‹ Le génie de TaciteChapitre 26 sur 69 · TIBÈRE · texte numérisé non relu

TIBÈRE

— (Flavius Josèphe, AfU. Jud. XVIII, a, 2-) — Tibère, fiht de Livie, succède à Auguste, son beau-père. Il domie le gouvernement de la Judée à Valerius Gratus, auquel, onze ans après, succède Ponce Pilate. Hérode le tétrarque gagne les bonnes grâces de Tibère. Il bâtit Tiberiade.

(Ant Jud. XVIII, 2, 4.) — Déjà père de plusieurs enfants légitimes Phraate, roi des Parthes, épouse ^ sa. concubine, ime Italienne que Tempereur Auguste lui avait offerte en présent, et qui avait donné le jour à Phraatace. Pour plaire à sa nouvelle épouse, Phraate éloigne sesenfants légitimes et les envoie à Rome, en otage.

Phraatace, en âge de régner, tue son père ; chassé du royaume, il est remplacé par Hérode, qui lui-même est tué. Alors, n'ayant plus de roi, les Parthes envoient à Rome quérir un des fils de Phraate qui s'y trouvait en otage, et, du consentement des deux nations, Vonon est jugé le plusdigne d'être élevé à l'empire.

Cependant, les Parthes, gens inconstants et pleinsd'insolence, Sfc repentent bientôt de leur choix. Ils ne prétendent plus obéir à un prince qu'ils appellent esclave parce qu'il avait été remis en otage aux Romains. Ce n'était pas, disaient-ils, le droit de la guerre, mais une stipulation de paix honteuse qui leur avait donné Vonon pour roi. En conséquence ils envoient une ambassade offrir la couronne à Artaban, roi des Mèdes, qui était, lui aussi, de la race des Arsacides, et Artaban, transporté de joie, arrive au royaume des Parthes à la tête d'ime grande armée.

Cependant, le peuple était resté fidèle à Vonon; les nobles seuls avaient participé à la révolution. Vonon marche contre Artaban, le bat et le contraint à s'enfuir dans les montagnes de la Médie. Mais Artaban rassemble de grandes forces, livre à Vonon une seconde bataille, fait un immense carnage de Parthes, s'avance jusqu'à Ctésiphon et reste maître de l'empire.

Vaincu, Vonon s'enfuit en Arménie avec quelques-uns de ses partisans et, à peine arrivé, il forme le dessein de devenir roi du pays. A cet effet, il envoie, une ambassade à Rome. Mais Tibère, qui le méprisait et qui voulait éviter d'offenser les Parthes, prêts à lui déclarer la guerre s'il le soutenait, refuse de l'assister. Alors, sans espérance de rien obtenir des Romains, voyant d'ailleurs que le plus puissant des peuples de l'Arménie, qui habite auprès de Niphate avait embrassé la cause d' Artaban, Vonon se retire auprès de Silanus, gouverneur de Syrie. Celui-ci le reçoit en considération de ce qu'il avait été autrefois élevé à Rome, et Artaban, ne trouvant plus de résistance, établit roi d'Arménie son fils Orodes. [Tacite [Ann, II, 1-4) mentionne quelques-uns de ces faits. Il ajoute à leur exposé des détails de son invention.]

{Ant Jmê. XVJII, 2, 5.) — A la mort d'Antiochus, roi de Commagène, une discussion éclata dans ce pays entre les nobles, partisans de la domination romaine, et le peuple qui voulait la continuation du gouvernement monarchique. A cette occasion, un décret du Sénat envoya Germanicus en Orient. Cet excellent prince avait mis les affaires dans le meilleur état lorsqu'il mourut, empoisonné par Pison. [Cf. Ann. II, 42-43.]

[Ant Jud. XVIII, 3, 4.) — Sur l'ordre de Tibère, les prêtres d'Isis à Rome, complices d'un crime, sont crucifiés ; leur temple est détruit.

[Ant. Jud. XVIII, 3, 5.) —Victime de la perfidie de quelques juifs, Saturnin adressa une plainte à Tibère, de qui il était fort aimé. Tibère ordonna que to\is le-s Yixfe ^^'s^^^î^

expulsés de Rome. Quatre mille d'entre eux furent envoyés en Sardaigne, un grand nombre d'autres furent châtiés très sévèrement. [Cf. Ann, II, 85.]

(Ant jfud. XVIII, 4, 2.) — Vitellius, gouverneur de Syrie commanda à Pilate, accusé par les Samaritains, d'aller à Rome se justifier devant l'empereur. Tibère mourut avant son arrivée.

[Ant, Jud, XVIII, 4, 4.) — Artaban, roi des Parthes, s'était emparé de l'Arménie. Sur l'ordre de Tibère, Vitellius, gouverneur de Syrie fournit de grandes sommes d'argent aux rois des Ibériens et des Alains pour qu'ils lui déclarent incontinent la guerre. Les Ibériens donnent passage aux Alains, qui envahissent l'Arménie, s'emparent du pays, pénètrent sur le territoire des Parthes, tuent la plus grande partie de la noblesse et le fils d'Artaban. Ayant découvert que Vitellius avait gagné, par de l'argent, ses proches et ses amis, Artaban gagne les pro\'inces supérieures, assemble une grande armée de Daniens et de Saciens, remporte une victoire sur ses ennemis et recouvre son royaume. Tibère recherche alors son alliance. Rencontre de Vitellius et d'Artaban. Le traité est conclu. Artaban envoie son fils Darius en otage à Tibère. [Dans son histoire romanesque d'Artaban (Ann. VI, 32 sq.), Tacite ne fait pas mention de ces événements.]

[Ant. Jud. XVIII, 4, 6.) — A la mort de Philippe, père d'Hérode, qui avait possédé pendant trente-sept ans les tétrarchies de la Traconite, de la Gaulatide et de la Bathanée, Tibère réunit ses Etats à la S^'rie.

[Ant. Jud. XVIII, 5, i.) Tibère mande à Vitellius, gouverneur de vSyrie, de déclarer la guerre à Arétas, roi d'Arabie.

[Ant. Jud. XVIII, 6, i-ii.) — Agrippa, fils d'Aristobule, devient, à Rome, l'ami de Drusus, fils de Tibère, et d'Antonia, belle-sœur de Tibère. Drusus étant mort à cette époque, Tibère se refuse à recevoir encore tous ceux que son fils avait aimés, parce que leur présence avivait sa douleur. [Tacite a inventé, au coiitïa\ie, <\\\ç;t\V>èx^ détestait

son fils {Ann,l,y6.)] Agrippa est donc contraint de retourner en Judée.

