‹ Le génie du christianisme (volume 3)Chapitre 252 sur 307 · MUSIQUE. — DE L'INFLUENCE DU CHRISTIANISME DANS LA MUSIQUE · texte numérisé non relu

MUSIQUE. — DE L'INFLUENCE DU CHRISTIANISME DANS LA MUSIQUE

Frères de la poésie, les beaux-arts vont être maintenant l'objet de nos études : attachés aux pas de la religion chrétienne, ils Ja reconnurent pour leur mère aussitôt qu'elle parut au monde i ils lui prêtèrent leurs charmes terrestres, elle leur donna sa divinité ; la musique nota ses chants, la peinture la représenta dans ses douloureux triomphes, la sculpture se plut à rêver avec elle sur les tombeaux, et l'architecture lui bâtit des temples sublimes et mystérieux comme sa pensée.

Platon a merveilleusement défini la nature de la musique : « On ne doit pas, dit-il, juger de la musique par le plaisir, ni rechercher celle qui n'aurait d'autre objet que le plaisir, mais celle qui contient en soi la ressemblance du beau ».

En effet, la musique, considérée comme art, est une imitation de la nature; sa perfection est donc de représenter la plus belle nature possible. Or, le plaisir est une chose d'opinion qui varie selon les temps, les mœurs et les peuples, et qui ne peut être le beau, puisque le beau est un, et existe absolument. De là toute institution qui sert à purifier l'âme, à en écarter le trouble et les dissonances, à y faire naître la vertu, est, par cette qualité même, propice à la plus belle musique, ou à l'imitation la plus parfaite du beau. Mais si cette institution est en outre de nature religieuse, elle possède alors les deux conditions essentielles à l'harmonie, le

beau et le mystérieux. Le chanl nous Fient des anges, et la source »les concerts ed dans le cfeï.

C'est la religion qui t'ait gémir, au milieu de la nuit, la vestale sous ses dômes tranquilles; c'est la religion qui chante si don cément ;iu bord du lit de l'iafiartuaé. Jérémie lui dut ses lamentations, et David ses pénitence- sublimes. Plus fière sous l'ancienne alliance, elle ne peignit que des douleurs de monarques et de prophètes; plus moa< non moins royale sous la nouvelle loi, ses soupirs conviennent également aux puissants et aux faibles, pane qu'elle a trouvé dans Jésus-Chris* l'humilité unie à la grandeur.

Ajoutons que la religion chrétienne est essentiellement mélodieuse, par la seule raison qu'elle aime la solitude Ce n'est pas qu'elle soit ennemie du monde, elle s'y montre au contraire très aimable ; mais cette céleste Philomèle préfère les retraites ignorées. Elle est un peu étrangère sous les toits des hommes; elle aime mieux les forêts, qui sont les palais de son père et son ancienne patrie. C'est là qu'elle élève la voix vers le firmament, au milieu des concerts de la nature: la nature publie sans cesse les louanges du Créateur, «t il n'y a rien de plus religieux que les cantique- que chantent, avec les vents, les chênes et les roseaux du désert.

Ainsi le musicien qui veut suivre la religion dans ses rapports est obligé d'apprendre l'imitation des harmonies «le la solitude. Il faut qu'il connaisse les sons que rendent les arbres et les eaux ; il faut qu'il ait entendu le bruit du vent dans les cloîtres, et ces murmures qui régnent dans les temples gothiques, dans l'herbe des cimetières, et dans les souterrains des morts.

Le christianisme a inventé l'orgue et donné des soupirs à l'airain même. Il s sauvé la musique dans les siècles barbares : là où il a placé son trône, là s'est forme un peuple qui chante naturellement comme les oiseaux. (Juand il a civilisé les Sauv, t'a été que par des canliqu

l'Iroquois qui n'avait point cédé à ses dogmes, a oéoé à ses concerts. Religion de paix ! vous n'avez pas, comme les autres cultes, dicté aux humains des préceptes de liai m

le, vous leur avez seulement enseigné l'amour et l'harmonie.

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