DEUXIÈME PARTIE
Dans Racine il y a concordance, et dans Virgile contraste «l'i mages.
La scène annoncée par l'apparition d'Hector, c'est-à-dire la nuit fatale d'un grand peuple et la fondation de l'Empire romain, serait plus magnifique que la chute d'une seule i eine, si Joas,en rallumant le flambeau de David, ne nous montrait dans le lointain le .Messie et la révolution de toute la terre.
La même perfection se remarque dans les vers des doux poètes : toutefois la poésie de Racine nous semble plus belle. Tel Hector parait au premier moment devant Enée, tel il se montre à la lin : mais la pompe, mais Y éclat emprunt*': de Jézabel,
r r-'parer des ans l'irréparable outrage,
suivi tout à coup, non d'une forme entière, mais
De lambeaux affreux
Que des chiens dévorants se disputaient entre eux,
est une sorte de changement d'état, de péripétie, qui donne au songe de Racine une beauté qui manque à celui de Virgile. Enfin cette ombre d'une mère qui se baisse vers le lit de sa fille, comme pour s'y cacher, et qui se transforme tout à coup en os et en chairs meurtris, est une de ces beautés vagues, de ces circonstances effrayantes de la vraie nature du fantôme.