‹ Le génie du christianisme (volume 3)Chapitre 145 sur 307 · ULYSSE ET PÉNÉLOPE · texte numérisé non relu

ULYSSE ET PÉNÉLOPE

Les princes ayant été tués par Ulysse, Euryclée va réveil-

nélope, qui refuse longtemps de croire les merveilles

que sa nourrice lui raconte. Cependant elle se lève; et,

' les degrés, elle franchit le seuil de pi • e, et va

ïr à la lueur du feu, en face d'Ulysse, qui était lui-

'< au pied d'une colonne, les yeux baissés, attendant

lui (lirait son épouse. Mais elle demeurait muette, et

lit saisi son cœur1.

maque accuse sa mère de froideur; Ulysse sourit et

excusa Pénélope. La princesse doute encore; et, pour

éprouver son «'poux, cil'.- ordonne de préparer la couche

â'Ulysse 1 a chambre nuptiale. Aussitôt le héros

: « Qui donc a dép uche?... N'est-elle plia nt-

au tronc <i>> Volivier autour duquel j'avais moi-même

bâti une salle dan* ma cour, etc. *.

'U.i j,y.Ts' -r,L ô'

fUé

11 dit, et soudain le cœur »t lei genoux de Pénélope lui manquent à la fois; elle reconnaît Ulysse a cette marque

i. Odyss., 1;!). Win, v. 88.

2, Odyss., lib. wui.

certaine. Bientôt, courant à lui tout on larmes, elle suspend ses bras au cou de son époux; elle baise sa tête sacrée, elle s'écrie : « Ne sois point irrité, toi qui lus toujours le plus

prudent des in .ruines !

Ne sois point irrité, ne t'indigne point, si j'ai hésité à me jeter dans tes bras. Mon cœur frémissait de crainte qu'un étranger ne vînt surprendre ma foi par des paroles trompeuses

Mais à présent j'ai une preuve manifeste de toi-même, par ce ^que tu viens de dire de notre couche : aucun autre homme que toi ne l'a visitée : elle n'est connue que de nous deux et d'une seule esclave, Actoris, que mon père me donna lorsque je vins en Ithaque, et qui garde les portes de notre chnmbre nuptiale. Tu rends la confiance à ce cœur devenu défiant par le chagrin ».

Elle dit; et Ulysse, pressé du besoin de verserdes larmes, pleure sur cette chaste et prudente épouse, en la serrant contre son cœur. Gomme des matelots contemplent la terre désk'ée, lorsque Neptune a brisé leur rapide vaisseau, jouet des vents et des vagues immenses; un petit nombre, flottant sur l'antique mer, gagne la terre à la nage, et, tout couvert d'une écume salée, aborde plein de joie sur les grèves, en échappant à là mort : ainsi Pénélope attache ses regards charmés sur Ulysse. Elle ne peut arracher ses beaux bras du cou du héros; et l'Aurore aux doigts de rose aurait vu les larmes de ces époux, si Minerve n'eût retenu le soleil dans la mer, etc

Cependant Eurynome, un flambeau à la main, précédant les pas d'Ulysse et de Pénélope, les conduit à la chambre

nuptiale ,

Les deux époux, après s'être livrés aux premiers transports de leur tendresse, s'enchantèrent par le récit mutuel de leurs peines

Ulysse achevait à peine les derniers mots de son histoire, qu'un sommeil bienfaisant se glissa dans ses membres fatigués, et vint suspendre les soucis de son âme1.

Cette reconnaissance d'Ulysse et de Pénélope est peut-être

I. Madame Dacier a trop altéré ce morceau. Elle paraphrase des vers tels que ceux-ci :

*û; c-xtî : —<; û' côrîC fcfoo yoùmtat XK< fÙm <rs/3, etc.

A ces mots, la reine tomba presque évanouie; les genoux et le cœur lui manquent à la fois, elle ne doute plus que ce ne soit son cher Ulysse. Enfin, revenue de sa faiblesse, elle court àlui levisaye baigné de pleurs, et l'onbrassant avec toutes les marques d'une rentable tendresse etc. Elle ajoute des choses dont il n'y a pas un mot dans le texte; enlln elle supprime quelquefois les idées d'il

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