habit, le titre et la décoration extérieure n'en imposent pas; dont le regard, à la fois modeste et

assuré, ne voit qu'un homme dans un grand Choisissez des

hommes d'une trempe forte et vigoureuse, capables de soutenir sans émotion les cris aflreux de la tyrannie, au moment où la Nation va l'abattre à ses pieds et lui porter le coup de la mort Peut-être ce monstre n'expirera-t-il pas sans jeter partout l'alarme et répouvante ; qu'alors l'âme de vos députés s'impreigne d'un grand caractère !... Choisissez de ces hommes..., qui respectent ' leurs concitoyens et s'en font respecter eux-mêmes ; de ces personr nages d'une intégrité à toute épreuve à qui vous confieriez sans témoins ce que vous avez de plus cher....; ne perdez point de vue ces paroles mémorables et sublimes de votre souverain : que^ par un accord heureux de la morale et de la politique, il est rare que dans les affaires publiques et nationales les plua honnêtes gens ne soient aussi les plus habiles.. t..

ET ÉGUIRGISSEMËNTS. 453

» UmssonsHious^ messieurs, pour chercher, pour trouver ceux de nos patriotes qui sont les plus dignes de représenter cette province et de remplir Tattente de la nation ; ayons sans cesse {Mfésent à l'esprit le serment solennel que nous avons prononcé de ne consulter que notre conscience, l'honneur et le bien de l'État* GardousHious de détacher notre intérêt personnel de la

cause générale Abjurons tout esprit de parti, protestons

contre tout préjugé, contre tout système Soyons tous frères,

tous amis, et ne formons qu'un coeur, qu'un sentiment, comme BOUS ne formons qu'une assemblée »

LETTRE

ou LIEUTENANT GÉNÉRAL DE LA SÉNÉCHAUSSÉE D'aNGERS A MONSEIGNEUR LE GARDE DES SCEAUX

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