Hist. de Port-Royal
ae s'est point plongé dans les idées du jour, c'est qu'il leur a été supérieur : nous prenons sa puissance pour sa faiblesse ; son secret et le nôtre sont renfermés dans cette pensée de Pascal :
« Les sciences ont deux extrémités qui se touchent : la première est la pure ignorance naturelle où se trouvent les hommes en naissant ; l'autre extrémité est celle où arrivent les grandes âmes qui, ayant parcouru tout ce que les hommes peuvent savoir, trouvent qu'ils ne savent rien, et se rencontrent dans cette même ignorance d'où ils sont partis; mais c'est une ignorance savante qui se connaît. Ceux d'entre eux qui sont sortis de l'ignorance naturelle, et n'ont pu arriver à l'autre, ont quelque teinture de cette science suffisante, et font les entendus. Ceux-là troublent le monde, et jugent plus mal que tous les autres. Le peuple et les habiles composent pour l'ordinaire le train du monde; les autres les méprisent et en sont méprisés ».
Nous ne pouvons nous empêcher de faire ici un triste retour sur nous-même. Pascal avait entrepris de donner au monde l'ouvrage dont nous publions aujourd'hui une si petite et si froide partie. Quel chef-d'œuvre ne serait point sorti de6 mains d'un tel maître ! Si Dieu ne lui a pas permis d'exécuter son dessein, c'est qu'apparemment il n'est pas bon que certains doutes sur la foi soient éclaircis, afin qu'il reste matière à ces tentations et à ces épreuves, qui font les saints et les martyrs.
Note A, page 12.
L'Encyclopédie est un fort mauvais ouvrage, c'est l'opinion: de Voltaire lui-même.
i J'ai vu par hasard quelques articles de ceux qui 6e font, comme moi, les garçons de cette grande boutique; ce sont, pour la plupart, des dissertations "sans méthode. On vient d'imprimer dans un journal l'article Femme, qu'on tourne horriblement en ridicule. Je ne peux croire que vous ayez souffert un tel article dans un ouvrage si sérieux, Chloc presse du çienou un petit-maître, et chiffonne les dentelles d'un autre ; il semble que cet article soit fait pour le laquais de Gil Blas.
« J'ai vu Enthousiasme, qui est meilleur ; mais on n'a que faire d'un si long discours pour savoir que l'enthousiasme doit être gouverné par la raison. Le lecteur veut savoir d'où vient ce mot, pourquoi les anciens le consacrèrent à la divination, à la poésie, à l'éloquence, au zèle de la superstition; le lecteur veut des exemples de ce transport secret de l'âme appelé enthousiasme ; ensuite il est permis de dire que la raison, qui préside à tout, doit aussi conduire ce transport. Enfin je ne voudrais, dans votre dictionnaire, que vérité et méthode. Je ne me soucie pas qu'on me donne son avis particulier sur la comédie : je veux qu'on m'en apprenne la naissance et les progrès chez chaque nation; voilà ce qui plaît, voilà ce qui instruit. On ne lit y oint ces petites déclamations dans lesquelles un auteur ne donne que ses propres idées, qui ne sont qu'un sujet de dispute ». Correspondance de Voltaire et de aAlembert, vol. !•% 14, édit. in-8°, de Beaumarchais. (Lettre du 13 novembre 1756).
Page 2o. a Vous m'encouragez à vous représenter en générai qu'on se plaint de la longueur des dissertations vagues et sans méthode que plusieurs personnes vous fournissent pour se faire valoir; il faut songer à l'ouvrage, et non à soi. Pourquoi n'avezvous pas recommandé une espèce de protocole à ceux qui vous servent : étymologie, définitions, exemples, raisons, clarté et brièveté ! Je n'ai vu qu'une douzaine d articles, mais je. n'y ai rien trouvé de tout cela ». '22 décembre 17J
Page 62. a Je cherche, dans les articles dont vous : à ne rien dire que d< lire, et je crains de n'en ps
assez: d'un autre côté je crains r dans la déclan
c II me parait qu'on rous a doneé plusieurs articles remplis revient toujours qu'on »'en plaint beaucoup eut qu'être instruit, et il ne l'est point du tout qui. pour la plupart renferment des paradoxes, des : atraiw
est souvent vrai, des phrases ampoulées, des exclamations qu'on sifflerait dans une académie de province t>. (29 décembre 1757). D'Alembert, dans le discours à la tête du troisième volume de Y Encyclopédie, et Diderot, dans le cinquième volume, article Encyclopédie, ont fait eux-mêmes la satire la plus amère de leur ouvrage.
Note B, page 39.
Il est curieux de rapprocher de ce fragment de Y Apologie de Saint Justin le tableau des mœurs des chrétiens que l'on trouve dans la fameuse lettre de Pline le jeune à Trajan. Cette lettre, ainsi que la réponse de l'empereur, prouve que l'innocence des chrétiens était parfaitement reconnue, et que leur foi était leur seul crime. On y voit aussi la merveilleuse rapidité de la propagation de l'Evangile, puisque dès lors, dans une partie de l'empire, les temples étaient presque déserts. Pline écrivait cette lettre un an ou deux après la mort de saint Jean l'Evangéliste, et environ quarante avant que saint Justin publiât son Apologie.
Quoique cette lettre soit extrêmement connue, on a cru qu'il ne serait pas hors de propos de l'insérer ici.
Pline, proconsul dans la Bithynie et le Pont, à V empereur Trajan.
