DE QUELQUES OBJECTIONS
Sans entrer trop avant dans les preuves métaphysiques, que nous avons pris soin d'écarter, nous tâcherons pourtant de répondre à quelques objections qu'on reproduit éternellement.
Cicéron ayant avancé, d'après Platon, qu'il n'y a point de peuples chez lesquels on n'ait trouvé quelque notion de la Divinité, ce consentement universel des nations, que les
anciens philosophes regardaient comme une loi de nature, b été nié par les incrédules modernes : ils onl soutenu que certains sauvages n'ouï aucune connaissance «le Dieu. Les athées se tourmentenl en vain pour couvrir la faide leur cause; il résulte de leurs arguments «pie leur système n'est fondé que sur des exceptions, tandis «pie le déisme suit la règle générale. Si l'on dit que le genre humain croit en Dieu, L'incrédule vous oppose d'abord tels
i .'S. ensuite telle personne, et quelquefois lui-même. Soutient-on que le hasard n'a pu former le monde, parce qu'il n'y aurait eu qu'une seule chance favorable contre d'incalculables impossibilités : l'incrédule en convient ; mais il répond que celte chance existait : c'est en tout la même manière de raisonner. De sorte que, d'après l'athée, la nature est un livre où la vérité se trouve toujours dans la
• >t jamais dans le texte, une langue dont les barbarismes forment seuls l'essence et le génie.
Quand on vient d'ailleurs à examiner ces prétendues exceptions, on découvre ou qu'elles tiennent à des causes
s, ou qu'elles rentrent même dans la loi établie. Ici,
xemple, il est faux qu'il y ait des sauvages qui n aucune notion de la Divinité. Les voyageurs qui avaient avancé ce fait ont été démentis par d'autres voyageurs mieux instruits. Parmi les incrédules des bois on avait cité les hordes canadiennes : eh bien, nous les avons fus sophistes de la hutte, qui devaient avoir appris dans le livre de la nature, comme nos philosophes dans les leurs, qu'il n'v a ni Dieu ni avenir pour l'homme; ces Indiens sont d'absurdes barbares, qui voient l'àme d'un enfant dans une colombe ou dans une touffe de sensitives. L< s mères, chez eux, sont assez insensées pour épancher leur lait sur le tombeau de leurs fils, et elles donnent à l'homme, au sépulcre, la même attitude qu'il avait dans le sein maternel. Elles prétendent enseigner ainsi que la mort n'est qu'une seconde mère qui nous entante à une autre vie. L'athéisme ne fera jamais rien de ces peuples qui doivent à la Providence le logement, l'habit et la nourriture ; et nous conseillons aux incrédules de se défier de ces alliés corro qui reçoivent secrètement des présents de l'ennemi. Autre objection.
« Puisque l'esprit croît et décroit avec l'âge, puisqu'il suit les altérations de la matière, il est donc lui-même de nature matérielle, conséquemment divisible et n I périr ».
Ou l'esprit et le corps sont deux êtres différents, ou ils
-it que le même être. S'ils sont deux, il vous Faut convenir que l'esprit est renfermé dans le corps ; il en resuite