AMOUR CHAMPÊTRE LE CYCLOPE ET GALATÉE
Nous prendrons pour objet de comparaison chez les anciens, dans les amours champêtres, l'idylle du Cyclope et de Galatée. Ce poème est un des chefs-d'œuvre de Théocrite; celui de la Magicienne lui est peut-être supérieur par l'ardeur de la passion, mais il est moins pastoral.
Le Cyclope, assis sur un rocher, au bord des mers de Sicile, chante ainsi ses déplaisirs, en promenant ses yeux sur les flots :
Ci Xamù raJttixftttj etc. *•.....
« Charmante Galatée, pourquoi repousser les soins d'un amant, toi dont le visage est blanc comme le lait pressé dans mes corbeilles de jonc; toi qui es plus tendre que l'agneau, plus voluptueuse que la génisse, plus fraîche que la grappe non encore amollie par les feux du jour '.' Tu te glisses sur ces rivages, lorsque le doux sommeil m'enchaîne ; tu fuis lorsque le doux sommeil me fuit : tu me redoutes, comme l'agneau craint le loup blanchi par les ans. Je n'ai cessé de t'adorer depuis le jour que tu vins a\ mère ravir les jeunes hyacinthes à la montagne : c'était moi qui te traçais le chemin. Depuis ce moment, après ce moment, et encore aujourd'hui, vivre sans toi m'est impossible. Et cependant te soucies-tu de ma peine ? au nom de Jupiter, te soucies-tu de ma peine?... Mais tout hideux que je suis, j'ai pourtant mille brebis dont ma main presse les riches mamelles, et dont je bois le lait écuraant. L'été, l'automne et l'hiver trouvent toujours des fromages dans ma grotte ; mes réseaux en sont toujours pleins. Nul
l. Theoch., idyl. xi, v. 19 et seq.