« Je me fais une religion. Seigneur, de vous exposer mes scrupules ; car qui peut mieux me déterminer ou m instruire ? Je n'ai jamais assisté à l'instruction et au jugement du procès d'aucun chrétien ; ainsi, je ne sais sur quoi tombe l'information que l'on fait contre eux, ni jusqu'où on doit porter leur punition. J'hésite beaucoup sur la différence des âges. Faut-il les assujettir tous à la peine, sansdistinguerlesplusjeunes des plus âgés? Doit-on pardonner à celui qui se repent ? Ou est-il inutile de renoncer au christianisme quand une fois on l'a embrassé ? Est-ce le nom seul que l'on punit en eux, ou sont-ce les crimes attachés à ce nom? Cependant, voici la règle que j'ai suivie dans les accusations intentées devant moi contre les chrétiens. Je les ai interrogés s'ils étaient chrétiens : ceux qui l'ont avoué, je les ai interrogés une seconde et une troisième fois, et les ai menacés du supplice : quand ils ont persisté, je les y ai envoyés; car, de quelque nature que fût ce qu'ils confessaient, j'ai cru que l'on ne pouvait manquer à punir en eux leur désobéissance et leur invincible opiniâtreté. Il y en a eu d'autres, entêtés de la même folie, que j'ai réservés pour envoyer à Rome, parce qu'ils sont citoyens romains. Dans la suite, ce crime venant à se répandre, comme il arrive ordinairement, il s'en est présenté de plusieurs espèces. On m'a mis entre les mains un mémoire sans nom d'auteur, où l'on accuse d'être chrétiens différentes personnes qui nient de l'être et de l'avoir jamais été Ils ont, en ma présence, et dans les termes que je leur prescrivais, invoqué les dieux, et offert de l'encens et du vin à votre image, que j'avais fait apporter exprès avec les statues de nos divinités ; ils se sont encore emportés en imprécations contre le Christ ; c'est à quoi, dit-on, l'on ne peut jamais forcer ceux qui sont véritablement chrétiens. J'ai donc cru qu'il les fallait absoudre. D'autres, déférés par un dénonciateur, ont d'abord reconnu qu'ils étaient chrétiens, et aussitôt après ils l'ont nié, déclarant que véritablement ils
l'avaient été, mais qu'ils ont cessé de l'être, les uns il y avait plus de trois ans, les autres depuis un plus grand nombre d*années, quelques-uns depuis plus de vingt. Tous ces gens-là ont adoré votre image et les statues des dieux; tous ont chargé le Christ de malédictions. Ils assuraient que toute leur erreur ou leur faute avait été renfermée dans ces points : qu'à un jour marqué ils s'assemblaient avant le lever du soleil, et chaulaient tour à tour des vers à la louange du Christ, comme s'il eût été Dieu ; qu'ils s'engageaient par serment, non à quelque crime, mais à ne point commettre de vol ni d'aduitère, à ne point manquer à leur promesse, à ne point nier un dépôt ; qu'après cela, ils avaient coutume de se séparer, et ensuite de se rassembler pourmanger en commun des mets innocents; qu'ils avaient ces.se de le faire depuis mon édit, par lequel, selon vos ordres, j'avais défendu toutes sortes d'assemblées. Cela m'a fait juger d'autant plus nécessaire d'arracher la vérité par la force des tourments à des filles esclaves qu'ils disaient être dans le ministère de leur culte ; mais je n'y ai découvert qu'une mauvaise superstition portée à l'excès, et par cette raison j'ai tout suspendu pour vous demander vos ordres. L'affaire m'a paru digne de vos réflexions, par la multitude de ceux qui sont enveloppés dans ce péril ; car un très grand nombre de personnes de tout âge, de tout ordre, de tout sexe, sont et seront tous les jours impliqués dans cette accusation. Ce mal contagieux n'a pas seulement infecté les villes, il a gagné les villages et les campagnes. Je crois pourtant que l'on y peut remédier, et qu'il peut être arrêté. Ce qu'il y a de certain, c'est que les temples qui étaient presque déserts sont fréquentés, et que les sacrifices longtemps négligés recommencent : on vend partout des victimes qui trouvaient auparavant peu d'achetems. De la on peut juger quelle quantité de gens peuvent être ramenés de leur égarement, si l'on fait grâce au repentir ». L'Empereur lui fit cette réponse :
Trajan a Pline
« Vous avez, mon très cher Pline, suivi la voie que vous deviez dans l'instruction du procès des chrétiens qui vous ont été déférés ; car il n'est pas possible d'établir une forme certaine et générale dans cette sorte d'affaire : il ne faut pas en faire perquisition. S'ils sont accusés et convaincus, il les faut punir ; si pourtant l'accusé nie qu'il soit chrétien, et qu'il le prouve par sa conduite, je veux dire en invoquant les dieux, il faut pardonner à son repentir, de quelque soupçon qu'il ait été auparavant chargé Au reste, dans nul genre de crime l'on ne doit recevoir des dénonciations qui ne sont souscrites de personne, car cola est d'un pernicieux exemple et très éloigné de nos maximes ».
Note C, page 40.
On peut encore voir un résultat bien effroyable de l'excès de population à la Chine, où l'on est obligé de jeter pour ainsi dm- les enfants aux pourceaux. Plus on examine la question,
fdiis on est porté à croire que Jésus-Christ fit un acte digne du éclateur universel, en invitant quelques hommes, par son exemple, à vivre dans la chasteté. Le libertinage a pu sans
dovte profiter du conseil do Saint Paul, pour voiler dei attentatoires à la société, ef des esprits superficiels ont pq prendre l'abus pour le défaut du conseil même : mais de quoi la corruption n'abuse-t-eile pas? et de quelle institution un génie médiocre, qui n'embrasse bas toutes les parties d'un objet, ne peut-il pas trouver à médire? D'ailleurs, sans 1rs solitaires chrétiens qui parurent dans le monde trois cents .'tus après le Messie, qui seraient devenus les lettres, les sciences et les arts? Enfin, les économistes modernes confirment eux-mêmes l'opinion que j'ai avancée, puisqu'ils prétendenl [et entre autres Arthur Young) que les grandes propriétés sont plus favorables que les petites a tout les genres de culture, la vigne peut-être < xc ptée. Or, dans tout pays peu livré au commerce et essentiellement agricole, si la population est excessive, les propriétés seront nécessairement liés divisées, ou bien ce pays sera exposé à d'éternelles révolutions ; à moins toutefois que le paysan ne soit esclave comme chez les anciens, ou serfs comme en Russie et dans une partie de l'Allemagne.
Note D, page 54.