Revenu en Italie, il est reçu très afiectueusement par Tibère et par Antonia, qui paye une partie de ses dettes. Tibère lui confie Tibère-Néron, son petit-fils, et le prie de veiller sur ses actions. Mais au lieu de remplir ce désir de l'empereur, Agrippa, pour plaire à Antonia, s'attache au petit-fils de cette princesse, à Caius Caligula, aimé et honoré de tout le monde en souvenir de Germanicus, son père. Dans une conversation avec Caius, devenu son ami. Agrippa, parlant de Tibère, souhaite qu'il fasse bientôt place à Caius, qui « méritait mieux que lui de régner ». Cette conversation des deux jeunes gens est rapportée à Tibère par Eutychus, affranchi d' Agrippa. Tibère, irrité de la démarche d' Eutychus, le fait emprisonner. A cela, rien d'étonnant, remarque Flavius Josèphe. Jamais prince ne se hâta moins que Tibère en toutes choses. Il ne donnait pas immédiatement audience aux ambassadeurs et il ne remplaçait les gouverneurs et les intendants de province qu'à leur mort. [Cf. Ann. I, 80.] A ses amis qui lui en demandaient la raison, il répondait que s'il recevait promptement les ambassadeurs, on lui enverrait aussitôt d'autres députations et qu'il en serait accablé. Quant aux gouverneurs et intendants de province, c'était le désir d'épargner ses sujets qui l'empêchait de les remplacer souvent. Les gouverneurs qui ne feraient que passer dans les provinces, pensait-il, se porteraient avec plus d'ardeur à commettre des exactions, au lieu qu'ils agissent avec plus de modération lorsqu'il n'appréhendent point d'avoir bientôt des successeurs. Comparaison qui lui était familière à ce sujet. Durant les vingt-deux ans qu'il régna, il n'envoya que deux gouverneurs en Judée, Gratus et Pilate; il agit de même dans les autres provinces. Il disait aussi qu'il ne se hâtait point de faire juger les criminels et qu'il les retenait longtemps en prison pour les punir de leurs forfaits par une peine longue, plus difficile â svi^^Oït^x o^^ \a. ^nsss^N^.

[Au contraire, dans les A$inal£s de Tacite, la plupart des condamnés, victinies de la haine de Tibère, sont exécutés sur-le-cliainp.]

Cependant, un jour que Tibère était venu de Capri à Tuscttlane, Antonia insiste auprès de lui, —sur les instances d'Agi^pa,. qui voulait se disculper, — pour qu'il interroge encore .Butycbus, Tibère avait beaucoup de considération pour Antonia, d'abord^ parce qu'elle était sa belle-sœur; ensuite, à raison de sa grande chasteté- Restée veuve toute jeune, et bien qu'Augiiste la pressât de se remarier, elle s'y refusa toujours, et vécut en si .grande vertu que sa repu ta* ti'cm demeura sans tâche* Il faut ajouter que Tibère lui était particulièrement obligé de raffection qu'elle lui avait vouée. [Ceci contredit manifestement l'assertion mensongère de Tacite d'après laquelle Tibère aurait tué son neveu Germanicus, fils d- Antonia.] En effet, Séjan, chef des gardes prétotiennes — qu'il avait tout spécialement aimé et élevé à un très haut degré de puissance — de complicité avec plusieurs sénateurs, plusieurs officiers, et même des affranchis de Tibère, forma contre lui une grande conspiration qui fut sur le point de réussir. Antonia, seule, fut cause qu'elle avorta. L'ayant découverte, elle en écrivit à l'instant touç les détails à Tibère, et fit porter sa Içttre à Capri par le plus fidèle de ses afiranchis, Pallas. A la suite de cet avis, Tibère fit mourir Séjan et ses complices. Un si grand service augmenta encore l'estime et l'affection que Tibère avait vouées à cette princesse, au point qu'il prit en elle une entière confiance.

A la demande d' Agrippa, Antonia presse donc Tibère d'inteiTOger Eutychus, mais Tibère, redoutant pour Agrippa les conséquences de cet interrogatoire, s'y refuse toujours. Finalement, Eutychus, mandé par l'empereur, lui apprend qu'Agrippa aurait dit à Caius Caligula : « Ne verrai-je jamais le jour où ce vieillard s'en ira à l'autre monde et vous laissera maître de celui-ci, sans que son petit-fils puisse être un obstacle à votre sivètiemetit, -^viisc^ii'il

^ous sera facile de vous en défaire? Que toute la terre serait heureuse et que j'aurais part à ce bonheur! » Cette révélation, comme Tibère l'avait prévu, entraîne la disgrâce d' Agrippa, qui, malgré ses supplications est enchaîné par Macron, successeur de Séjan. Détails sur le séjour d' Agrippa ^n prison.

Six mois après, Tibère, revenu à Capri, tombe dans une langueur qui d'abord ne paraît pas périlleuse. Mais le mal :augmentant, l'empereur, désespérant de sa vie, commande à Evode, qui était celui de ses affranchis qu'il aimait le mieux, de lui amener Tibère, son petit-fils, et Caius, son petit-neveu, fils de Germanicus, parce qu'il voulait leur parler avant de mourir. Caius était déjà grand, fort instruit et très aimé du peuple à raison du respect attaché à la mémoire de Germanicus, son père. Car ce vaillant et excellent prince était si -étonnamment doux, si modeste et si afiable, qu'il avait gagné l'affection non seulement du Sénat, mais de tous les peuples. -Sa mort avait été pleurée par des larmes si sincères, que chacun paraissait regretter un membre de sa famille en cet homme' qui avait pris plaisir durant sa vie à obliger tout le inonde et n'avait jamais fait de mal à personne. Cette affection que l'on avait eue pour le père était aussi très avanta- .geuse au fils dans Tesprit de tous les gens de guerre, et •ceux-ci faisaient assez connaître qu'il n'y avait point de périls auxquels ils ne fussent prêts à s'exposer pour l'élever -au trône.

Tibère nomme Caius son successeur. [D'après Tacite, au •contraire (Ann, VI, 46.) Tibère, longtemps perplexe, aurait :abandonné au destin le choix de son successeur.]

Très curieux d'astrologie, Tibère avait ajouté, sa vie durant, une si grande foi aux horoscopes que ceux-ci réglaient la plupart de ses actions. Voyant un jour venir Galba, il dit à ses amis intimes : cet homme sera un jour •empereur. [Cf. Ann. VI, 20.]

Tibère ne vécut que peu de jours ensuite. Il avait régné vingt-deux ans, cinq mois, trois jours, ^f. Ann,M\^*b^^\a.

