‹ Le génie du christianisme (volume 3)Chapitre 229 sur 307 · DU PURGATOIRE · texte numérisé non relu

DU PURGATOIRE

On avouera du moins que le purgatoire offre aux p chrétiens un genre de merveilleux inconnu à l'antiquité1. Il n'y a peut-être rien de plus favorable aux Muses que ce lieu de purification, placé sur les contins de la douleur et de la joie, où viennent se réunir les sentiments confus du bonheur et de l'infortune. La gradation des souffrances rn raison des fautes passées, ces âmes plus ou moins heui plus ou moins brillantes, selon qu elles approchent plus ou moins de la double éternité des plaisirs ou : pourraient fournir des sujets touchants au pinceau. Le purgatoire surpasse en poésie le ciel et l'enfer, en ce qu'il présente un avenir qui manque aux deux premiers.

Dans l'Elysée antique le fleuve du Léthé n'avait poil inventé sans beaucoup de grâce ; mais toutefois on ne saurait dire que les ombres qui renaissaient à la vie sur ses bords présentassent la même progression poétique vers le bonheur que les âmes du purgatoire. Quitter les c des mânes heureux pour revenir dans ce moml". c'était passer d'un état parfait à un état qui l'était moin-; c'était rentrer dans le cercle, renaître pour mourir, voir ce qu'on avait vu. Toute chose dont l'esprit peut mesurer l'étendue est petite: le cercle, qui chez les anciens exprimait l'éternité, pouvait être une image grande et vraie; cependant il nous semble qu'elle tue l'imagination, en la forçant de tourner dans ce cerceau redoutable. La ligne droite prnlonins lin serait peut-être plus belle, parce qu'elle jette-

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