JUGEMENT DERNIER
Les Pères ont été de différentes opinions sur l'état immédiat de l'àme du juste, après sa séparation d'avec le corps. Saint Augustin pense qu'elle va dans un séjour de paix, en attendant qu'elle se réunisse à sa chair incorruptible1. Saint Bernard croit qu'elle est reçue dans le ciel, où elle contemple l'humanité de Jésus-Christ, mais non sa divinité, dont elle ne jouira qu'après la résurrection2; dans quelques autres endroits de ses sermons, il assure qu'elle entre immédiatement dans la plénitude du bonheur céleste3 : c'est le sentiment que l'Eglise paraît avoir adopté.
Mais comme il est juste que le corps et l'àme qui ont commis ou pratiqué ensemble, ou la faute, ou la vertu, souffrent ou soient récompensés ensemble, la religion nous enseigne que celui qui nous tira de la poussière nous en rappellera une seconde fois pour comparaître à son tribunal. ' L'école stoïque croyait, ainsi que les chrétiens, à l'enfer, au paradis, au purgatoire, et à la résurrection des corps4, et l'idée confuse de ce dernier dogme était répandue chez les mages5. Les Egyptiens espéraient revivre après avoir passé mille ans dans la tombe0 ; les vers sibyllins parlent de la résurrection, du jugement dernier7, etc.
Pline, en se moquant de Démocrite, nous apprend quelle
i. De Trinit. lib. xv, cap. xxv.
2. Serm. in Sanct. omn. i-2-3. De Considérât., Iib. v, cap. iv.