An tragique de Tibère „inTentée par Tacite.] Le bruit delà mort de ce prince causa une esstx^èine joie dans Rome, mais on n'osait croire. à cette nouvelle. Plus on la souhaitait^ plus on craignait qu'elle ne fùtpas \Taie, car, si elle se trouvait être fausse,c'était s'exposer à perdre la vie que d*en témoigner de la satisfaction, tant les délateurs étaient redoutables sous imr^;nè tel que celui de Tibère, qui avait plus maltraité les sénateurs que nul autre avant lui, Tl était ,en eflfet si colère, si inexorable et si cruel, qu'il haïssait même sas^ raison. Il considérait comme une peine légère la mort qu'il faisait souffiir injustement, [Il appert de ce passage que Tibère, crut devoir réprimer avec la dernière rigueur les crimes de lèse-maj^té et que la politique qu'il suivit à cet égard, légUteée sans doute par les circonstances, provoqua à Rome la plus vive indignation. De là le sentiment que Flavius Josèphe lui prête, êilt Ja foi des écrivains de l'opposition. [Cf. ci-dessoiis (Ant Jud. XX, S, 3), jugement de l'historien grec sur ces écrivains.]

Caius informe le Sénat de la mort de Tibère. On fait à celui-ci de superbes funérailles.

— (Flavius Josèphe, Beii. Judaic^ II, 9, i.) — Auguste meurt après un règne de cinquante-sept ans, six mois, deux jours. Tibère, fils de Livie, lui succède.

[Ih, II, 9. 5.) — Agrippa, fils d'Aristobule va trouver Tibère à Rome et accuse devant lui Hérode le Tetrarque. Mais Tibère ne tient aucun compte de son accusation. Resté à Rome, Agrippa conquiert l'amitié de Caius, fils de Germanicus. Dans un festin, il prie les dieux de rendre Caius maître du monde à la place de Tibère. Trahi par un de ses serviteurs, il est mis en prison. Il y demeure six mois dans une grande misère, jusqu'à la mort de cet empereur qui régna vingt-deux ans, trois mois, six jours.

— D'après les indications d'Auguste, Tibère a envoyé en Ibérie trois légions qui ont déjà fait beaucoup pour pacifier les monfagnards. (Strabon, Géogr, III, 3, 8.) — Auguste, ses amis, sa femme Livie, sa sœ\ii otvI scç^ottè une ardeur

extrême et une munificence sans bornes à décorer de monuments la ville de Rome. Description de celle-ci. (V, 3, 8.) — ' Tous le pays en deçà du Phase et de TEuphrate, hormis une partie de 1* Arabie, relève directement de Rome. Si les- Arméniens qui habitent au delà de la Colchide s'agitent aujourd'hui, c'est qu'ils savent les Romains occupés ailleurs. Un légat suffirait cependant à les contenir. Les Parthes subissent aujourd'hui l'ascendant des Romains. Non seulement ils ont renvoyé ces trophées qu'ils avaient élevés naguère à la honte de Rome, mais Phraate a remis en otage à Auguste ses fils et ses petits-fils. [Cf. Ann, II, i.] Plus d'une fois, de nos jours, ils sont venus chercher à Rome les princesdont ils voulaient être gouvernés. [Cf. Ann, II, 2; VI, 3i.] Ilssemblent prêts aujourd'hui à se remettre corps et bien à la discrétion des Romains. Jamais ceux-ci et leurs alliés n'ont joui d'une paix et d'une prospérité plus complète que celles que leur a données Auguste et que leur continue Tibère en réglant sa politique et son administration sur l'exemple de son prédécesseur. Et les propres enfants de Tibère, Drusus et Geimanicus, se règlent sur lui dans le zélé concours qu'ilslui prêtent. (VI, 4, 2.)

L'empereur Auguste avait comblé de ses faveurs le jeune chef Marcoman Marobod. (Strabon, Géogr. VII, i, 3.) — Revenu au pays des Marcomans, sa patrie, Marobod s'empara du pouvoir et réunit sous ses lois, un grandnombre de tribus suèves. (VII, i, 3.) [Cf. A7tn. II, 44.] — Les Chérusques ayant attiré dans ime embuscade Quintilius Varus et ses trois légions, les égorgèrent contre la foi des traités. Toute la nation paya d'ailleurs chèrement sa trahison. Germanicus les vainquit. On vit ce triomphateur traîner à sa suite les personnages les plus illustres de la nation des Chérusques. Dès le commencement des hostilités, Ségeste, beau-père d'Arminius, s'était hautement séparé de son gendre. [CL Ann, 1,55.] Comblé d'honneurs, il assista à Rome au défilé de tous ces captifs. (VII, i, 4.) — Un décret récent de Tibère et du Sénat, <\ui sont vtLtet-

ternis à la mort du roi Archéiaûs, a réduit ïa Cappadoce en province romaine, (XII, i, 4,) [Cf, Ann, ÎI, 4.3.] — Ph>'tho- ^doris, épouse d'Archélaiis, roi de Cappadoce, restée avec lui jusqu'à sa mort, règue aujourd'hui sur un vaste territoire, ^XII, 3, 2g. 1 — Un. des £ls de Palémon et de Ph3^thodoriâ ^ient d'être proclamé roi de la Grande Arménie (Xïî, 3, 29,) — De nos jonr^ un tremblement de terre a renversé Magnésie» plusieurs quartiers de Sardes et d'autres villes de nces contrées. Tibère a fait réparer à ses frais tous ces dégâts. Il a sui\i l'exemple d*Auguste qui avait secouru TraHes et Laodicée, (XÏI, S, 18.I [Cf, Ann. II, 47,] - Le célèbre Tkéophane de Mit^' lène a laissé un fils Pompéius Macer [cf. Ami. I, 72 j qu*Auguste nomma procurateur d'Asie et qui figure aujourd'hui au premier rang des amis de Tibère, (XIII, 2, 3 J — De récents tremblements de terre ont encore une fois ruiné la ^-ille de Sardes, Tibère Ta magnifiquement restaurée ainsi que d*autres villes qui avaient partagé son infortune. (XIII, 4, 8.î

— (Frontin, De Stratag,, II, 3, 23.) — Dans un combat contre les Celtes, Germanicus fait mettre pied à terre à ses -cavaliers.

(Ib. II, II, 7.) — Germanicus élève des forts sur le territoire des Ubiens. Il se concilie la fidélité des habitants.

(Ib, II, I, i5.) — Tibère, en guerre contre les Paimoniens, les laisse se fatiguer avant de leur livrer combat.

