‹ Le génie du christianisme (volume 3)Chapitre 220 sur 307 · SONGE D'ÉNÉE. SONGE D'ATHALIE · texte numérisé non relu

SONGE D'ÉNÉE. SONGE D'ATHALIE

Il ne nous reste plus qu'à parler de deux machines poétiques : les voyages des dieux et les songes.

En commençant par les derniers, nous choisirons le songe d'Enée dans la nuit fatale de Troie ; le héros le raconte luimême à Didon :

Tempus erat, etc.

C'était l'heure où du jour adoucissant les peines,

Le sommeil, grâce aux dieux, se glisse dans nos veines;

Tout à coup, le front pâle et chargé de douleurs,

Hector, près de mon lit, a paru tout en pleurs.

Et tel qu'après son char la victoire inhumaine.

Noir de poudre et de sang, le traîna sur l'arène.

Je vois ses pieds encore et meurtris et percés

Des indignes liens qui les ont traversés.

Hélas! qu'en ce1 état de lui-même il diffère!

Ce n'est plus cet Hector, ce guerrier tutélaire,

Qui, des armes d'Achille, orgueilleux ravisseur,

Dans les murs paternels revenait en vainqueur,

Ou courant assiéger les vingt rois de la Grâce,

Lançait sur leurs vaisseaux la llamrne vengeresse.

Combien il est changé ! le sang de tontes parts

Souillait sa barbe épaisse et ses cheveux épars ;

Et son sein étalait h ma vue attendrie

Tous les coups qu'il reçut autour de sa patrie.

Moi-même il me semblait qu'au plus grand des héros,

L'œil de larmes noyé, je parlais en ces mots :

i 0 dea enfants d'Hus la gloire et l'espérance !

Quels lieux ont si longtemps prolongé ton absence?

[u'on t'a souhaité! maia, pour nous secourir, Est-ce ainsi qu'a nos yeux Hector devait s'offrir,

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