‹ Le génie du christianisme (volume 3)Chapitre 117 sur 307 · DU REMORDS ET DE LA CONSCIENCE · texte numérisé non relu

DU REMORDS ET DE LA CONSCIENCE

La conscience fournil une seconde preuve de L'immortalité <1<' notre ame. Chaque homme a au milieu du cœur un tribunal ou il commence par se juger soi-même, en attendant que l'Arbitre souverain confirme la sentence. S; le vice

qu'une conséquence physique de notre organisation,

d'où vi' ut cette frayeur qui trouble les jours dune pros-

coupable? Pourquoi le remords est-il si terrible,

qn'on préfère de se soumettre à la pauvreté et à toute la

la vertu, plutôt que d'acquérir des biens

v Pourquoi y a-l-il une voix dans le sang, une dans la pierre? Le tigre déchire sa proie, et dort; l'homme devient homicide, et veille. Il cherche les lieui

: iant la solitude l'effraie; il Be traîne autour des tombeaux, et cependant il a peur des tombeaux. S est mobile et inquiet, il n'ose regarder le mu festin, dans la crainte d'y lire des

■^mblent devenir meilleurs pour le tourmenter : il voit, au milieu de la nuit, des lueurs menaçantes; il est toujours environné de l'odeur du carnage, il découvre le goûl du

D dans le mets qu'il a lui-même a] -mi oreille,

d'une étrange subtiiit»'\ douve le bruit où tout 1 monde trouve le silence ; et sous les rêtements de son ami, lorsqu'il l'embrasse, il croit sentir un poignard cac

0 conscience ! ne serais-tu qu'un fantôme de l'ima tion, ou la peur des châtiments des hommes ? Je m'inb i je me fais cette question : i Si tu pouvais par un seul tuer un homme à la Chine el hériter <\r sa fortui Europe, avec la conviction surnaturelle qu'on n'en saurait jamais rien, consentirais-tu à former ce désir? J'ai beau m 'exagérer mon indigence; j'ai beau vouloir atténu homicide en supposant que, par mon souhait, le Chinois meurt tout à coup sans douleur, qu'il n'a point d'héritier, que même à sa mort ses biens seront perdus poui j'ai beau m»1 figurer cei étranger comme aocab et de chagrins; j'ai beau me dire que la mort esl Ui pour lui, qu'il rappelle lui-même, qu'il n' instant n vivre: malgré mes vain- Bub rfugi s, fond de mon cœur un«- voix qui crie bî Fortement contre la seule pensée d'une telle supposition, que je ne puis doute? un instant de la réalité de la conscience.

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