— (Philon, Légat, ad Caium.) — Pendant les vingt-trois :années de son règne, Tibère ne laissa substituer aucune cause de guerre en Grèce et chez les Barbares. Il étouffa la moindre étincelle, et maintint avec constance et énergie la paix et toutes les prospérités dont elle est la source. Nul, en son temps, ne le surpassa en sagesse et en éloquence. Aucun empereur, aucun roi n'est parvenu à la vieillesse aussi heureusement. On le disait vieux, même quand il était jeune, tant était grave la modestie dont se parait chez lui la sagesse.

flb,j. — Tibère laissa à Caius \xne Vmxûetiî&e iottMnô. II

aurait volontiers donné Tempire à son petit-fils Tibère, mais la mort le surprit. Pénétration profonde et finesse de Tibéfre. Macron aurait découvert et étouffé la conjuration de Séjan. Son dévouement à Tibère. Il le rassura au sujet de Caius. Son influence prépondérante et souveraine dans le gouvernement. [Cf. Ann. VI, 45.] Sa sagesse. Marcus Silanus, beau-père de Caius [cf. Afin. VI, 20J, est tué par celui-ci.

(Ib,), — Séjan provoqua une persécution contre les Juifs dans toute l'Italie . Mais Tibère, après la chute de son ministre, reconnut mensongères les accusations portées contre eux par Séjan. Celui-ci savait bien que les Juifs seraient les seuls, et certainement les plus dévoués, à combattre les tentatives criminelles qui mettraient en danger l'empereur. Tibère ordonna à tous les gouverneurs de province d'épargner, dans chaque ville, la nation des Juifs, de ne poursuivre que les coupables, d'ailleurs peu nombreux, de ne rien innover dans leurs usages, d'avoir, pour eux, les égards dus à des gens pacifiques, de respecter leurs lois comme contribuant à l'ordre public.

(Ih,), — Tibère haïssait les flatteries puériles. [Cf. Ann, II, 87.] Dès sa jeunesse il avait montré du penchant à la gravité et à la sévérité.

{Ih,), — Tibère manifesta des dispositions sympathiques pour les Juifs. Pendant les vingt-trois années de son règne, il maintint l'antique religion du temple sans changement, sans la moindre innovation. Sous son règne, ajoute Philon, j'ai eu cependant à souffrir mille maux.

(Ih.). — Vexations subies par les Juifs sous le gouvernement de Pilate. Tibère blâma énergiquement les actes de Pilate et lui ordonna d'enlever les boucliers d'or qu'il avait placés dans le temple d'Hérode.

— (Philon, Conira Flaccum,). — Sous Auguste et sous Tibère, les gouverneurs accusés devaient rendre compte de leur conduite au prince. En juge équitable celui-ci pesait les raisons des accusateurs et de l'accusé. Il ne rendait le jugement qu'après une procédure complète. livaLCC^^^^JûXA ^\a.

faveur et à la haine le âouvearmin né sln^piralt qiie d0 l'équité. /

(JJ.). — Flaccus, familier de Tibère, reçtit le gouverne-i ment d'Egypte et d'Alexandrie. Sagesse de son administration. Tant que vécut Tibère, il gouverna avec fermeté, siupassânt tous se& prédécesseurs en énergie. Il aurait été un des d^ateurs qui firent périr la mère de Caius. [CL ^«;f, VI, 25.] Sa grande douleur à la mort de Tibère, Celui-ci aurait souvent songé à faire disparaître Caius. Eloge de Macron. >'

(/5.). — Lampon avait été iaccusé du -crime de lèse-nifijeâM' envers Tibère. Poursuivi de ce chef pendant éevoi ans, |L fut absous.

(IbJ), — Flaccus était un des pdncit^aiix amis de Tibère.

(Jô.). — Séjan persécuta les Juifs, -•

— Germanicus donne des combats de gladiateurs, (Pline H. iV., II, 25 et VIII, 2.) — Tibère se rend en tout hâte en Germanie auprès de son frère malade (Vll^ 20.) — C. Lutorius Priscus achète un eunuque de Séjan cinquante millions de sesterces. En faisant cet achat au milieu du deuil de la ville, il évite d'en être blâmé. (VII, 40.) — Julie, fille d'Auguste, se rendit coupable d'adultère ; elle nourrissait contre^ son père des projets parricides, devenus publics. (VII, 46.) — Retraite de Tibère à Rhodes, outrageante pour Auguste. (VII, 46.) — Auguste eut la honte de devoir reléguer Agrippa Posthumus. (VII, 46.) [D'après Velléius Paterculus (II, 112),' Agrippa Posthumus, qui avait intrigué contre Auguste, son grand'père, eat, du vivant de celui-ci, une fin digne de sa témérité. Cf. le conte de Tacite, Ann, I, 6.] — Titius Sabinus et ses esclaves sont mis à mort à cause de Néron, fils de Germanicus (VIII, 61.) [Cf. le conte de Tacite, Ann, IV, 68 sq.] — A Memphis, le; bœuf Apis refusa de la nourriture de la main de Germanicus. C'était là un mauvais présage. De fait, le prince ne tarda pas à mourir. (VIII, 71.) — Une députation de Lisbonne vient annoncer à Tibère l'apparition d'wn tïVlotv ^Y.^ ^,\ —

Pline atteste rapparition d'un faux phénix en Egypte, en Tan 36. (X, 2.) [Cf. Ann. VI, 28 : a© 34.] — Au Forum, un <:orbeau saluait tous les matins par leurs noms Tibère, ■Germanicus et Drusus. (X, 60.) — Livie, enceinte de Tibère, portait un œuf dans son sein. (X, 76.) — On raconte que Tibère, réveillé au milieu de la nuit, avait la faculté de voir pendant quelques instants tous les objets. {XI, 54.) — Nous avons, dit Pline, un discours de Vitellius où il accuse Pison d'avoir empoisonné Germanicus, attestant que le cœur de Germanicus n'avait pu être consumé par le feu, à cause du poison. Les défenseurs de Pison, pour -expliquer ce fait, arguèrent de la maladie dont mourut le prince. (XI, 71.) — Disette de papier sous le règne de Tibère. (XIII, 27.) — Tibère donna la vogue aux raisins fumés dans les forges d'Afrique. (XIV, 3.) — "Livie, qui vécut quatre-vingt-deux ans, attribuait sa longévité à l'usage du vin de Pucinum. (XIV, 8.) — Tibère disait que la réputation du vin de Surrente était usurpée. (XIV, 8.) Tibère, qui -dans sa vieillesse fut austère et même cruel [in senecta jam -severo atque etiam saevo], avait été dans sa jeunesse amateur de vin. On a dit qu'il avait nommé L. Pison préfet de Rome parce qu'il l'avait vu boire sans interruption pendant deux jours et deux nuits. C'est par là, disait-on, que Drusus ressemblait le plus à son père. (XIV, 28.) — Sous Tibère l'usage de boire à jeun s'établit (XV, 28.) — La Tïbérienne^ poire favorite de Tibère (XV, 16.) - L. Vitellius, lieutenant en Syrie pendant les dernières années de Tibère, transplanta des variétés de figues dans la campagne d'Albe. (XV, 21 et XV, 24.) — Par crainte de la foudre, Tibère, dit-on, se couronnait de laurier. (XV, 40.) — Conte merveilleux au sujet de Livie, mère de Tibère. (XV, 40.) — Tibère fit venir des mélèzes de Rhétie pour reconstruire le pont de la Naumachie, qui avait été incendié. (XVI, 74.) — Il fit «exposer sur ce pont un mélèze gigantesque que l'on conserva jusqu'à la construction de l'amphithéâtre de Néron. ^XVI, 76.) — Tibère aimait avec çassion les coYLCc^\sJa^^%,

