‹ Le génie du christianisme (volume 3)Chapitre 273 sur 307 · MÉTAPHYSICIENS · texte numérisé non relu

MÉTAPHYSICIENS

Les exemples viennent à l'appui des principes ; et une religion qui réclame Bacon, Newton, Bayle, Clarke, Leil>nitz, Grotius, Pascal, Arnauld, Nicole, Malebranche, La Bruyère (sans parler des Pères de l'Eglise, ni de Bossue t, ni de Fénelon, ni de Massillon, ni de Bourdaloue, que nous voulons bien ne compter ici que comme orateurs), une telle religion peut se vanter d'être favorable à la philosophie.

Bacon doit sa célébrité à son traité on the Advancement of learning, et à son Novum organum scienliarum. Dans le premier il examine le cercle des sciences, classant chaque objet sous sa faculté; facultés dont il reconnaît quatre: Y âme ou la sensation, la mémoire, l'imagination, Yentendement. Les scienses s'y trouvent réduites à trois : la poésie, Ykistoire, la philosophie.

Dans le second ouvrage, il rejette la manière de raisonner par syllogisme, et propose la physique expérimentale pour seul guide dans la nature. On aime encore à lire la profession de foi de l'illustre chancelier d'Angleterre, et la prière qu'il avait coutume de dire avant de se mettre au travail. Cette naïveté chrétienne, dans un grand homme, est bien touchante. Quand Newton et Bossuet découvraient avec simplicité leurs têtes augustes, en prononçant le nom de Dieu, ils étaient peut-être plus admirables dans ce moment,

Page 1