M. de Ramsay. Ecossais, passa de la religion anglicane au socinianisme, de là au pur déisme, et il tomba enfin dans un pyrrbonisme universel. Il vint chercher la vérité auprès de Fénelon, qui le convertit au christianisme età la religion cathoi lique. C'est M. de Ramsay lui-même qui Mous a conservé k précieux entretien dont sa conversion tut le fruit. Nous en citerons la partie dans laquelle Fénelon fixe les bornes de la raison et de la foi. Il avait prouvé à M. de Ramsay l'authenticité des livres saints, et lui avait montréla beauté de la morale qu'ils contiennent, a Mais, monseigneur, reprit M. de Ramsay (c'est luimême qui parleï, pourquoi trouve-t-on dans la Bible un contraste si choquant de vérités lumineuses et de dogmes obscurs? Je voudrais bien séparer les idées sublimes, dont vous venez de me parler, d'avec ce que les prêtres appellent mystères1 ». Il me répondit ainsi : « Pourquoi rejeter tant de lumières qui consolent le cœur, parce qu'elles sont mêlées d'ombrés qui humilient l'esprit ? La vraie religion ne doit-elle pas élever et abattre l'homme, lui montrer tout ensemble sa grandeur et sa fan Vous n'avez pas encore une idée assez étendue du christianisme. 11 n'est pas seulement une loi sainte qui purifie le cœur, il est aussi une sagesse mystérieuse qui dompte l'esprit. C'est :;n sacrifice continuel de tout soi-mèrne en hommage à la s<>u> raison. En pratiquant sa morale, on renonce aux plaisirs pour l'amour de la beauté suprême. En croyant ses mystèr immole ses idées par respect pour la vérité éternelle. Sa double sacrifice des pensées et des passions, l'holocau imparfait, notre victime est défectueuse. C'est par là quel'h tout entier disparait et s'évanouit devant YElre des Etres. Il ne s'agit pas d'examiner s'il est nécessaire que Dieu nous révèle ainsi des mystères pour ftmmiiief notre esprit: il s'agit île savoir s'il en a révélé ou non. S'il a parlé à sa créature. < lance et l'amour sont inséparables. Le christianisme est un fait. Puisque vous ne doutez plu» des preuves >'■ il ne
if agit plus de choisir ce qu'on croira et ce qu'on ne croira pas.
Toutes les difficultés dont vous avez rassemblé des exemples s'évanouissent dès qu'on a l'esprit guéri de la présomption. Alors on n'a nulle peine à croire qu'il y ait dans la nature divine, et dans la conduite de sa providence, une profondeur impénétrable à notre faible raison. L'Etre infini doit être incompréhensible à la créature. D'un côté, on voit un législateur dont la loi est tout à fait divine, qui prouve sa mission par des faits miraculeux dont on ne saurait douter par des raisons aussi fortes que celles qu'on a de les croire. D'un autre côté, on trouve plusieurs mystères qui nous choquent. Que faire entre ces deux extrémités embarrassantes d'une révélation «laireet d'un obscur incompréhensible ? On né trouve de ressource que dans le sacrifice de l'esprit, et ce sacrifice est une partie du culte dû au souverain Etre.
« Dieu n'a-t-il point des connaissances infinies que nous n avons point? Quand il en découvre quelques-unes par une voie surnaturelle, il ne s'agit plus d'examiner le comment de ces mystères, mais la certitude de leur révélation. Ils nous paraissent incompatibles, sans l'être en effet ; et cette incompatibilité apparente vient de la petitesse de notre esprit, qui n'a pas de connaissances assez étendues pour voir la liaison de nos idées naturelles avec ces vérités surnaturelles ».
Note E, page 60.
La Polyglotte d'Antoine Vitré donne, Vulgate :
Ego sum Dominus Deus tuus, Septante :
Eyeô ei/J.i K'jpic$ c Sîiç ?îZ ,
Latin du tt-xte chaldaïque :
l)ominus tuus.
La Polyglotte de Walton porte,
Vulgate et Septante, comme ci-dessus ; Latin "de la version syriaque :
Ego sum Dominus Deus tuus.
ikm latine interlignée sur l'hébreu :
Et e terra ALgypti eduxi te, qui tuus Dominus Deus ego. Latin de l'hébreu samaritain :
Ego sum Dominus Deus tuus ; Latin di' la * ersion arabe :
Ego sum Dominus Deus tuus ;
Note F, page 63.
Les vérités de l'Ecriture se retrouvent jusque chez les sauvages du Nouveau Monde.
Bfl avez pu voir, dit Charlevoix dans la fable d'Atahensic chassée du neL quelques vestiges de l'histoire de la première femme exilée du paradis terrestre, en punition de sa aé> sance, et h. tradition du déluge aussi bréfl que l'arche dans laquelle Xoé se sauva avec sa famille'. Otte circonstance ntYm- : ."l'ih'Mvr au sentiment du pi : • <! .V^st-i. qui préï nd que tradition ne regarde pas le déluge universel, mais un déluge particulier à l'Amérique. En eflst, l<s Algonquins et presque tous les peuples qui parlent Inir langue, supposant la création du premier nomme, disent que sa postérité ayant péri
Sresque tout entière par une inondation générale, un nommé les sou, d'autres l'appellent Sakclchack, qui vit toute la terre abîmée bous lei eaux par le débordement d'un lac, envoya un corbeau au fond de cet abîme pour lui en rapporter de la terre; que ce corbeau ayant mal fait sa commission, il y envoya un rat musqué qui y réussit mii-ux ; que de ce peu de terre que l'animal lui avait apporté, il rétablit le monde dans son premier état; qu'il tira des flèches contre les troncs des arbres qui paraissaient encore, et que ces flèches se changèrent en branches ; qu'il fit plusieurs autres merveilles, et que, par reconnaissance du service que lui avait rendu le rat musqué, il épousa une femelle de son espèce, dont il eut des enfants qui repeuplèrent le monde ; qu'il avait communiqué son immortalité a un certain sauvage, et la lui avait donnée dans un petit paquet, en lui défendant de l'ouvTir, sous peine de perdre un don si précieux ».