{XIX, 98.)*-* JaHe, fiBe d'Angvste, miiiicèaityiofis Imjoatt de l'année. (XIX, 99.) — Tibère ordonna des poursuites eontre M<da, nu de ses intendants, coupable de mauvaise gestkxL. (XDC, 33.) — Il blâma son fils Drusus de nepas i^ppié^er Ja cyinaî mets délicat* [XIX, 41.) — La ' fille. d'Angvste daniK ses veilles consacrées au plaisir couronna la Sfatlie de IfalSyas, comme le déplore la lettre de , ' son pèse. (XXI, 6.)-^ £n Germanie ^ Germanie us avait porté son canipatt delà da Rhin, chez les Frisons, £n deux ans^ i*usage d'une eau de«soïirce provoqua une maladie parmi ses troupes. (XXV, 6.) — Une maladie de la peau se répand en Italie sons le régne de Tibère. (XXVI, 3.) •«- libère fut frappé, nn des premiers, de la maladie contagieuse, af^léeValsM; il l'avoua dans un édît où il s*excusalt de sa mauvaise santé. (XXVI, 6. j — Tibère [trlstissimus, ut J constat, hominmn} c i fgini l ^ é llr4«» que lU>n 8ttiaât,ii9ième ea. ■ voiture, ceux qui étemuaiént. (XKVttï, Sif^-^mJUsàà^isîDm» de Drusus César, fils de Tibère, se rendit coupable d*!3idlil-> tère avec Eudémus. (XXIX, 8.) — Tibère supprima les druides, en Gaule, et cette tourbe de prophètes et de médecins. (XXX, 4.) — La neuxâème année du règne de Tibère, Tordre équestre ne forma plus qu*un seul corps (XXXIII, 8.) — Gennanicus ofirit à son précepteur Cassius Silanus deux coupes ciselées par Calamis. XXXIV, 18.) — A la sollicitation du peuple, Tibère, maître de lui au commencement de son règne [imperiosus sui inter initia principatus], replaça devant les bains d* Agrippa rApoxyomène, œu\T:e du sculpteur Lysippe qu'il avait fait transporter dans sa chambre à coucher. (XXXIV, 19.) — Tibère achète une peinture de Parrhasius d'Ephèse, qu'il place dans sa chambre à coucher (XXXV, 36.) — Il consacra dans le temple d'Auguste un tableau du peintre Antidote. (XXXV, 40.) — On aurait découvert, sous Tibère, im nouveau procédé de vitrification (XXXVI, 66.) — Il rendit aux Héliopolitains une statue de M.é.Tiélia.'& trouvée

dans la succession d'un préfet d*Egypte. (XXXVI, 67.) — Livie consacra dans le Capitole un bloc énorme de cristal. (XXXVII, 10.) — Germanicus eut pendant quelque temps une flotte dans les lies de la mer du Nord. (XXXVII, 11.) — Archelaùs règne en Cappadoce (XXXVII, II.)

— Sous Tibère, les amis d'Asinius Gallus, les ennemis,, puis les amis de Séjan, périrent. [Nam quoties aliqiios amicitia Asinii Galli, quoties Sejani odium deinde amor merserat (aeque enim offendisse illum, quam amasse periculosum fuit) exclamabant homines : « O Vatia, sol us scis vivere ! w At ille latere sciebat, non vivere.] (Senèque, Epist. ad Luciî.^ 55.) — Procès et suicide de Drusus Libon. [Scribonia, gravis femina, amita Drusi Libonisfuit, adolescentis tam stolidi, quam nobilis, majora sperantis, quam aut illo saeculo quisquam sperare poterat aut ipse ullo. Quum aeger a senatu in lectica relatus esset, non sane frequentibus exsequiis (omnes enim necessarii deseruerant impie, jam non reum, sed funus), hahere cœpit consilium, utrum conscisceret sibi mortem, an exspectaret. Cui Scribonia : Quid te, inquit delectat alienum negotitmx agere? Non persuasit illi ; manus sibi attulit, nec sine causa : nam post diem tertium aut quartum inimici moriturus arbitrio, si vivit, alienum negotium agit.] [Cf. Ann, II, 27 sq., le conte de Tacite.] (Epist, ad LuciL, 70.) — Lorsque Tibère quitta Rome pour la Campanie, il donna le gouvemement de la ville à Cossus. Celui-ci, comme son prédécesseur Pison, s'adonnait à l'ivrognerie. Anecdotes à ce sujet. {Epist, ad LuciL, 83.) — Octavius disputa à Apicius l'achat d'un surmulet d'une prodigieuse grandeur, que Tibère avait envoyé au marché. [Epist. ad LuciL, gS.) — Sénèque remarque que dans sa jeunesse, sous le gouvernement de Tibère, on rechercha les religions étrangères. (Epist, ad LuciL, 108.) — Attilius Buta, ancien préteur, ayant dissipé tout son bien, déclare sa pauvreté à Tibère.. Réponse de celui-ci. Tibère témoignait de l'amitié a.u"^oè.\ft. Ms>ro&as^'b

