I. — LA LOGI^US ST fi'iBUDITION
Par intervaDe et dans une mesure plus ou moins étendue, les écrivains français avaient été laissés libres de se livrer à des recherches et d'édifier des systèmes sur l'origine et le développement normal des sociétés, sur les lois idéales, les droits naturels des citoyens et les devoirs de l'État métaphysiquement défini. Jamais il ne leur avait été permis de critiquer les actes, les personnes et le principe du gouvernement existant ; il leur avait même été formellement interdit de s'occuper de finances et d'administration * , c'est-à-dire de prendre la moindre part aux affaires de leur pays ^.
* Voir la Déclaration du roi, du 28 mars 1764 contre laquelle Tabbé Morellet écrivit ses Réflexions sut la liberté d'écrire, qui ne purent être imprimées qu'en 1774, sous le ministère de Turgot.
2 A. de Tocqueville a déterminé les conséquences révolutionnaires de l'espèce de liberté laissée sous TAncien Régime aux philosophes et refusée aux politiques. Mais n'a-t-il pas exagéré les tendances utopiques de nos philosophes, doués d'autant de bon sens que d'audace ? — Voir le ch. xiit de VÂncien Régime et la Révolution.