DEUXIEME PARTIE
VAnge de la nuit repose au milieu des deux, où il ressemble à la lune endormie sur un nuage; ses yeux sont cou- Verts d'un bandeau d'étoiles ; ses talons et son front sont lin peu rougis de la pourpre de l'aurore et de celle du crépuscule ; TAnge du silence le précède, et celui du mystère le suit. Ne taisons pas l'injure aux poètes de penser qu'ils regardent Y Ange des mers, l'Ange des tempêtes, VAnge du temps, VAnge de la mort, comme des génies désagréables aux Muses. C'est VAnge des saintes amours qui donne aux vierges un regard céleste, et c'est VAngedes harmo?iiesqui leur fait présent des grâces: l'honnête homme doit son cœur à YA?iye de la vertu, et ses lèvres à celui de la persuasion. Rien n'empêche d'accorder à ces esprits bienfaisants des marques distinctives de leurs pouvoirs et de leurs offices : VAnge de l'amitié, par exemple, pourrait porter une écharpe i illeuse où l'on verrait fondus, par un travail divin, les consolations de l'àme, les dévouements sublimes, les paroles secrètes du cœur, les joies innocentes, les chastes embrassements, la religion, le charme des tombeaux et l'immortelle espérance.