Le père Bouchet, dans sa lettre à l'évêque d'Avranches, donne les détails les plus curieux sur les rapports des fables indiennes avec les principales vérités de notre religion et les traditions de 1 "Ecriture : les Mémoires de la Société anglaise de Calcutta confirment tout ce que dit, ici le savant missionnaire français :
« La plupart des Indiens assurent que ce grand nombre de divinités qu'ils adorent aujourd'hui ne sont que des dieux subalternes, et soumis au souverain Etre, qui est également le seigneur des dieux et des hommes. Ce grand Dieu, disent-ils, est infiniment élevé au-dessus de tous les êtres, et cette distance infinie empêchait qu'il eût aucun commerce avec de faibles créatures. Quelle proportion en effet, continuent-ils, entre un être infiniment parfait et des êtres créés, remplis comme nous d'imperfections et de faiblesse? C'est pour cela même, selon eux, que Parabaravastou, c'est le Dieu suprême, a créé trois dieux inférieurs ; savoir : Bruma, Wishnou, et Routren. Il a donné au premier la puissance de créer; au second le pouvoir de conserver; et au troisième le droit de détruire.
« Mais ces trois dieux qu'adorent les Indiens sont, au sentiment de leurs savants, les enfants d'une femme, qu'ils appellent Parachatti, c'est-à-dire la Puissance suprême. Si l'on réduisait cette fable à ce qu'elle était dans son origine, on v découvrirait aisément la vérité, tout obscurcie qu'elle est par les idées ridicules que l'esprit de mensonge y a ajoutées.
« Les premiers Indiens ne voulaient dire autre chose, sinon que tout ce qui se fait dans le monde, soit par la création qu'ils attribuent à Bruma, soit par la conservation qui est le partage de Wishnou, soit enfin par les différents changements qui sont l'ouvrage de Routren, vient uniquement de la puissance absolue du Parabaravastou, ou du Dieu suprême. Ces esprits charnels ont fait ensuite une femme de leur Parachatti, et lui ont donné trois enfants, qui ne sont que les principaux effets de la toutepuissance. En effet, chatti, en langue indienne, signifie puissance, et para, suprême ou absolue.
« Cette idée qu'ont les Indiens d'un être infiniment supérieur aux autres divinités marque au moins que leurs anciens n'adoraient effectivement qu'un Dieu, et crue le polythéisme ne s'est introduit parmi eux que de la manière dont il s'est répandu dans tous les pays idolâtres.
« Je ne prétends pas, monseigneur, que cette première connaissance prouve d'une manière bien évidente le commerce des Indiens avec les Egyptiens ou avec les Juifs. Je sais que, sans un tel secours, l'auteur de la nature a gravé cette vérité fondamentale dans l'esprit de tous les hommes, et qu'elle ne s'altère chez eux que par le dérèglement et la corruption de leur cœur. C'est pour la même raison que je ne vous dis rien de ce que les Indiens ont pensé sur l'immortalité de nos âmes et sur plusieurs autres vérités semblables.
i Je m'imagine cependant que vous ne serez pas fâché de savoir comment nos Indiens trouvent expliquée dans leurs auteurs la ressemblante de l'homme avec le souverain Etre. Voici ce qu'un savant brame m'a assuré avoir tiré sur ce sujet d'un de leurs plus anciens livres. Imaginez-vous, dit cet auteur, un million de grands vases tous remplis d'eau, sur lesquels le soleil répand les rayons de sa lumière : ce bel astre, quoique unique, se multiplie en quelque sorte et se peint tout entier en un moment, dans chacun de ces vases ; on en voit partout une image très ressemblante. Nos corps sont ces vases remplis d'eau; le soleil est la figure du souverain Etre, et l'image du soleil, peinte dans chacun de ces vases, nous représente assez naturellement notre âme créée à la ressemblance de Dieu même.
« Je passe, Monseigneur, à quelques traits plus marqués et plus propres àsatisfaireun discernement aussi exquisque levôlre: trouvez bon que je vous raconte ici simplement les choses telles que je 1 îfl ai apprises; il me serait fort inutile, en écrivant à un aussi savant prélat que vous, d'y mêler mes réflexions particulières.
a Les Indiens, comme j'ai eu l'honneur de vous le dire, croient
Sue Bruma est celui des trois dieux subalternes qui a reçu du ieu suprême la puissance de créer. Ce fut donc Bruma qui créa le premier homme; mais ce qui fait à mon sujet, c'est que Bruma forma l'homme du limon de la terre encore toute récente. Il eut, à la vérité, quelque peine à finir son ouvrages il y revint à plusieurs fois, et ce ne fut qu'à la troisième tentative nue ses mesures se trouvèrent justes. La fable a ajouté cette dernière circonstance à la vérité; et il n'est pas surprenant qu'un dieu du second ordre ait eu besoin d'apprentissage pour créer l'homme dans la parfaite proportion de toutes les parties OÙ nous le voyons. Mais si les Indiens s'en étaient tenus à ce que la nature, et probablement le commerce des Juifs, leur avaient enseigné de l'unité de Dieu, ils se seraient aussi contentés de ce qu'ils avaient appris, par la même voie, de la création de l'homme. Ils se seraient bornés à dire, comme ils font après l'Ecriture sainte, que l'homme fut formé du limon de la terre tout nouvellement sortie des mains du Créateur. « Ce n'est pas tout. Monseigneur, ['homme une fois créé par Bruma, avec la peine dontje vous ai parlé, le nouveau créateur fut d'autant plus charmé de sa créature, qu'elle lui avait plus coûté a perfectionner. 11 s'agit maintenant de la placer dans une habitation digne d'elle.
heriture est magnifique dans la description qu'elle nous fait du paradis terrestre. Les Indiens ne le sont guère moins dans les peintures qu'ils nous tracent de leur Chorcam :
eux un jardin i où unis les fruits se trouvent en
abondance; on y voit même un arbre dont les fruits communiant l'immortalité, s'il était permis d'en manger, il bien étrange que des gens qui n'auraient jamais entendu parler du paradis terrestre en eussent fait sans le savoir une peinture si ressemblante.
u Ce qu'il y a de merveilleux, Monseigneur, c'est que les dieux inférieurs, qui, dès la création du monde, se multiplièrent à l'infini, n'avaient pas ou du moins n'étaient pas sûrs d'avoir le privilège da l'immortalité, dont ils se seraient cependant fort accommodés. Voici une histoire que les Indiens racontent à cette occasion. Cette histoire, toute fabuleuse ou elle est, n'a point assurément d'autre origine que la doctrine des Hébreux, et peutêtre môme celle des chrétiens.
