Plat
que lorsque le premier pesait ces mondes, dont l'autre enseignait à mépriser la poussière. .
Clarke, dans son Traité de Vexistence de Dieu, Leibnitz, dans sa Théodicée, Malebranche, dans sa Recherche sur la vérité, se sont élevés si haut en métaphysique, qu'ils n ont rien laissé à faire après eus.
11 est assez singulier que notre siècle se soit cru supérieur en métaphysique et en dialectique au siècle qui l'a précédé. Les faits déposent contre nous : certainement Gondillac, qui n'a rien dit de nouveau, ne peut seul balancer Locke, Descartes, Malebranche et Leibnitz. 11 ne fait que démembrer le premier, et il s'égare toutes les fois qu'il marche sans lui. Au reste, la métaphysique du jour diffère de celle de 1 antiquité, en ce qu'elle sépare, autant qu'il est possible, imagination des perceptions abstraites. Nous avons isole les facultés de notre entendement, réservant la pensée pour telle matière, le raisonnement pour telle autre, etc. D ou il résulte que nos ouvrages n'ont plus d'ensemble, et que notre esprit, ainsi divisé par chapitres, offre les inconvementsde ces histoires où chaque sujet est traité à part. Tandis qu on recommence un nouvel article, le précédent nous échappe ; nous cessons de voir les liaisons que les faits ont entre eux • nous retombons dans la confusion à force de méthode, et la multitude des conclusions particulières nous empêche d'arriver à la conclusion générale.
Quand il s'agit, comme dans l'ouvrage de Clarke, d attaquer des hommes qui se piquent de raisonnement, et auxquels il est nécessaire de prouver qu'on raisonne aussi bien qu'eux, on fait merveilleusement d'employer la manière ferme et serrée du docteur anglais ; mais, dans tout autre cas pourquoi préférer cette sécheresse à un style clair, quoique animé ? Pourquoi ne pas mettre son cœur dans un ouvrage sérieux, comme dans un livre purement agréable . On lit encore la métaphysique de Platon, parce qu elle est colorée par une imagination brillante. Nos derniers ideoloques sont tombés dans une grande erreur, en séparant 1 histoire de l'esprit humain de l'histoire des choses divines, en soutenant que la dernière ne mène à rien de positif, et qu il n'y a que la première qui soit d'un usage immédiat. Uu est donc la nécessité de connaître les opérations de la pensée de l'homme, si ce n'est pour les rapporter a Dieu .' Uue me revient-il de savoir que je reçois ou non mes idées par les sms? Condillac s'écrie : « Les métaphysiciens mes devanciers se sont perdus dans les mondes chimériques moi seul i'ai trouvé le vrai; ma science est de la plus grande utilité. Je vais vous dire ce que c'est que la conscience, 1 attention, la réminiscence ». Et à quoi cela me conduira-t-il . Lne
chose n'est bonne, une chose n'est positive qu'autant qu'elk renferme une intention morale; or, toute métaphysique qu» n'est pas théologie, comme celle des anciens et des <hn>, tiens, toute métaphysique qui creuse un abîme entre l'homme et Dieu, qui prétend que le dernier n'étant que ténèbr< ne doit pas s'en occuper, cette métaphysique est l'utile et
use, parce qu'elle manque de but.
L autre, au contraire, en m associant à la Divinité, < n me donnant une noble idée de ma grandeur et de la perfection de mon être, me dispose à bien penser et à bien- agir. Les Bas morales viennent par col anneau cette
métaphysique, qui n'est alors qu'un chemin [»lus sublime pour arriver à la vertu. C'est ce que Platon appelait pu excellence la science des dieux, et Pythagore, la géométrit . Hors de là, la métaphysique n'est qu'un microscope qui nous découvre curieusement quelques petits objets que n'aurait pu saisir la vue simple, mais qu'on peut ignorer ou coi: naître sans qu'ils forment ou qu'ils remplissent un vide
•.istence.