Julius; cette amitié se refroidit bientôt, [EpûL ad LuciL, 132.J

— lîaute fortune et assassinat de Séjan. Sénèque s*adressaïit à Sérenus, lui dit : «: Honoribus summis functus ies : numquid aut tam magnis^ aut tam insperatiSj aut -tam uhiversis, quam Sejanus? Quo die ilkim senatus 4eduxeïat, populus in frustra divisit; in qucra quîdqxjid «cougerl pote rat j dii hominesque contulerant, ex eo niliil ^uperfiait, quod carnifex traheret. « (De Trmiquiîl, anime^ c* ii.J *— La loi romaine exigeait un intervalle de dix jonrs entre la cofldamnation et le supplice d'un crimineL (De TranquiU. Mnimif c* 14.) [Détail utilisé par Tacite, Ann,j ÎII, 5iJ — Sollicité de payer les dettes de M, AlHus Nepos, Tibère iexigea la liste de ses créanciers. Tous ceux qui eurent Tecours à lui en pareil cas furent obligés de révéler leurs -dettes en plein Sénat. {De Beneficiis, II, 7, 8,) — La délation il l'époque de Tibère, [Sub Tiberio Caîsare fuit accusandi frequens et pêne publica rabies, quse omni ci\41i bello j^ravius tn?: itRm rH'itatem confecit. Excipiebatur ebrioruna.,^ sermo, simplicitas jocantium ; nihil erat tutum; omnis saeviendi placebat occasio. Nec jam reorum exspectabatur -eventus, quum esset unus. Caenabat PauUus praetorius in <:onvivio quodam, imaginem Tiberii Caesaris habens, ectypam, et eminente gemma. Rem ineptissimam fecero, si nunc verba quaesiero, quemadmodum dicam illum matellam -sumsisse. Quod factum simul et Marc ex notis illius temporis vestigatoribus nota vit. At servus ejus cui nectebantur insidiae, ei ebrio annulum extraxit; et quum Maro convivas testaretur, admotam esse imaginem obscœnis, et jam subseriptionem componeret, ostendit in manu sua servus annulum. Si quis hune servum vocat, et illum convivam vocabit.] {De Beneficiis, III, 26.) — Lubricité du consul Mamercus Scaurus {De Benejiciis, IV, 3i.) [Cf. Ann. III, 66.]

— Attitude de Tibère vis-à-vis de ses anciens amis après son élévation au trône. [Tiberius Caesar inter initia dicenti cuidam, Meministi, antequam plures notas familiaritatis ^eteris proferre t : Nonmemini, mqviit, c\yjid i\i^tvDCL. Ab hoc

^juidni non esset repetendum bcneficium? optanda erat oblivao. Aversabatur omnium amicorum et aequalium notitiam^ et illam solam praesentem fortunam suam adspici, illam solam cogitari ac narrari volebat; inquisitorem habebat veterem amicum.] (De BeneficiiSy V, 25.) — Tibère eut Ja douleur de perdre son neveu Germanicus ict son fils Drusus. Sa résignation à la mort de celui-ci. [Divus Augustus amissis liberis, nepotibus, exhausta -Cœsarum turba, adoptione desertam domum fulsit. Tulit tamen fortiter, tanquam ejus jam res ageretur, cujus quum jnaxime intererat, de diis neminem queri. Tib. Caesar et quem genuerat, et quem adoptaverat, amisit : ipse tamen pro rostris laudavit filium, stetitque in conspectu posito corpore, interjecto tantummodo velamento, quod pontificis oculos a funere arceret, et fiente populo Romano non fiexit vultum : experiendum se dédit Sejano ad latus stanti quam patienter posset suos perdere.] {Cons. ad Marc, i5.)[Cf.le conte de Tacite, IV, 8.]- -Sénèque rappelle à Marcia dans quelles circonstances se suicida son père,Cremutius Cordus, victime de la hainedeSéjan.[Propone illud acerbissimum tibi tempus,quo Sejanûs patrem tuum clienti suo Satrio Secundo congiarium dédit. Irascebatur illi ob unum aut alterum liberius dictmn, quod tacitus ferre non potuerat, Sejanum in cervices nostras nec imponi quidem, sed ascendere. Decemebatur illi statua in Pompeii theatro ponenda, quod exustum Caesar refi- -ciebat. Exclamavit Cordus : « Tune vere theatrum perire m Quis ergo non rumperetur, supra cineres Cn Pompeii constiLui Sejanum, et in monumentis maximi imperatoris consecrari perfidum militem.^ consecratur subscriptione : •et acerrimi canes, quos ille, ut sibi uni mansuetos, omnibus feros haberet, sanguine humano pascebat, circumlatrare hominem, et illum imperatum incipiunt. Quid faceret? si vivere vellet, Sejanus rogandus erat ; si mori, filia; uterque inexorabills : constituit filiam fallere. Usus itaque balneo, et quo plus virium poneret, in cubiculum se quasi gustaturus contulit; et dimissis pueris, quaedamçer feive-sti^xû.^ ^û^-n'A^-

Tetur edisse, projecit : a cœna deiade, quasi jam satis in cubiculû edisset, abstinuit : alteroque dîe> et tertio ideni fecit. QuartOj ipsa infinaitate corporis faciebat indicium, , Complexus itaque te.cf Carissima, inqult fiHa, et hoc imum, j tota celata vita, iter mortis ingressus sum, et jam mediuïii i fere teneo, Eevocare me nec debeSj nec potes, n Atque ita lumen omne prœcludi jussit, et se in tenebris condidit^ Cogiiito consilio ejus, publica valmptas erat^, quod e faucibus ' avidissimoram luporum educeretur prcada. Accusatores^ Sejano auctore, adeunt consulum txibunalia : quenmtur | morï Cordum^ interpellantes quod coegerant; adeo illis I Cordns \idebatur effngere. Magna res erat in qu^stione^ an , morte rei prohiberentiir ; duni deliberatur, dum accnsatores^ Itenim adeunt, ille se absolverat, xCmsûi, ad Marciam^ 22*)1 [Cf. le conte de Tacite, Ann. IV, 34-35.] Tibère vit mourir dans ses bras, au milieu de ses baisers, son frère Drusus. U , mit pourtant un frein, non seulement a son désespoir, maiSi^H à celui des autres. (GohsûI. ad Pofyb.^ 34.) ^*

Un prodige annonça la mort de Germanicus et celle de Séjan. [Quasi. Natur., I, i.) — Sous le règne de Tibère, une vive lueur planant au-dessus d'Ostie fit croire que la ville brûlait. [Quast. Naiur., I, i5.)

— D'après Vitruve {De Archit. III, 3) il existait à Rome un temple de la Fortune Equestre. [Cf. le conte de Tacite^ Ann. III, 71.)

— Tacite semble s'être inspiré d'un passage d'Albinovanus Pedo (ap. Sénèque, Suasoria, I, i5) pour son récit de naufrage au 1. II, c. 23-24 de ses Annales.