« Les dieux, disent nos Indiens, tentèrent toutes sortes de voies pour parvenir à l'immortalité. A force de chercher ils s'avisèrent d'avoir recours à l'arbre de vie qui était dans le 1 moyen leur réussit, et en mangeant de temps en temps des fruits de cet arbre, ils se conservèrent le précieux trésor qu'ils ont tant d'intérêt de ne pas perdre. Un fameux serpent, nommé Cheien, s'aperçut que l'arbre de vie avait été découvert par les dieux du second ordre; comme apparemment on avait confié à ses soins la garde de cet arbre, il conçut une si grande colère delà surprise qu'on lui avait faite, qu'il répandit sur-le-champ une grande quantité de poison : toute la terre s'en ressentit, et pas un homme ne devait échapper aux atteintes de ce poison mortel. Mais le dieu C/tiven eut pitié de la nature humaine : il parut sous la forme d'un homme, et avala sans façon tout le venin dont le malicieux serpent avait infecté l'univers.
« Vous voyez, Monseigneur, qu'à mesure que nous avançons les choses s'éclaircissent toujours un peu. Ayez la patieifeé d'écouter une nouvelle fable que je vais vous raconter ; car certainement je me tromperais si je m'engageais à vous dire quelque chose de plus sérieux : vous n'aurez pas de peine à y démêler l'histoire du déluge, etles principales circonstances que nous en rapporte l'Ecriture.
« Le Dieu Routren, c'est le grand destructeur des êtres créés, prit un jour la résolution de noyer tous les hommes, dont il prétendait avoir lieu de n'être pas content. Son dessein ne put être si secret qu'il ne fût pressenti par Wishnou, conservateur des créatures. \ ous verrez, Monseigneur, qu'elles lui eurent dans cette rencontre une obligation bien essentielle. Il découvrit donc précisément le jour auquel le déluge devait arriver. Son pouvoir ne s'étendait pas jusquà suspendre l'exécution des projets du dieu Routrcn, mais aussi sa qualité de dieu conservateur deschoses créées lui donnait droit d'en empêcher, s'il y avait moyen, l'effet le plus pernicieux ; et voici la manière dont il s'y prit :
« 11 apparut un jour à Sattiavarti, son grand confident, et l'avertit en secret qu'il y aurait bientôt un déluge universel, que li terre serait inondée, et que Houtren ne prétendait rien moins que d'y faire périr tous les hommes et tous les animaux ; il l'assura cependant qu'il n'y avait rien à craindre pour lui, et qu'en dépit de Routren il trouverait bien moyen de le conserver et de se ménager à soi-même ce qui lui serait nécessaire pour repeupler le monde. Son dessein était de faire paraître une barque
merveilleuse au moment que Routren s'y attendrait le moins, d'y enfermer une bonne provision d'au moins huit cent quarante millions d'âmes et de semences d'êtres. Il fallait au reste que Sattiavarti se trouvât, au temps du déluge, sur une certaine montagne fort haute, qu'il eut soin de lui faire bien reconnaître. Quelque temps après, Sattiavarti, comme on le lui avait prédit, aperçut une multitude infinie de nuages qui s'assemblaient : il vit avec tranquillité l'orage se former sur la tête des hommes coupables; il tomba du ciel la plus horrible pluie qu'on vit jamais. Les rivières s'enflèrent et se répandirent avec rapidité sur toute la surface de la terre ; la mer franchit ses bornes, et, se mêlant avec les fleuves débordés, couvrit en peu de temps les montagnes 1rs plus élevées; arbres, animaux, hommes, villes, royaumes, tout fut submergé; tous les êtres animés périrent et furent détruits.
« Cependant Sattiavarti, avec quelques-uns de ses pénitents, s'était retiré sur la montagne : il y attendait le secours dont le dieu l'avait assuré; il ne laissa pas d'avoir quelques moments de frayeur. L'eau qui prenait toijours de nouvelles forces, et qui s'approchait insensiblement de sa retraite, lui donnait de temps en temps de terribles alarmes; mais, dans l'instant qu'il se eroyaitperdu. il vit paraître la barque qui devait le sauver. Il y entra incontinent avec les dévots de sa suite : les huit cent quarante millions d'âmes et de semences d'êtres s'y trouvèrent renfermés.
« La difficulté était de conduire la barque et de la soutenir contre l'impétuosité des flots qui étaient dans une furieuse agitation. Le dieu Wishnou eut soin d'y pourvoir, car sur-lechamp il se fit poisson, et il se servit de sa queue, comme d'un gouvernail, pour diriger le vaisseau. Le dieu poisson et pilote ht une manœuvre si habile, que Sattiavarti attendit fort en repos dans son asile que les eaux s'écoulassent de dessus la face de la terre.
t La chose est claire, comme vous voyez, Monseigneur, et il ne faut pas être bien pénétrant pour apercevoir dans ce récit, mêlé de fables et des plus bizarres imaginations, ce que les livres sacrés nous apprennent du déluge, de l'arche et de la conservation de Noé avec sa famille.
t Nos Indiens n'en sont pas demeurés là; et, après avoir défiguré Noé sous le nom de Sattiavarti, ils pourraient bien avoir mis sur le compte de Bruma\es aventures les plus singulières de l'histoire d'Abraham. En voici quelques traits, Monseigneur, qui me paraissent fort ressemblants.
t La conformité du nom pourrait d'abord appuyer mes conjectures : il est visible que de Brxima à Abraham il n'y a pas beaucoup de chemin à faire ; et il serait à souhaiter que nos savants en matière d'étymologies n'en eussent point adopté de moins raisonnables et déplus forcées.
