‹ Le génie de la révolutionChapitre 175 sur 191 · DU 22 MARS · texte numérisé non relu

DU 22 MARS

« Monseigneur,

» Toutes nos opérations sont terminées, nos Cahiers i^*

rètés et signés, nos 8 députés nommés^ le procès-verbal clos, arrêté, signé, et nos électeurs partis pour se rendre chez eux. Le Clergé et la Notasse ne peuvent concevoir la célérité de nos (nçérations; alors que nos 8 députés sont nommés, ils n'ont pas eiUMoe songé à commencer leurs nominations. Cela vient du grand ordre que j'ai réussi à établir dans nos assemblées, où chacun était placé de cette manière que les évolutions de 330 personnes pour déposer leurs bulletins se faisaient en moins de vingt minutes. Chacun avait inscrit son nom sur sa chaise» et l'ordbre des chaises était le même que celui de la liste sur laquelle se faisait l'appel noninal. J'étais sûr de trouver dans un instant le particulier à qui j'avais à faire, sans parler à personne, et cette ressource a bien prévenu des difficultés.

» Les sénéchaussées secondaires paraissent satisfûtes et sMit venues toutes en particulier me faire leurs remerciements ; nous avons agi en frères et en bons amis.

w On a bien voulu me nommer pour premier député, et en cela FAssemblée a cherché à me donner un témoignage d'attachement; on a bien plus fait attention à m(m zèle qu'à mes lumières. On a

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nommé pour Beeond uapurlicuUer pkki d'e^ril et d'ékxpBnoe» roaû (j« dk eeci à Votre Grandeur, Monseigneur, soi» le searël. de la con6ance paternelle), qui pourra faire bien du bruit aux États ; c'est un sieur de Volney, dont le Parleiamt Tient depuis quinze jours de foire brûler les ouvrages. Cet homme a un talent extraoniinaire pov se faire des partisans ; il restait dans sa diflire» . immobile, et tous nos habitants des campagnes allaient lui de»* mander mystérieusement qui ils devaient nommer. U est en génér rai adoré ou détesté. Les^ honnêtes gens gémiront d'un choix semblable, qu'on qualifie de scandale. Je souifire cruellement d'aiwf; mon nom à côté de ce particulier ; ma démission était arrêtée^ je l'avais écrite et l'envoyais à l'assemblée, lorsque M. de la Gallissonnière^ notre sénéchal, entra ehez> moi, m'arrache la lettre et me traite d'inconsidéré. Tel est. Monseigneur, l'état actuel des choses ; je ne suis point encore décidé ; je suis prêt à sacrifier mon repos pour ma patrie ; si je suis destfné à travailler avec cet homme, je suis résolu à m'àbstenir ; il estimpossible de le faire céder sur rien, et ses idées sont aussi exaltées que son caractère.

» LetrolsièmeestM. ReTeillèredeLe]^eaiix,âgéd'enviroa33aBs, d'une santé extrêmement faible, mai^ rempli d'esprit; le pins parfait honnête bomme> mais un peu fiiâ>le dans ses idées et préoccupé do gïtand système d'égalité entière enctrei tous ks hommes»

» Le quatrième est H« de Beaujour^ notre avocat du roi, âgé de 26 à 27 ans ; d'excellentes qualités, de l'esprit, de l'étude ; c'est un bon fruit qui n'est pas mûr.

» M. Riche, négôciantà Ang^rs,45ans; parfoithonmètslionmie, bon négociant, k confiance générale.

» M. Aliard, médecin à Château-Gonlâer, homme de â^ansf on en parle comme d'un homme de bon sens, intègre, instruit dans sa partie.

)) M. Des Mazières, conseiller à notre présidial, environ 4S ans, Pesprit parfaitement juste, jouissant d'une grande coii«dératien, d'une conduite intacte, froid, réfléchi, et ne s'animant {urefl^ie jamais pour soutenir la plus juste opinion.

» M. Le Maison, bour^ois à Beaugée, ancien lieutenanlKrininel, Aê ans^; on en parte comme d'un homme tiès-boiiiiête, mais ordinaii^ du cété des connaissances.

» Je n'ai point cru. Monseigneur, que ce détail soit superflu; il est bon, essentiel, que le gouvernement connaisse les caractères pour tout disposer de la manière la plus avantageuse. Si vous désirez. Monseigneur, quelques instructions particulières. Votre Grandeur pourrait s'adresser à moi et compter sur mon zèle et sur le secret le plus inviolable. Je m'estimerais trop heureux de pouvoir aplanir quelques difficultés dont l'administration ne peut manquer d'être actuellement embarrassée.

» Je suis, etc.,

» MlLSCENT,

» lieutenant particulier, i»

P. S. Nous avons nommé quatre adjoints ou suppléants et buit commissaires de correspondance.

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