‹ Le génie du christianisme (volume 3)Chapitre 224 sur 307 · I> j:lkau, dans Longin, chap. vu · texte numérisé non relu

I> j:lkau, dans Longin, chap. vu

Quoi qu'il en soit du génie d'Homère et de la majesté de ses dieux, son merveilleux el sa grandeur vont encore s'eclipserdevant le merveilleux du christianisme.

Satan arrivé aux portes de l'enfer, que le Péché et la Mort lui ont ouvertes, se prépare à aller à la découverte de la création. Like a furnace moulh '.

The sudden view

Of ail tins world at .once.

« Les portes de l'enfer s'ouvrent... vomissant, comme la bouche d'une fournaise, des flocons de fumée et des flammes rouges. Soudain, aux regards de Satan se dévoilent les secrets de l'antique ahîme ; océan sombre et sans bornes, où les temps, les dimensions el les lieux viennent se perdre, où l'ancienne Nuit et le Chaos, aïeux de la Nature, maintiennent une éternelle anarchie au milieu d'une éterii"l!»' guerre, et régnent par la confusion. Satan, arrêté sur le seuil de l'enfer, regarde dans le vaste gouffre, berceau et peut-être tombeau de la nature ; il pèse en lui-même les dangers du voyage. Bientôt, déployant ses ailes, et repoussant du pied le seuil fatal, il s'élève dans des tourbillons de fumée. Porté sur ce siège nébuleux, longtemps il muni audace; mais la vapeur, graduellement dissipée, l'abandonne au milieu du vide. Surpris, il redouble en vain lu mouvement de ses ailes, et comme un poids mort, il tombe.

« L'instant où je chante verrait encore sa chute, si l'explosion d'un nuage tumultueux rempli de soufre et de flamme ne l'eût élancé à des hauteurs égales aux profondeurs où il était descendu. Jeté sur des terres molles et tremblantes, à travers les éléments épais ou subtils,... il marche, il vole, il nage, il rampe. A l'aide de ses bras, de ses pieds, de ses ailes, il franchit les syrtes, les détroits, les montagnes. Enfin une universelle rumeur, des voix el des sons confus viennent avec violence assaillir son oreille. Il tourne aussitôt son vol de ce côté, résolu d'aborder l'Esprit inconnu de l'abîme, qui réside dans ce bruit, et d'apprendre de lui le chemin de la lumière.

« Bientôt il aperçoit le trône du Chaos, dont le sombre pavillon s'étend au loin sur le gouffre immense. La Nuit, revêtue d'une robe noire, est assise à ses côtés : lille aînée des Etres, elle est l'épouse du Chaos. Le Hasard, le Tumulte, la Confusion, la Discorde aux raille bouches, sont les ministres de ces divinités ténébreuses. Satan paraît devant eux sans crainte.

« Esprits de l'abîme, leur dit-il, Chaos, et vous antique

\. Par. Lest, book n, v. 888 1050 ; book m, v. 501-544. Des vers passés çà et là.

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