« Ce Bruma, dont le nom est si semblable à celui d'Abraham, était marié à une femme que tous les Indiens Dominent Sarasvadi. Vous jugerez. Monseigneur, du poids que le nom de cette femme ajoute à ma première conjecture. Les deux dernières syllabes du mot Sarasvadi, sont, dans la langue indienne, une terminaison honorifique ; ainsi vadi, répond assez bien à notre mot français, madame. Celte terminaison se trouve dans plusieurs noms de femmes distinguées : par exemple dans celui de
Parvadi, femme de Routrrn : il est dëfl lors évident que les deux premières syllabes du mot Saraêvadi, qui font proprement le nom tout entier de la femme de Bruina, se. réduisent u Sara, qui est le nom de Sara, femme d'Abraham.
« Il y a cependant quelque chose de pins singulier : Bruma, chez Us Indiens, comme Abraham chez les Juifs, a été le chef de plusieurs castes ou tribus différentes. Les deux peuples se rencontrent même fort juste sur le nombre de ces tribus. A Tie/tirapali, où est maintenant le plus fameux temple de L'Inde, on célèbre tous les ans une fête dans laquelle un vénérable vieillard mène devant soi douze enfants qui représentent, disent les Indiens, les douze chefs des principales castes. 11 est vrai que quelques docteurs croient que ce vieillard tient, dans cette cérémonie, la place de Wiêknou; mais ce n'est pas l'opinioncom- □aune dea savants ni du peuple, qui disent communément que Bruma est le chef de toutes le tribus.
a Quoi qu'il en soit, Monseigneur, je ne crois pas que pour reconnaître dans la doctrine "des Indiens celle des anciens Hébreux, il soit nécessaire que tout se rencontre parfaitement cojnXorme de part et d'autre. Les Indiens partagent souvent à difsrentes personnes ce que l'Ecriture nous raconte d'une Beule, ou bien rassemblent dans une seule ce que l'Ecriture divise dans urs; mais cette différence, loin de détruire nos conjectures, rvir, ce me semble, à les appuyer; et je crois qu'ut • semblance trop affectée ne serait bonne qu'à les rendre suspectes.
" Cela supposé, Monseigneur, je continue à vous raconter ce s Indiens ont tiré de l'histoire d'Abraham, soit qu'ils l'attribuent à Bruma. soit qu'ils en fassent honneur à quelque autre de leurs dieux ou de leurs héros.
'. Les ludions honorent la mémoire d'un de leurs pénitents qui. comme le patriarche Abraham, se mit en devoir de sacrifier son lils a un des dieux du pays. Ce dieu lui avait demanda victime ;'maisil se contenta de la bonne volonté du père, i I n e souffrit pas qu'il en vint jusqu'à l'exécution. Il y en a pourtant oui disent que l'enfant fut mis à mort, mais que ce dieu le ressuscita.
« J'ai trouvé une coutume qui m'a surpris, dans une des castes qui sont aux Indes, c'est celle qu'on nomme la caste des voleurs. N'allez pas croire, Monseigneur, que, parce qu'il y i parmi ces peuples une tribu entiète de voleurs, lm font cet honorable métier soient rassemblés dans un corps particulier, et qu'ils aient pour voler un privilège à l'exclusion de tout autre ; cela veut dure, seulement que tous les tndi as de volent effectivement avec une extrême lieen s; mais, par malheur, ils ne sont pas les seuls dont il faille -
« Après cet éclaircissement, qui m'a paru nécessaire, je reviens à mon histoire j'ai donc trouvé que, dans une ta cérémonie de la ■ île ne se l'ait pi
l'enfance, c'esl environ à l'âge de vingt ans; tous même n'y sont pas sujets, et il n'y a que les principaux de la caste qui s'y tttent: eeJ usage est fort ancien, et il sérail difficile de découvrir d'où leur est venue cette coutume, au milieu d'un le entièrement idolâtre.
os avez vu. Monseigneur, l'histoire du di e Noé
dans Wishnou et dans Sattiavarti ; celle d'Abraham dans # mm a
et dans Wishnou ; vous verrez encore avec plaisir celle de Moïse dans les mêmes dieux, et je suis persuadé que vous la trouverez encore moins altérée que les précédentes.
« Rien ne me paraît plus ressemblante! Moïse que le Wishnou, des Indiens, métamorphosé en Crichnen ; car d'abord crichnen, en langue indienne, signifie noir : c'est pour faire entendre que Crichnen est venu d'un pays où les habitants sont de cette couleur. Les Indiens ajoutent qu'un des plus proches parents de Crichnen fut exposé, dès son enfance, dans un petit berceau sur une grande rivière, où il fut dans un danger évident de périr : on l'en tira ; et, comme c'était un fort bel enfant, on l'apporta à une grande princesse qui le fit nourrir avec soin, et qui se chargea ensuite de son éducation.
« Je ne sais pourquoi les Indiens se sont avisés d'appliquer cet événement à un des parents de Crichnen plutôt qu'à Crichnen même. Que faire à cela, Monseigneur? il faut bien vous dire les choses telles qu'elles sont ; et, pour rendre les aventures plus ressemblantes, je n'irai pas vous déguiser la vérité. Ce ne fut donc point Crichnen, mais un de ses parents qui fut élevé au palais d'une grande princesse : en cela la comparaison avec Moise se trouve défectueuse; voici de quoi réparer un peu ce défaut.
t Dès que Crichnen fut né, on l'exposa aussi sur un grand fleuve, afin de le soustraire à la colère du roi oui attendait le moment de sa naissance pour le faire mourir : le fleuve s'entrouvrit par respect, et ne voulut pas incommoder de ses eaux un dépôt si précieux. On retira l'enfant de cet endroit périlleux, et il fut élevé parmi des bergers; il se maria dans la suite avec les filles de ces bergers, et il garda longtemps les troupeaux de ses beaux-pères. Il se distingua bientôt parmi tous ses compagnons-, qui le choisirent pour leur chef. Il fit alors des choses merveilleuses en faveur des troupeaux et de ceux qui les gardaient : il fit mourir le roi qui leur avait déclaré une cruelle guerre ; il fut poursuivit par ses ennemis; et, comme il ne se trouva pas en état de résister, il se retira vers la mer ; elle lui ouvrit un chemin à travers son sein, dans lequel elle enveloppa ceux qui le poursuivaient : ce fut par ce moyen qu'il échappa aux tourments qu'on lui préparait.
c Qui pourrait douter" après cela, Monseigneur, que les Indiens n'aient connu Moïse sous le nom de Wishnou métamorphosé en Crichnen ? Mais à la connaissance de ce fameux conducteur du peuple de Dieu, ils ont joint celle de plusieurs coutumes qu'il a décrites dans ses livres, et plusieurs lois qu'il a publiées et dont l'observation s'est conservée après lui.
