LES ÉLECTIONS
Ce n'est pas la lutbe, précédemment décrite^ entre le pays et le gouvernement, qui fait des âectioos de 1789 Tun des tableaux les plus émouvants de rhistoire. Ce qui leur donne une physionomie vraiment tragique, c'est le triple combat des Ordres, c'est le duel entre les privilégiés et les non privilégiés, duel entamé dans les brochures^ continué dans rassemblée des Notables et qui, après s'être reproduit en chaque bailliage et sénéchaussée, s'achèvera, au sein de la Constituante, par la ruine de toutes les aristocraties, personnelles, corporatives, provinciales, municipales, et par le triomphe de l'Égalité et de l'Unité.
Si l'on écarte, — comme l'exige le plan de cet ouvrage,— la question du vote par tête ou de l'absorptioa de la Noblesse et du Clergé par le Tiers-État *, le mouvement électoral n'en aboutit pas moins à une révolution. Cette révolution politique, se fût-elle produite isolément, aurait logiquement amené la révolution sociale, comme, en fait, celle-ci effectua forcément celle-là. U est certain que la Liberté est née, chez nous, de l'Égalité ; mais il est évident aussi que l'Égalité aurait pu être la conséquence, plus ou moins
* Grande question, vers laquelle toutes les autres convergent en 1789, €t qui doit, par conséquent, se résoudre à la fin du tableau des vœux et aspirations de la France avant la réunion de la Constituante, pour servir 4e point de départ à l'histoire des idées et des institutions révolutioD- «laires.