‹ Le génie du christianisme (volume 3)Chapitre 251 sur 307 · Genèse, chap. xxni, v · texte numérisé non relu

Genèse, chap. xxni, v

« Ne vous opposez point h moi, en me forçant à vous quitter et à m'en aller : en quelque lieu que VO /irai

avec vous. Je mourrai <>ù wus mourrez; voire peuple mon peuple, et votre Dieu sera mofl Dieu1 s>.

Tâchons de traduire ce verset en langue homérique.

« La belle Ruth répondit à la sage Noémi, honorée des peuples comme une déesse : Cessez de vous opposeï qu'une divinité m'inspire ; je vous dirai la vérité tell, .pi.' je la sais et sans déguisement. Je suis résolu de vous suivie. Je demeurerai avec vous, soit que vous restiez chez les Moabites, habiles à lancer le javelot, soit que vous retourniez au pays de Juda, si fertile en oliviers. Je demanderai ave<- nous l'hospitalité aux peuples qui respectent les suppliants. cendres seront mêlées dans la même urne, et je ferai au Dieu qui vous accompagne toujours des sacrifices agréables.

« Elle dit: et comme, lorsque le violent zéphyr amène une pluie tiède du côté de l'occident, les laboureurs préparent le froment et l'orge, et font des corbeilles de jorn proprement entrelacées, car ils prévoient que cette ondée va amollir la glèbe et la rendre propre à recevoir les dons précieux de Cérès, ainsi les paroles de Ruth, comme une pluie féconde, attendrirent le cœur de Noémi » .

Autant que nos faibles talents nous ont permis d'imiter Homère, voilà peut-être l'ombre du style de cet immortel génie. Mais le verset de Ruth, ainsi délayé, n'a-t-il pas perdu ce charme original qu'il a dans l'Ecriture ? Quelle poésie peut jamais valoir ce seul tour: « Populus tutu lus meus, Deus tuus Deus meus ». Il sera aisé maintenant de prendre un passage d'Homère, d'en effacer les coule de n'en laisser que le fond à la manière de la Bible.

Par là nous espérons (du moins aussi loin que s'étendent nos lumières) avoir fait connaître aux lecteurs quelquesuues des innombrables beautés des livres saints : heureux si nous avons réussi à leur faire admirer cette grande et sublime pierre qui porte l'Eglise de Jésus-Christ I

« Si l'Ecriture, «lit saint Grégoire le Grand, renferme des mystères capables d'exercer les plus éclairés, elle contient aussi des vérités simples, propres à nourrir les hum Mes et les moins savants : elle porte à l'extérieur de quoi allaiter les enfants et, dans ses plus secrets replis, de quoi saisir d'admiration les esprits les plus sublimes. Semblable à un fleuve dont les eaux sont si basses en certains endroits, qu'un agneau pourrait y passer, et en d'autres si profondes, qu'un éléphant y nagerait t.

i. Ruth, chap. i, v. 6.

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