‹ Le génie du christianisme (volume 3)Chapitre 127 sur 307 · FIN DES DOGMES DU CHRISTIANISME · texte numérisé non relu

FIN DES DOGMES DU CHRISTIANISME

ÉTAT DES PEINES ET DES RÉCOMPENSES DANS UNE AUTRE VIE. ELYSÉE ANTIQUE, etc.

L'existence d'un Être Suprême une fois reconnue, et l'immortalité de l'âme accordée, il n'y a plus, quant au fond, de difficulté à admettre un état de récompenses et de châtiments après cette vie : les deux premiers dogmes entraînenl de nécessité le troisième. Il ne s'agit donc que de l'aire voir combien celui-ci est moral et poétique dans les opinionchrétiennes, et combien la religion évangélique se montre encore ici supérieure à tous les cultes de la terre.

Dans l'Elysée des anciens on ne trouve que des héros et des hommes qui avaient été heureux ou éclatants dans le monde ; les enfants, et apparemment les esclaves et les hommes obscurs (c'est-à-dire l'infortune et l'innocence), étaient relégués aux enfers. Et quelles récompenses pour la vertu, que ces banquets et ces danses dont l'éternelle duré suffirait pour en faire un des tourments du Tartare.

Mahomet promet d'autres jouissances. Son paradis est une terre de nuise et de la plus pure farine de froment, qu'arrosent le fleuve de vie, et l'Acawtar, rivière qui prend sa source sous les racines de Tuba, ou l'arbre du bonheur. Des fontaines dont les grottes sont d'ambre gris, et les bords d'aloës, murmurent sous des palmiers d'or. Sur les rives d'un lac quadrantmlaire. reposent mille coupes faites d'étoiles, dont les àrnes prédestinées se servent pour puiser l'onde. Les élus assis sur des tapis de soie, à l'entrée de leurs tentes, mangent le globe de la terre, transformé par Allah en un merveilleux gâteau. Des eunuques et soixantedouze filles aux yeux noirs leur servant dans trois cents plats d'or le poisson Nun, et les eÀtes du buffle B&lam. L'ange lsratil chante de beaux cantiques: les houris mêlent l< u: voix à ses concerts; et les âmes des poètes vertueux, retirées dans la glotte de certains oiseaux qui voltigent sur Y arbre du bonheur, accompagnent le chœur céleste. Cependant des

is de cristal, suspendue! aui palmiers d'or, Boni mélodieusement agitées par un vent sorti du trône de Dieu1. joies du ciel aes Scandinaves étaient sangle :. y avait de la grandeur dans les plaisfrs attribut ombres guerrières; elles assemblaient les orages «'t dirigeaient les tourbillons : ce paradis était le résultat du e de vie que menait le Barbare du Nord. Errant sur des grèves sauvages et prêtant l'oreille à cette voiï qui sort de POcéan, il tombait peu à peu dans la rêverie; égaré de pensée en pensée, comme les flots de murmure en murmure, dans le vague de ses désirs, il se mêlait aux éléments, montait sur les nuées fugitives, balançait les forêts dépouillée.-, et volait sur les mers avec les tempêtes.

Les enfers des nations infidèles sont aussi capricieux que leur ciel : nous parlerons du Tartare dans la partie littéraire de notre ouvrage, où nous allons entrer à l'ins Quoi qu'il en soit, les récompenses que le christianisme promet à la vertu, et les châtiments qu'il annonce au crime, se font reconnaître au premier coup d'œil pour les véritables. Le ciel et l'enfer des chrétiens ne sont point im d'après le> mœurs particulières d'un peuple, mais Lfondés sur des idées générales qui conviennent à toui nations et à toutes les classes de la société. Ecoutez ce qu'il y a de plus simple et de plus sublime en quelques ; — Le bonheur du juste consistera, dans l'autre vie, a , der Dieu avec plénitude ; — le malheur de l'impie sera de connaître les perfections de Dieu, et d'en être à jamais privé.

On dira peut-être que le christianisme ne fait que répéter ici les leçons des écoles de Platon et de Pythagore. On convient donc au moins que la religion chrétienne n'est pas la religion des petits esprits, puisqu'on avoue que ses dogmes sont ceux des tages.

En effet, les Gentils reprochaient aux premiers lia- . n'être qu'une secte de philosophes ; mais, fùt-il certain, ce qui n'est pas prouvé, que l'antiquité eut, touchant un état futur, les mêmes notions que le christianisme, autre est toutefois une vérité renfermée dans un petit cei -ciples choisis, autre une vérité qui est devenue la manne mune du peuple. Ce que les beaux génies de i ; trouvé par un dernier effort de raison, s'enseiune publiquement aux carrefours de nos cités; et le □ peut acheter pour quelques deniers, dans le catéchisme d enfants, les secrets les plus sublimes des sectes antiques.

Nous ne dirons rien à présent du purgatoire, parce qu«.

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