€ Parmi ces coutumes, que les Indiens ne peuvent avoir tirées que des Juifs, et qui persévèrent encore aujourd'hui dans le pays, je compte. Monseigneur, les bains fréquents, les purifications, une horreur extrême pour les cadavres, par l'attouchement desquels ils se croient souillés, l'ordre dillerent et la distinction des castes, la loi inviolable qui défend les mariages hors de sa tribu ou de sa caste particulière. Je ne finirais point, Monseigneur, si je voulais épuiser ce détail ; je m'attache à quelques remarques qui ne sont pas tout à fait si communes dans les livres des savants.
« J'ai connu un brame très habile parmi les Indiens, qui m'a
raconté l'histoire suivante, dont il no comprenait pas foi-ménU
le sens, tandis qu'il est demeuré dcn 8 les ténèbres de l'ido
Les Indiens font un sacrifice nommé Ekiam c*est le pins céiè-
bre de tous ceux qui se font aux Indes) : on y sacrifie an mouton ; on y récite une espèce de prière, dans laquelle on dit à haute Toix ces paroi.-: Quand sera-ce >/w le Sauveurnaitra ? lïuand sera-ce que le liédempteur paraîtra?
a Ce sacrifice d'un mouton me parait avoir beauconp de rapport avec celui de l'agneau pascal ; car il faut remarquer sur c l,i, Monseigneur, que, comme les Juifs étaient tous obii
r leur part de la victime, aussi les brames, quoiqu'ils ne ut manger de viande, sont cependant dispensa di leur abstinence au jour du sacrifice du VEktam, et sont obligés par la loi de manger du mouton qu'on immole, et que les entre eux.
Plusieurs Indiens adorent le feu : leurs dieux mém immolé des victimes à cet élément; il "y a un précepte particulier pour le sacrifice d'Oman, par lequel il est ordonné de cou toujours le feu, et de ne le laisser jamais éteindre : celui qui as- ■ [<•[<• kVE/.i'i m doit, tous les matins ettousles soirs, mettre du bois au feu pour l'entretenir. Ce soin scrupuleux répond assez juste au commandement porté dans le Lévitique, g. vj. v 12 et 13 : Ignis in altare semper ardebit, quem nulrict sacrrdnx, subjiciens ligna mane per singulos dies. Les Indiens ont fait quelque chose de plus en considération du feu : ils se précipites, mêmes au milieu des llammes. Vous jugerea comme moi, Monseigneur, qu'ils auraient beaucoup mieux fait de ne r»oiuL ajouter cette cruelle cérémonie à ce que les Juifs leur appris sur cette matière.
« Les Indiens ont encore une fort grande idée des serpents : ils croient que ces animaux ont quelque chose de divin, pie leur vue porte bonheur. Ainsi plusieurs adorent les serpenta et leur rendent les plus profonds respects: mais ces animaux, peu reconnaissants, ne laissent pas de mordre cruellement leurs •uloiMteurs. Si le serpent d'airain que Moïse montra an peuple de Dieu, et qui guérissait par sa seule vue, eût été aussi cruel que les serpents animés des Indes, je doute fort que !• a -buts eussent jamais été tentés de l'adorer.
a Ajoutons enfin, Monseigneur, la charité que les Indiens ont pour leurs esclaves : ils les traitent presque comme leurs propres entants ; ils ont grand soin de 1rs bien «'lever : ils li voient de tout libéralement ; rien ne lent manque. .;
leur vêtement, soit [jour la nourriture; ils les marient, et pi toujours ils leur rendent la liberté. Ne sernMe-t-il pal aux Indiens, comme- aux Israélites, que Moïse ait adressé nreet article les préceptes que nous lisonsdans le Lévitique l
■ telle apparence y a-t-il donc, Moasoipneur, que les
: idi< us n'aient pas eu autrefois quel la loi
(se? Cequ'ils disent encore de leur loi et de B i
législateur, détroit, <-e me semble, d'une msnl nte, ce
qui pourrait rester de doute mr cette matière.
« Brunni a donne la loi auxhomrm - Vedam ou Livre
de la loi que les Indiens regardent comme infaillible selon eux, la pure parole de Dieu dictée par YAbadam,
dire par celui qui ne peut se tromper, et qui dit essentiellement la vérité. Le Vëdatn ou ta loi des Indiens est divisé <-n quatre parties: mais, au sentiment de plusieurs doctes Indiens, il y es avait anciennement une cinquième qui a péri par (injure des 5, et qu'il a été impossible de recouvrer. > Indiens ont une estime inconcevable pour la loi qu'ils ont reçue de leur Rmma. Le profond respect avec lequel ils l'entendent prononcer, ta choix des personnes propres faire la lecture, les préparatifs qu'on y doit apporter, circonstances semblables sont parfaitement .-ont'": ce que nous savons des Juifs par rapport à la loi sainte, ei à qui la leur a annors
est, Monseigneur, que le respect des Indiens
pour leur loi va jusqu'à nous en faire un mystère impénétrable ;
j'en ai cependant assez appris par quelques docteurs, pour vous
voir que les livres de la loi du prétendu Rruma sont une
imitation du Pentateuque de Moïse.
