‹ Le génie du christianisme (volume 3)Chapitre 174 sur 307 · AMOUR PASSIONNÉ DIDON · texte numérisé non relu

AMOUR PASSIONNÉ DIDON

Ce que nous appelons proprement amour parmi nous est un sentiment dont l'antiquité a ignoré jusqu'au nom. Ce n'est que dans les siècles modernes qu'on a vu se former ce mélange des sens et de l'âme, cette espèce d'amour dont l'amitié est la partie morale. C'est encore au christianisme que l'on doit ce sentiment perfectionné; c'est lui qui, ten-

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.l.uif sans cesse à épurer le cu.'ur, est parvenu à jeter de la spiritualité jusque dans Le penchant qui eu paraissait I» moins susceptible. \r« >i la donc un nouveau moyen de situations jn»eii(.|iies que cette religion si dénigrée a fourni aux auteurs même qui l'insultent : on peul \«.»ir dan- un< foule de ramona loi b< Mités qu'on a Urées de eette pa demi-chrétienne. Le caractère de Clémentine1, par exemple. est un chef-d'œuvre dont la Créée n'offre point de modèle. Mais pénétrons dans ce sujet: et, avant de parti liut/ou)- champêtre, constaterons Vnmour jxissUmné.

Cet aiiioui' a'eei ni aussi saint que la pieté conjugale, n; aussi gracieux que le sentiment des bergers; ruais, plus poignanl que l'un et l'autre, il dévaste les âmes où il règne. Ne s'appuvanl point sur la gravité du mariage, ou sur l'innocence des mœurs champêtres, ne mêlant aucun autre pn-st:. sien, il est à soi-même sa propre illusion, sa propre fe>Re, sa propre substance. Ignorée de l'artisan trop occupe laboureur trop simple, cette passion n'existe que dm. rangs de la société où l'oisiveté nous laisse Bureharg poids de notre cœur, avec son immense amour-propre et ses éternelles inquiétudes.

Il est si vrai que le christianisme jette une éclata nt< lumière dans l'abîme de née p. -sions, que ce sont les orateurs de l'Eglise qui ont peint les désordres du eeetn humain avec le plus de force et de vivacité. Quel tableau Bourdaloue ne fait-il point de l'ambition ! Comme Massilkm a pénétré dans les replis de nos âmes, et exposé au jour nés penchants et nos vices ! « C'est le caractère de cette passion, dit cet homme éloquent, en parlant de l'amour, de rempli: le cœur tout entier, etc. : on ne peut plus s'occuper qu< d'elle; on en est posai dé, enivre : on la retrouve partout : tout en retrace les funestes images : tout en réveilla les injustes désirs : le monde, la solitude, la p i'el.e-

gnement, les objets les plus indifférents, les occupations les plus sérieuses, le temple saint lui-même, les autels sacrés, les mystères terribles en rappellent le souvenir8 ».

« C'est un désordre, s'écrie le même orateur, dans I cheresse3, d'aimer pour lui-même ce qui ne peut être ni notre bonheur, ni notre perfection, ni par conséquent notre repos : car aimer, c'est chercher la félicité dans ce qu'i □ aime; c'est vouloir trouver dans l'objet aimé tout ce qui manque à notre cœur ; c'est l'appeler au secours de < . affreux que nous sentons eu aous-mênies, et nous Sait

i. UlCHARDSON.

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