— D'après le témoignage des écrivains précités, ou selon toute apparence, les faits suivants, notés ou utilisés par Tacite dans les six premiers livres de ses Annales, appartiennent à l'histoire. (Cf. ci-dessus, p. 142, n. i.) La Repu-blique romaine jusqu'à Auguste. Celui-ci accapare tous les pouvoirs et cherche à assurer l'empire à sa famille. (i-3.) — Sa maladie; sa mort. Avènement de Tibère. (4-5.) — Opinions contradictoires sur la carrière çoUtic\vie d'Auguste. (9-10.)

-— Le Sénat règle le cérémonial des funérailles d'Auguste ; iivi^^ ordonne la lecture de son testament. (I, 8.) — Un temple et iw donneurs divins sont décernés à Auguste. Tibère ordonne la len.v^ ^», «^-^ ^ t.j,A

, '^ im registre autographe d'Aucruste ou se trouve exposé létat u^. r j

° .. j 1. . ,T N '"ÇP' ^®s revenus et

des dépenses de lempire. (I, ii.) — Il qc* ^^ .

consulat en faveur de Germanicus ; il nomme douze v.^ , . dats à la préture. (I. 14.) — Les comices passent du Champ de Mars au Sénat [cf. Velléius, II, 124] ; la célébration annuelle des jeux Augustaux est attribuée aux préteurs. (I, i5.) — Caius fut tué par Chérea (I, 32.) — Tibère rend compte au Sénat de la mutinerie des légions en Pannonie et en Germanie. (I, 52.) [Cf. Velléius, Hist» rom,, II, 12$.] — Julie avait été exilée à Pandatère à cause de ses désordres (I, 53.) [Cf. Velléius, Hist rom,, II, 100.]

— On institue le collège des prêtres d'Auguste . [Tacite avait écrit dans ses Histoires (II, 95), que le collège des prêtres Titiens avait été fondé par Romulus; ici, il attribue la fondation du même collège à Tatius.] On célèbre pour la première fois les jeux Augustaux. (I, 54.) — Germanicus triomphe ; il reçoit le titre d'imperator. (I, 55.)

— Les ornements du triomphe sont décernés aux lieutenants de Germanicus. (I, 72.) — La loi sur les crimes de lèse-majesté est renouvellée. (I. 72.) — Tibère gratifie d'un million de sesterces un sénateur appauvri. (I, 75.) [Cf. Séneque, De BeneJiciiSy II, 7.] — Le Tibre inonde les quartiers les plus bas de Rome ; l'Achaie et la Macédoine passent sous le gouvernement direct du prince. Drusus donne en son nom et au nom de Germanicus des jeux de gladiateurs. (I, 76.) — Des troubles éclatent au théâtre. (I. 77.) — Les Espagnols obtiennent la permission de bâtir un temple à Auguste à Tarragone» (I, 78.) — Poppéus Sabinus est maintenu dans son gouvernement de la Mésie, à laquelle on ajoute l'Achaie et la Macédoine. (I, 80.) — Tibère augmente le revenu de quelques sénateurs. IL 37.) — On élève un axe d& Vx\s>ra\^V^

îprès du templa de Saturne, un temple à la déesse Fors- Fortima et à Boville un sanctuaire à la famille -^-^ J ' ^ . . ■ 1 .TT 1 *riKj. " aonne au peuple

Germamcus tnomplie. Il, 41 -) — Tit- . . f

^*4. ,^ nom de Germamcus, Arclie- ■trois cents sesterces par tei*- ^ .1 -.

. , ^ ^ve, meurt ; son ro^^aiyne est réduit en

laus, roi de C^j^'^ ,

^i/mame. [CL Strabon, G^er, XII, i, 4J; la

-îlcnrt d'An tio chus, roi de CoTOmagène, et de PMlopator» roi de Cilicie» jette le trouble dans ces provinces. La Judée et la Syrie sollicitent ime diminntion de tributs. (11, 42.) — Un décret du Sénat donne à Germanicus le gouvernement des provinces d'Orient [H, 43,) — Drusus -est envoyé dans rillyricum pour s'habituer à la vie miU- -taîre. (11, 44,) [Cf. Velléius, HM. rôm., II, I25.] — Douze villes de TAsic sont détruites la nuit par un tremblement de terre. (Il, 47,} [Cf. Straban, Ghgr. Xll, 8, 18,) — Gêné- Tosités de Tibère. (11, 48.) -^ 11 dédie le temple de Bacchus, de Flore, de Janus. (Il, 4g,) — Germanicus se rend en Orient (II, 53-54; 56-57.) — [P'aprèf; Tacite, Germanicus pour se rendre en Syrie, longea d'abord toutes les •côtes de la Grèce, de la Thrace, de la Propondide et de l'Asie -Mineure jusqu'à Rhodes ; puis, remontant dans la direction du Caucase, il traversa l'Arménie jusqu'à la capitale éloignée du pays Artaxate où il couronna de sa main k f rince Artaxias, A part ce dernier fait, dont l'authenticité nous est attestée par une monnaie romaine (i), ce voyage de Germanicus est une invention du poète. Afin de retenir

(i) Cette monnaie est un denier d'argent représentant àravers la tète nue de Germanicus, en profil, avec l'inscription Germanicus Cœsar, Tib, Aug, F.... et, au revers, deux jeimee gens debout, à côté desquels sont gravés les noms de Germanicus, Artaxias. Germanicus cuirassé tient dans sa main gauche une lance; de la main droite, il place une tiare sur la tête du prince arménien. (V. l>ieu- <lonné. Monnaies romaines acquises par le Cabinet des médailles. Revue Numismatique. Paris, 1898, p. 670-672 et H. Dressel. Zeit.fMr iNum. J898, t. XXI, p. 228.

