‹ Le génie du christianisme (volume 3)Chapitre 267 sur 307 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

font pleins de foi envers la Divinité, et conduisent par la religion à la pratique des vertus.

Nous ne citerons pas Rou.-seau, dont l'autorité pourrait être suspecte ici ; mais Descartes> par exemple, s'est exprimé d'une manière bien étrange sur la science qui a fait une partie de sa gloire.

« Il ne trouvait rien effectivement, dit le savant auteur de sa vie, qui lui parût moins solide que de s'occuper de nombres tous simples et de figures imaginaires, comme si l'on devait s'en tenir à ces bagatelles, sans porter la vue au delà. Il y voyait même quelque chose de plus qu'inutile ; il croyait qu'il était dangereux de s'appliquer trop sérieusement à ces démonstrations superficielles, que l'industrie et l'expérience fournissent moins souvent que le hasard1. Sa maxime était que cette application nous désaccoutume insensiblement de l'usage de notre raison, et nous expose à perdre la route que sa lumière nous trace2 ».

Cette opinion de l'auteur de l'application de l'algèbre à la géométrie est une chose digne d'attention.

Le père Castel, à son tour, semble se plaire à rabaisser le sujet sur lequel il a lui même écrit. « En général, «d i t— il, on estime trop les mathématiques... La géométrie a des vérités hautes, des objet? p^u développés, des points de vue qui ne sont que comme échappés. Pourquoi le dissimuler? Elle a des paradoxes, des apparences de contradiction, des conclusions de système et de concession, des opinions de sectes, des conjectures même, et même des paralogismes3 ».

Si nous en croyons Buffon, c ce qu'on appelle vérités mathématiques se réduit à des identités d'idées, et n'a aucune réalité* ». Enfin l'abbé de Gondillac, affectant pour les géomètres le même mépris qu'Hobbes, dit, en parlant d'eux : c Quand ils sortent de leurs calculs pour entrer dans des recherches d'une nature différente, on ne leur trouve plus la même clarté, la même précision, ni la même étendue d'esprit. Nous avons quatre métaphysiciens célèbres, Descartes, Malebranche, Leibnitz et Locke : le dernier es le seul qui ne fût pas géomètre, et de combien n'est-il pas supérieur aux trois autres2 » !

1. Lettres de 1638, page 4li, Cahtesu, 1. de Direct, inçen. n n° 5.

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