DEUXIÈME PARTIE
Achille va paraître^ pour venger Patrocle. Jupiter déclare aux Immortels qu'ils peuvent se mêler au combat et prendre parti dans la mêlée. Aussitôt l'Olympe s'ébranle :
Aetvcv, etc. l.
« Le père des dieux et des hommes fait gronder sa foudre. Neptune, soulevant ses ondes, ébranle la terre immense; l"Ma secoue ses fondements et ses cimes ; ses fontaines débordent : les vaisseaux des Grecs, la ville des Troyens, chancellent sur le sol flottant ».
Pluton sort de son trône ; il pâlit, il s'écrie, etc.
Ce morceau a été cité par les critiques comme le dernier effort du sublime. Les vers grecs sont admirables : ils deviennent tour à tour le foudre de Jupiter, le trident de Neptune et le cri de Pluton. Il semble qu'on entende les gorges de l'Ida répéter le son des tonnerres :
Ascvjv c' ïZ pehmigs irocrrtp ô&Sp&y t£ BeGiï -ri.
Ces R et ces consonances en on, dont le vers est rempli, imitent le roulement de la foudre, interrompu par des espèces de silence, fiy, rè, 9s, s», r: : c'est ainsi que la voix du ciel, dans une tempête, meurt et renaît tour à tour dans la profondeur des bois. Un silence subit et pénible, des images vagues et fantastiques, succèdent au tumulte des premiers mouvements : on sent, après le cri de Pluton, qu'on est entré dans la région de la mort; les expressions d'Homère se décolorent ; elles deviennent froides, muettes et sourdes, et une multitude d'S sifflantes imitent le murmure de la voix inarticulée des ombres.
Où prendrons-nous le parallèle, et la poésie chrétienne a-t-elle assez de moyens pour s'élever à ces beautés? Qu'on en juge. C'est l'Eternel qui se peint lui-même :
< Sa colère a monté comme un tourbillon de fumée ; son visage a paru comme la flamme, et son courroux comme un feu ardent. Il a abaissé les cieux, il est descendu, et les nuages étaient sous ses pieds. Il a pris son vol sur les ailes Chérubins; il s'est élancé sur les vents. Les nuées amoncelées formaient autour de lui un pavillon de ténèbres: l'éclat de son visage les a dissipées, et une pluie de' feu est tombée de leur sein. Le Seigneur a tonné du haut des cieux ; le Très-Haut a fait entendre sa voix ; sa voix a éclaté comme un orage brûlant. Il a lancé ses flèches et dissipé mes ennemis; il a redoublé ses foudres qui lec ont renvoi-sés. Alors les eaux ont été dévoilées dans leurs sources ; les fonde-