‹ Le génie du christianisme (volume 3)Chapitre 260 sur 307 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

Trois corps de logis, formant avec l'église un carré long, composent 1 édifice des Invalides. Mais quel goût dans simplicité! quelle beauté dans cette cour, qui n'est pourtant qu'un cloître militaire où l'art a mêlé les idées guerrières aux idées religieuses, et marié l'image d'un camp de vieux soldats aux souvenirs attendrissants d'un hospice! C'est à la fois le monument du Dieu des armées et du Dieu d ■ l'Evangile. Us rouille des siècles qui commence à le couvrir lui donne de nobles rapports avec ces vétérans, ruines animées, qui se promènent sous ces vieux portiques. Dans les avant-cours, tout retrace l'idée des combats : fossés, glacis, remparts, canons, tentes, sentinelles. Pénétrez-vous plus avant, le bruit s'affaiblit par degrés, et va se perdre à l'église, où règne un profond silence. Ce bâtiment religieux est placé derrière les bâtiments militaires, comme l'image d6 repos et de l'espérance, au fond d'une vie pleine de Il oubles et de périls.

Le siècle de Louis XIV est peut-être le seul qui ait bien connu ces convenances morales, et qui ait toujours fait dans les arts ce qu'il fallait faire, rien de moins, rien de plus. L'or du commerce a élevé les fastueuses colonnades de l'hôpital de Greenvich, en Angleterre; mais il y a quelque chose de plus fier et de plus imposant dans la masse des Invalides. On sent qu'une nation qui bâtit de tels palais pour la • illesse de ses armées a reçu la puissance du glaive ainsi que le sceptre des arts.

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