‹ Le génie des religionsChapitre 9 sur 75 · DE LA FILIATION DU GENRE HUMAIN · texte numérisé non relu

DE LA FILIATION DU GENRE HUMAIN

• La terre encore déserte a soif de vie morale plus que de rosée. La scène préparée attend le personnage ; il

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arrive ; des tribus , des iiatians y des états remplissent tie bruit les vallées jusque-là silencieuses du menée naissant ; et l'unité de caractèjre que. chacun de ces giroupes con* serve à travers la suite des générations, donné au drame de Thistoire l'unité que tout semblait rendre impossible. A peine sortie du limon , chaque raee porte dans ses traits ^ dans son cœur, dans ses pensées ébauchées , l'empreinte ineffaçable d'un sceau particulier, comme si elle eut con* tracté déjà des babittules de. corps et d'esprit au sein d'un inonde antérieur. Les siècles passeront sans pouvoir et* facer jamais cettB pfeniiëre empreinte. Après des milliers d'années, l'habitant de l'Égjrpte restera semblable & , rOsiris jbasané des Pharaons ; le type des Faunes se transmettra d'âgpe en âge dans les traits des tribus de l'Arcadie; depuis sa naissance jusqu'à sa mort, chaque peuple garder^ sur son visage le.jnasque de son dieu. *

Qui a marqué de ces types indestructibles le front des races humaines? d'où viennent ces penchants , ces vocations, ces missions déterpiinées qu'aucune révolution ne peut détruire î C'est le secret de Tiitelier de laPrôvidence; car si la plupart des peuples contractent des ressem-* blances avec les lieux qu'ils habitent , il en est d'autres qui , toujours réagissant contre cette influence , semblent étrangers dans leur patrie. Malgré les flots qui les pressaient de toutes parts, jamais les habitants du Péloponèse n'ont pu prendre les habitudes de la vie maritime. Sous le ciel de la Toscane, les Étrusques gardent un tempérament étranger; vous diriez qu'ils regrettent une terre lointaine. Plus tard > les Irlandais , sur leurs grèves battues des vents, conserveront dans leur esprit l'éclat et la fleur d'une contrée asiatique ; différences qui viennent

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en partie de ce que les races hamaines , etn milieu de tous les changements , restent dans un rapport constant avec les lieux d'où elles sont primitivement sorties , et où elles ont reçu Tempreinte et le sceau particulier que le Créateur leur a donnés avecU vie. 11 est rare qu'un peuple fleucisse où il .est né ; son tombeau est presque toujours loin de son berceau ; et le vent violent qui ne cesse d'agiter les races d'hommes , les disperse çà et là , comme la semence du palmier. Quand un peuple est nommé pour la première fois dans l'histoire , il sent déjà plutôt qu'il ne possèule tout un passé inconnu dont les moments se confcmdént pour lui dans une vague éternité. La Nature , en le berçant , a étouffé ses vagissements dans le fond des forêts ; le petit de Taigle , nouvellement éclos, a seul entendu , dans la solitude , le premier Cri de l'empire qui vient de naître. Ce peuple a commencé d*être; il est déjà tout lui-même, ayant une forme distincte, un caractère propre 4 des habitudes d'esprit ineffaçables , des traditions séculaires, une langue sacrée , écho d'une religion immémoriale, c'est-A-dire le miracle de l'organisation civile. Avant d*être le héros de sa race , Achille reçoit dans le sein des forêts les instructions du Centaure ; en le suivant à la course y il se prépare à traverser d'ua pied léger le champ de l'Iliade. Il apprend du vieillard contemporain du chaos , non pas seulement l'invention de Tare et de la flèche , mais aussi la tradition et le mystère des premiers jours du monde. Tout peuple reçoit de même , en secret , les enseignements de Chiron. Cette éducation se fait surtout par les migrations , puisqu'il n'est pas une tribu qui ne soit longtemps errante sur la face de la terre , avant de se fixer dans le lieu où

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