q]Lielque temps en scène Tinfortuné Germanicus qui irait à: son insu au devant de la mort, Tacite a mené son héros à destination par un très long détour, sans s'apercevoir qu'il dénoncerait lui-même le caractère fictif de tout son récit en affectant à cette excursion interminable une durée de quelques mois. D'après la chronologie des Annales, en effet, parti au commencement de l'année i8 ap. J.-C, Grermanicus aurait atteint le terme de son voyage avant la fin de la même année. Or, cela ne lui eut pas été possible. D'après M. A.-J. Wauters, le savant directeur du Mouvement géographique^ que j'ai consulté à ce sujet, il aurait fallu, à tout le moins cent cinquante jours à la flotte de Germanicus pour atteindre l'île de Rhodes si elle avait suivi, sans arrêt, l'itinéraire que lui a composé le poète ; de même, il aurait fallu au prince plus de cent jours pour atteindre Artaxate et redescendre en Syrie s'il avait avancé continuellement par le chemin le plus direct. Mais Tacite n'a pas fait avancer son héros, sans lui accorder un instant de repos. Au contraire, il l'a arrêté à tout moment. La tempête a désemparé ses vaisseaux et il a dû les réparer à Nicopolis. Sa femme a accouché à Lesbos. Il a visité Actium, séjourné à Athènes, en Eubée, à Périnthe, à Byzance, à Rhodes, à Artaxate, ici rendant la justice, là réformant l'administration, plus loin, organisant tout un état. Il s'est arrêté autant de temps qu'il a voyagé. Tacite, qui n'avait qu'à écrire, a attribué à son héros des occupations multiples sans réfléchir qu'il n'eut pu s'en acquitter endéans ces quelques mois d'absence. En réalité, l'auteur des Annales a écrit un conte invraisemblable, à l'aide — comme toujours — de deux idées antithétiques, celle d'un voyage par mer, en zic-zac, et celle d'un voyage par terre, en ligne directe.] — Germanicus visite l'Egypte (II, 59.) [Cf. Pline, H, AT., VIII, 7, et G. Boissier, Rev, des Deux Mondes igpi, vol. 273, p. 283, n. i.] — Germanicus meurt. Le Sénat décrète des honneurs à sa mémoire. (II, 83.) - Le Sénat prend des mesures sévères contre les désordres des femmes. "Les CAiWe^^ ^^M'^^^^s. ^"^

de la Judée sont mterdits ; quatre mille affranchis soot déportés en Sardaigne. (ÎI, 85.) [Cf. Flavius Joséphe, AnU Jud. XVIII, 3^ S.] — Election drime vestale. (II, 85.) , -*- Tibère soumet à un tarif la vente du blé, (II, 87,} — Les cendres de Germanicus sont ramenées à Rome. (III, i.) — On adoucit la loi Papla Poppéa contre les célibataires. (III, ai5.) — Tibère se retire en Campanie et .laisse son fils Dnlsus à la tête des affaires. [III, 3i,) — 1 Lépide reçoit le gouvernement de l'Asie, (III, 3a); Blésus . reçoit le gouvernement de rAfrique, {III, 35.) ^- On abuse des Jinages du prince. (III, 35 J — Le Sénat décrète des funérailles publiques à Sulpicius Quirinus. (III, 48.) — Un séïi a tus-consul te ordonne de surseoir aux exécutions pendant dix jours, {III, 5i.) [Cf, Sénéque, De Tranquitt. amm., c. i^.] — Tibère demande pour \ Drusus la passante tribuni tienne. (ÎIl. S6j — J. Blésus est maintenu dans le go^ivernement de T Afrique. (HT, 5S.)

— Les villes grecques abusent du droit d'asile ; elles sont invitées à soumettre au Sénat leurs titres à l'exercice de ce droit. (III, 60, 63.) — Livie, mère de Tibère, tombe malade. (III, 64.) — Lépide obtient l'autorisation de restaurer à ses frais la basilique de Paulus. Tibère promet de reconstruire le théâtre de Pompée. Les sénateurs votent à Séjan une statue dans le théâtre de Pompée. (III, 72.) — Séjan réunit dans un même camp les cohortes prétoriennes. (IV. 2.) — Répartition des forces militaires de l'empire; sage politique de Tibère. (IV, 5, 7.) — Mort de Drusus [cf. Flavius Josèphe, XVIII, 6, i ; Sénèque, Consol, ad Marc, i5]; honneurs décernés à sa mémoire. (IV, 8. 9.)

— Samos et Cos défendent au Sénat leurs droits d'asile ; les histrions sont expulsés d'Italie. (IV, 14.) — Les villes d'Asie décernent un temple à Tibère, à sa mère et au Sénat. (IV, i5.) — Récompenses et honneurs accordés à Ptolémée, roi des Maures. (IV, 26.) — Révolte d'esclaves. (IV, 27.) — Les habitants de Cyzique perdent la

liberté, {IV y 36,) — Les Messèmexis, ei\ cc^xA.ç^'sX.'a.WsiTL

avec les Lacédémoniens, obtiennent la propriété du temple de Diane Limnatide; Tibère se charge de reconstruire le temple de Vénus sur le mont Erj'^x. Les Mariseillais sont autorisés à recevoir les legs de Vulcatius Mos- -chus. (IV, 43.) — Le préteur d'Espagne , L. Pison, est ^assassiné par un paLysan, (IV, 45.) — Le temple décerné à Tibère par les provinces d'Asie est bâti à Smyme. {IV, 56.)

— Tibère se retire en Campanie. (IV. 57.) — Un amphithéâtre de bois s'écroule à Fidène, pendant une représentation. (IV, 62.) [Sous la plume de Tacite, démesuré à plaisir, l'accident de Fidène a pris les proportions d'une -épouvantable catastrophe. Ce n'est pas, comme on pourrait le croire, quelques centaines de personnes qui furent •estropiées ou trouvèrent la mort dans cet écroulement d'un -échafaudage, mais bien — le poète écrit ce qu'il veut — : -cinquante mille. Suétone, qui copie Tacite, a trouvé, lui-même, ce nombre exagéré, il l'a réduit à vingt mille {Tib., 40.). Lorsque l'auteur des Annales décrit la chute de l'amphithéâtre, il donne, à son insu, une relation invraisemblable de l'accident en mettant deux contraires en opposition.] — Un incendie ravage le mont Celius. Digression sur les dénominations diverses du Celius. (IV, 64-65.)

— Tibère se retire à Capri. (IV, 67.) [Tacite a inventé iyi, i) que Tibère se serait livré, à Capri, à d'infâmes -débauches. Aucun auteur contemporain ne nous apprend pareille chose] — Mort de Livie, mère de Tibère. (V, i.)

— Apparition d'un imposteur en Grèce (V, 10.) — Le Sénat ^t les consuls publient des édits contre la turbulence de la populace. (VI, i3.) — Tibère prend des mesures pour réprimer l'usure; il crée un fond d'Etat. (VI, 16-17.) — Mort d'Agrippine, femme de Germanicus (VI, 25.) [Cf. Philon, Contra Fîaccum.] — Apparition d'un phénix en Egypte (VI, 28.) [Cf. PHne, H. iV., X, 2.) — Un incendie ravage l'Aventin. Tibère indemnise les victimes. (VI, 45.)

— Mort de Tibère. (VI, 5o.)

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