DEUXIEME PARTIE
l'Olympe, et témoignaient leur ravissement par des chants harmonieux.
Virgile est l'ami du solitaire, le compagnon des heures secrètes de la vie. Racine est peut-être au-dessus du poète latin, parce qu'il a fait Athalie ; mais le dernier a quelque chose qui remue plus doucement le cœur. On admire plus l'un, on aime plus l'autre ; le premier a des douleurs trop royales, le second parle davantage à tous les rangs de la société. En parcourant les tableaux des vicissitudes humaines tracés par Racine, on croit errer dans les parcs abandonnés de Versailles : ils sont vastes et tristes ; mai?, à travers leur solitude, on distingue la main régulière des arts et les vestiges des grandeurs :
Je ne vois que des tours que la cendre a couvertes, Un fleuve teint de sang, des campagnes désertes.
Les tableaux de Virgile, sans être moins nobles, ne sont pas bornés à de certaines perspectives de la vie ; ils représentent toute la nature : ce sont les profondeurs des forêts, l'aspect des montagnes, les rivages de la mer, .'j des femmes exilées regardent, en pleurant, l'immensité des flots :
Cunctoeque profundum Pontum adspectabant fientes.