‹ Le génie du christianisme (volume 3)Chapitre 177 sur 307 · LA PHÈDRE DE RACINE · texte numérisé non relu

LA PHÈDRE DE RACINE

Nous pourrions nous contenter d'opposer à Didon la Phèdre de Racine, plus passionnée que la reine de Carthage : elle n'est en effet qu'une épouse chrétienne. La crainte des flammes vengeresses et de l'éternité formidable de notre enfer perce à travers le rôle de cette femme criminelle 2, et surtout dans la scène de la jalousie, qui, comme on le sait, est de l'invention du poète moderne. L'inceste n'était pas une chose si rare et si monstrueuse chez les anciens, pour exciter de pareilles frayeurs dans le cœur du

i. JEneid., lib. iv, v. 328 et 329. Le vieux Lois des Masures, Tournisien, qui nous a laissé les quatre premiers livres de l'Enéide en carmes françois, a traduit ainsi ce morceau :

Si d'un petit Enée,

Avec ses yeux, m'estoit faveur donnée,

Qui seulement te ressemblast de vis,

Point ne serois du tout, à mon advis,

Prinse et de toi laissée entièrement.

2. Cette crainte du Tartare est faiblement indiquée dans Euripide.

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