Hobb., Opéra omnia. Amstel., edit. 16C
légère teinture de philosophie peut conduire à méconnaître L'essence première; mais qu'un savoir plus plein L'homme a Dieu ' ».
Si cette Mec est véritable, qu'elle est terrible!
un seul génie capable d'arriver à cette plénitude de demandée par Bacon, et où, selon Pascal, on U remontre dans une autre ignorance, que d'esprits médiocres n'y parviendront jamais, et resteront dans ces nuages de la science qui cachent la Divinité !
Ce qui perdra toujours la foule, c'est l'orgueil : qu'on ne pourra jamais lui persuader qu'elL rien
au moment où elle croit tout savoir. Les grands QOfl peui ent seuls comprendre ce dernier point des connaissances humaines, où l'on voit s'évanouir les trésors qu'on avai: amassés, et où l'on se retrouve dans sa pauvreté originelle. C'est pourquoi la plupart des sages ont pensé que les études philosophiques avaient un extrême danger pour la multitude. Locke emploie les trois premiers chapitres du quatrième livre de son Essai sur V entendement hun montrer les bornes de notre connaissance, qui sont i ment effrayantes, tant elles sont rapprochées de nous.
« Notre connaissance, dit-il, étant resserrée danbornes si étroites, comme je l'ai montré, pour miem l'état présent de notre esprit, il ne sera peut-être pas inutile... de prendre connaissance de notre ignorance, qui... peut servir beaucoup à terminer les disputes... si, après avoir découvert jusqu'où nous avons des idées claires... nous ne nous engageons pas dans cet abîme de t inèbrès (où nos yeux nous sont entièrement inutiles, et eè nos facultés ne sauraient nous faire apercevoir quoi que ce sait), entêtés de cette folle pensée, que rien n'est au-dessus de notre compréhension - ».
Enfin, on sait que Newton, dégoûté de l'étude des mathématiques, fut plusieurs années sans vouloir en entendre parler ; et de nos jours même, Gibbon, qui fut m longtemps l'apôtre des idées nouvelles, a écrit : « Les sciences exactes nous ont accoutumés à dédaigner l'évidence morale, si féconde en belles sensations, et qui est faite pour miner les opinions et les actions de notre vie ».
En elfet, plusieurs personnes ont pensé que entre les mains de l'homme dessèche le cœur, rffnrnrhftr la nature, mène les esprits faibles à l'athéisme, et ie l'athéisme au crime ; que les beaux-arts, au contrair dent nos jours merveilleux, attendrissent nos âmes, nous