PREMIERE PARTIE
sublime par qui nous nous réunissons de nouveau à celu dont notre âme est émanée.
Mais, fi le Fils fût resté dans son essence primitive, il est évident que la même séparation eût existé ici-bas entre t l'homme, puisqu'il ne peut y avoir d'union entre la pureté et le crime, entre une réalité éternelle et le songe de notre vie. Or, le Verbe, en entrant dans le sein d'une e, a daigné se faire semblable à nous. D'un côté, il son Père par sa spiritualité ; de l'autre, il s'unit à la chair par son eftigie humaine. Il devient donc ce rapprochement cherché entre l'enfant coupable et le père miséricordieux. En se cachant sous l'emblème du pain, il est, pour l'œil du corps, un objet sensible, tandis qu'il reste un objet intellectuel pour l'œil de l'âme. S'il a choisi le pain pour se voiler, c'est que le froment est un emblème noble de la nourriture divine.
Si cette, haute et mystérieuse théologie, dont nous nous it^ns d'ébaucher quelques traits, effraye nos lecteurs, qu'ils remarquent toutefois combien cette métaphysique est lumineuse auprès de celle de Pythagore, de Platon, de Timée, d'Aristote, de Carnéade, d'Epicure. On n'y trouve aucune de ces abstractions d'idées pour lesquelles on est obligé de se créer un langage inintelligible au commun des hommes.
En résumant ce que nous avons dit sur la Communion, nous voyons qu'elle présente d'abord une pompe charmante; qu'elle enseigne la morale, parce qu'il faut être pur pour en approcher; qu'elle est l'offrande des dons de la terre au Créateur, et qu'elle rappelle la sublime et touchante histoire du Fils de l'homme. Unie au souvenir de la Pàque et de la première alliance, la Communion va se p rdre dans la nuit des temps ; elle tient aux idées premières sur la nature de l'homme religieux et politique, et exprime l'antique égalité du genre humain ; enfin, elle per-
Eétue la mémoire de notre chute primitive, de notre rétalissement et de notre réunion avec Dieu.