TROISIÈME PARTIE 3H
qu'on s'est trompé. Encore un certain nombre de faits, et il faudra briser les cases de la chimie moderne. Qu'aura-t-on g gné à bouleverser les noms, à appeler l'air vital, oxygène, etc. ? Les sciences sont un labyrinthe où Ton s'enfonce plus avant au moment même où l'on croyait en sortir ».
Ces objections sont spécieuses, mais elles ne regardent pas plus la chimie que les autres sciences. Lui reprocher de se détromper elle-même par ses expériences, c'est l'accuser de sa bonne foi et de n'être pas dans le secret de l'essence des choses. El qui donc est dans ce secret, sinon cette Intelligence première qui existe de toute éternité? La brièveté de notre vie, la faiblesse de nos sens, la grossièreté de nos instruments et de nos moyens, s'opposent à la découverte de cette formule générale' que Dieu nous cache à jamais. On sait que nos sciences décomposent et recomposent, mais qu'elles ne peuvent composer. C'est cette impuissance de créer qui découvre le côté faible et le néant de l'homme. Quoi qu'il fasse, il ne peut rien, tout lui résiste ; il ne peut plier la matière à son usage, qu'elle ne se plaigne et ne gémisse : il semble attacherses soupirs et son cœur tumultueux à tous ses ouvrages !
Dans l'œuvre du Créateur, au contraire, tout est muet, parce qu'il n'y a point d'effort ; tout est silencieux, parce que tout est soumis : il a parlé, le chaos s'est tu, les globes se sont - sans bruit dans l'espace. Les puissances unies de la matière sont à une seule parole de Dieu comme rien est à tout, comme les choses créées sont à la nécessité. Voyez l'homme à ses travaux ; quel effrayant appareil de machines ! Il aiguise le fer, il prépare le poison, il appelle les éléments à son secours ; il fait mugir l'eau, il fait siffler l'air, ses fourneaux s'allument. Armé du feu, que va tenter ce nouveau Prométhée ? Va-t-il créer un monde ? Non ; il va détruire : il ne peut enfanter que la mort I
Soit préjugé d'éducation, soit habitude d'errer dans les déserts, et de n'apporter que notre cœur à l'étude de la nature, nous avouons qu'il nous fait quelque peine de voir l'esprit d'analyse et de classification dominer dans les sciences aimables, où l'on ne devrait rechercher que la beauté et la bonté de la Divinité. S'il nous est permis de le dire, c'est, ce nous semble, une grande pitié que de trouver
le système par l'acide muriatique, qui n'avait pas de positif en eux. H. Rerthollet est, dit-on, sur le point de prouver que l'azote, regardé jusqu'à présent comme une simple essence combinée avec le calorique, est une substance composée. 11 n'y a qu'un fait certain en chimie, lixé par Boerhaave, et développé par Lavoisier; savoir, que le calorique, ou la substance qui, unie à la lumière, compose le feu, tend sans cesse à distendre les corps, ou a écarter les unes des autres leurs molécules constitutives.
aujourd'hui l'homme mnmuiipvr rangé, d'après la yv
de LinnuMis, avec les singes, les chauve-souris «■! tes | sfux. Ne valait-il pas autant le laissera la iéi,-d«-: où l'avaient placé Moïse», Àristote-, Buffet) et la Rature? Touchant de son àme aux cieux, et dfeson'COrpsà la b aimait à le voir former, dans la chaîne des être», l'anneau qui lie le monde risttle au monde invisible, te (temps à l'éternité.
<c Dans ce siècle même, dit Bullon, où les sciences paraissent être cultivées avec soin, je crois qu'il est ai-
cevoir que la philosophie est négligée, el peut-être plus i i u f ' dans aucun siècle; les ails qu'on veut appeler ! Iques ont pris sa place; les méthodes de calcul et de i trie, celles de botanique et d'histoire naturelle, les formules, en un mot, et les dictionnaires occupent presque tout le monde : on s'imagine savoir davantage, parce qu on a augmenté le nombre des expressions symboliques et «les phrases savantes, et on ne fait point attention que tous ces arts ne sont que des échafaudages pour arriver à la science, et non pas la science elle-même ; qu'il ne faut s'en servir que lorsqu'on ne peut s'en passer, et qu'on doit toujours se délier qu'ils ne viennent à nous manquer lorsque nous voudrons les appliquer à l'édifice l ».
Ces remarques sont judicieuses, mais il nous semble qu'il y a dans les classifications un danger encore plus pressant. Ne d<>it-on pas craindre que cette fureur de ramener nos connaissances à des signes physiques, de ne voir dans les diverses de la création que des doigts, des dents, ne conduise insensiblement la jeunesse au matérialisme? Si pourtant il est quelque science où les inconvénients de l'incrédulité se fassent sentir dans leur plénitude, c'< histoire naturelle. On llélrit alors ce qu'on touche : les parfums, l'éclat des couleurs, l'élégance des formes, d laissent dans les plantes pour le botaniste qui n'y attache ni moralité ni tendresse. Lorsqu'on n'a point de religion, le cœur est insensible et il n'y a plus de beauté : car n'est point un être existant hors da nou» : B8 le
cœur de l'homme que sont les grâces de la nati:
Quant à celui qui étudie les animaux, qu'est-ce autre
. ^'il est incrédule, que d'étudier des cadavres ? A quoi
cherches le mènent-elles ? quel peut être son but? Ah î
j*esi pour lui qu'on a formé ces cabinets, écoles où la Mort,
la faux à la main, est te démonstrateur; cimetières an n
ela Ofl a placé dc^ horloges poui compter des minutes - squelettes, pour marquer des heures a. l'eternit-- !
(Test dans ces tombeaux où le néant a rassemblé ses
ncU., tome î, prem. dise, page 79.