‹ Le génie des religionsChapitre 44 sur 75 · DES RELIGIONS DE L ASIE OCCIDENTALE · texte numérisé non relu

DES RELIGIONS DE L ASIE OCCIDENTALE

Tobsëdeot; lé lendemain commence à Tinquiéter; il laisse le Cantique pour l'astrologie (').

Par tous ces traits, on voit assez que le culte de Ba«bylone n'est qu'un rite particulier du culte de la lumière première. Seulement, en se la rej[>résentant incamée sous la iiguredes astres, en renfermant dans Torbe.des corps visibles^ il consacrait l'adoration des images dans les temples ; ce qui formait une opposition tranchée avec le g)énie tout spirituel du Zend-Avesta, véritable protestan* tisme au sein de la grande église païenne ; d^où les guerres de religion entre l'Assyrie eHa Perse C). A cela joignez que dans l'esprit des patriarches de l'Inde et de l'Asie, les dieux nourris de lait n'avaient que les pensées de l'enfance. S'éveiller dans la nuit pour se réchauffera l'âtre dès bergers, aiguillonner lés biches attelées à leurs chars, se rassasier de l'offrande demiel(*), c'était leur félicité suprême. Du reste, nul lien, nul commerce entre eux; nul sentiment commun. La différence et les instincts des sexes n'étaient pas même marqués ; au lieu qu'en retrouvant ce même culte en Chaldée, vous diriez que, dans l'intervalle , les dieux enfants sont entrés avec la nature elle-même dans leur âge de puberté. Le désir (^ est né ; il a grandi dans le sein du seigneur, quelque nom qu'on lui donne (^), Bel, Baal, Adonaï. L'amour divin s'insinuant dans les mondes , la terre a quitté sa robe

(>) Isaïe, xLvi, 12, 13.

(*) Les rois de Perse enlèvent Les images des temples de Babylone, Herod.^ed. Creazer et Bœhr., lib. i , 183.— Isaïe, xlyi, 1, 2. —Daniel, vi, — 26.*G'esenilis, Comm. ûb Isaias, II, p. 100.

»•) Rig-Veda, p. 3, 6. Expie iis desiderium tuum,p. 110.

(♦) néeoç. PliiL Bybl. ap. Euseb., Prœp. ev., lib. i, c. 10.

(") Domino Baali soîari, JOH 7^3 , Régi œterno, qui exaudivit voces Hicembalis. ^ternus reX Baal. Inscriptions phéniciennes.

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d'innocence. L'univers, qui dans les premiers Védàs n'avait, pour ain§idire, aucune expression distincte, s'anime; il se remplit de pensées brûlantes. Les étoiTes qui, à l'écho des hymnes, se levaient sans désirs , laissent désormais tomber des rayons intelligents sur la face des choses. Au lieu de l'ancienne nuit assoupie sous les froides lueurs des Gémeaux ou des Asvins, la nuit amoureuse implore les caresses du jour. La tiède aurore du Rig-Véda, sans parfum, sans âmè, s'est changée en une vierge nubile qui convoite l'amant éternel. Son sein^se gonfle avec là eourbe des nues et des montagnes. De sa ceinture dénouée toin* bent les moissons mûries. Quoi de plus? l'enfance du monde est passée. L*ardente jeunesse s'annonce par le cri de volupté qui s'échappe de Babylone. Dans ses rites brûlants, où s'étalent les mystères de l'enfantement et de la maternité, la grande courtisane des mondes, la nature déployée ^célèbre ses fiançailles avec le seigneur soleil (i). Assise f j sur un lion hérissé, un diadème de tours sur sa tête, à son cou des pierreries qui reluisent de la lumière des étoiles, elle se précipite çà et là, semant partout dans la saison de vie la cruelle volupté qui la dévore. Emportée par les caravanes {*), son chemin est frayé par' le commerce. A Textrémité de chacune dés grandes voies de communication s'élève son temple, de manière

puniques. Voy. Palaeographische Studien ûber Phœnizische und Punische Schrifc, von Gesenius, 1835, p. 76, 80.

(') DomJnœ nostrse Tholath (Artemidi s. Mylittœ), et Domino nostro, hero nostro, Baali solari. Gesenius, p. 62.

(«) Lucian., Dedeâ Syriâ, p. ia'iô; 682. — CY.Selden . De dîis Syris. Syntagm., II , p. 130, 249: — Mûnter, Religion der Kartager, taf.ï, p. 167.

(» Isaïe. XiA'i 7 ; i.x, 6. — Diod. Sic.', Hb. il, 99.

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que tous les sentiers sémMeiit mmener à elle. Partout tm s'étale l'industrie, on retrouve Tamoureude avec rimmor* tel amant. Myhtta et Thammuz (') à Babylone ; Açtarté et Adonis en Phénicie, à Carthage ; Cybële et Attis en Fhrygie; toujours le mèu^e couple, le mariage du ciel et de la terre i% la fête de la conception de la mère de toutes Cfhoses à l'approche de.l'âé ; toujours le même deuil, les mêmes transports pour le soleil (a) perdu et dévoré (^) par la dent des hivers, retrouvé au printemps; toujours le dieu miort, enseveli (^) dans le sépulcre et ressuscité de son calvaire dans des pâques effrénées. Le commerce de luxe des Babyloniens, en répandant çà et 14 les pierreries, les psrïe» du golle Persique, les parfums et l'encens de l'A* rabie, les tapis de Chaldéeplus doux que le sommeil ($), était une sorte de rite religieux qui ornait le sein de la tjerre. Que faisaient les Phéniciens lorsqu'ils déployaient de rivage en rivage la pourpre de Tyr! Ils embellissaî^it le manteau de la grande mère des montagnes.; et ces villes industrieuses Tyr, Sidon, Carthage, Smyrne, assises i|u bord de la mer, étaient autant de desservantes con«tinuellement occupées d'orner, de réparer, broder le pan de la robe de l'épousée, qui cachait dans la nue son front ohargé de créneaux ; en sorte qu'à bien des égards, les

(*) Ezéchiel, — viii, 16. Herod. lib., r, 199. tnixaiUv rot t^i* Mit

(*) Dans. le Rîg-Véda , Pita Dyauh, mata pritbtvi. Pater cœlus, mater terra, p. 175. — Diod. Sic, lib. i, p. 11.

(*) Adonim, Attinem, Osirin et Horum, aliud non essequam solem. Macrobe, Saturn, c. xxi. .

(^) Hiems yelutt vulnus eut solis. Ibid., p. 255, -^ Cf. Miiater, Ba* bylonier, p. 24.

(*) Eusèbe, Proep.ev., lib. ii, p. 56.

(') Mai>o(x«Tfpot vwvw. Tbéocrite, idylle xiu.

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