•mère partie du Veéam, qu'ils appellent Irroucouvedam, traite de la première cause et de la manière dont le monde •.ils m'en ont dit de plus singulier, par rapport à notre sujet, c'est qu'au commencement il n'y avait que i>ieu et l'eau, et que Dieu était porté sur les eaux' La ressemblance •iait avec le premier chapitre de la Genèse n'est pas difficile à remarquer.
; appris de plusieurs brames que, dans le troisième livre,
qu'ils nomment Samavedam, il y a quantité de préceptes de
morale ignement m'a paru avoir beaucoup de rapport
- moraux répandus dans l'Exode.
quatrième livre, qu'ils appellent Adorant ntient
rifices qu'on doit offrir, les qualités requises
dans les victimes, la manière de bâtir les temples, et les d
me l'on doit célébrer. Ce peut être là. sans trop deviner, uri" é' ;r les livres du Lé vi tique et du Deutéronomo.
ur qu'il ne manque quelque u parallèle, comme ce fut sur la (ai gne de.
Sinaï que Moïse recul la loi, ce fut aussi sur la célèl re montagne de Mahamerou que Bruma se trouva ave.- le Indiens. Cette montagne des Indes est celle que les Gn ! ils disent que Bacchns .'-t né, et qui a des Dieux. Les Indiens disent encore aujourd'hui que • st l'endroit où sonl placés leurs Choreamt ou les différents p iradis qu'ils r ut.
-t -d [tas juste, Monseigneur, qu'après avoir pari''
Moïse et de la loi, nous disions aussi quelques mots
Bur de ce grand prophète ? Je me trompe beaucoup,
on son histoire n*a pas été tout à fait Inconnue à iu>s indiens.
« L'Ecriture n<>us dit de Marie, qu'apri ige rairaco>
le la Mer le. uct" .lie assembla les femim a israélites, elle
prit des instruments de musique, et se ont a danseï
compta ifaanter la ' "lissant. Voici un
trait assez semblable que les Indiens racontent de leur fameuse
Lakmumi. Cette femme, adfcai bien que Marie mil r de Moïse,
sortit de la mer par m fut pas plo-
happée au' danger ou elle avait tté de périr, qu'elle fit
un bal magnifique, dans lequel tous les dieux et toutes les déesses dansèrent au son des instruments.
« Il me serait aisé, Monseigneur, en quittant les livres de Moïse, de parcourir les autres livres historiques de l'Ecriture, i ; de trouver dans la tradition de nos Indiens de quoi continuer ma comparaison ; mais je craindrais qu'une trop grande exactitude ne vous fatiguât : je me contenterai de vous raconte] encore une ou deux histoires qui m'ont le plus frappé et qui font le plus à mon sujet.
« La première qui se présente à moi est celle que les Indiens débitent sous le nom d' Arichandiren. C'est un roi de l'Ind( ancien, et qui, au nom et à quelques circonstances près, est, à le bien prendre, le Job de l'Ecriture.
« Les dieux se réunirent un jour dans leur Chorcam, ou si nous l'aimons mieux, dans le paradis des délices. Derendiren, le dieu de la gloire, présidait à cette illustre assemblée : il s'y trouva une foule de dieux et de déesses; les plus fameux pénitents y eurent aussi leur place, et surtout les sept principaux anachorètes.
« Après quelques discours indifférents, on proposa cette question : Si parmi les hommes il se trouve un prince sans défaut? Presque tous soutinrent qu'il n'y en avait pas un seul qui ne fût sujet à de grands vices, et Vichouva-Moutren se mit à la tête de ce parti ; mais le célèbre Vachichten prit un -sentiment contraire, et soutint fortement que le roi Arichandiren, sou disciple, était un prince parfait. Vichouva-Moutren, qui du génie impérieux dont il est, n'aime pas à se voir contredit, se mit en grande colère, et assura les dieux qu'il saurait bien leur faire connaître les défauts de ce prétendu prince parfait, si on voulait le lui abandonner.
« Le défi fut accepté par Vachichten, et l'on convint que celui des deux qui aurait le dessous céderait à l'autre tous les mérites qu'il avait pu acquérir par une longue pénitence. Le pauvre roi Arichandiren fut la victime de cette dispute. Vichouva-Moutren le mit à toutes sortes d'épreuves : il le réduisit à la plus extrême pauvreté ; il le dépouilla de son royaume ; il fit périr le seul fils qu'il eut ; il lui enleva sa femme Chandirandi.
« Malgré tant de disgrâces, le prince se soutint toujours dans la pratique de la vertu avec une égalité d'âme dont n'aurait pas été capables les dieux mêmes qui T'éprouvaient avec si peu do ménagements : aussi l'en récompensèrent-ils avec la plus grande magnificence. Les dieux l'embrassèrent l'un après l'autre ; il n'y eut pas jusqu'aux déesses qui lui firent leurs compliments. On lui rendit sa femme et on ressuscita son fils. Ainsi Vichouva-Moutren céda, suivant la convention, tousses mérites à Vachichten, qui en fit présent au roi Arichandiren; et le vaincu alla, fort à regret, recommencer une longue pénitence pour faire, s'il y avait moyen, bonne provision de nouveaux mérites.
« La seconde histoire qui me reste à vous raconter. Monseigneur, a quelque chose de plus funeste, et ressemble encore mieux à un trait de l'histoire de Samson que la fable d' Arichandiren ne ressemble à l'histoire de Job.
« Les Indiens assurent donc que teur dieu Ramen entreprit un jour de conquérir Geylan, et voici le stratagème dont ce conquérant, tout dieu qu'il était, jugea à propos de se servir. Il leva une
armée de singes, et leur donna pour général un singe distingué qu'ils nomment Anouman : il lui fit envelopper la queue de plusieurs pièces de toile, sur lesquelles on versa de grands vases d'huile ; on y mit le feu, et ce singe courant par les campagnes, au milieu des blés, des bois, des bourgades et des villes, porta l'incendie partout : il brûla tout ce qui se trouva sur sa route, et réduisit en cendres l'île presque tout entière. Après une telle expédition, la conquête n'en devait pas être fort difficile, et il c'était pas nécessaire d'être un dieu bien puissant pour en venir à bout.
« Je me suis peut-être trop arrêté, Monseigneur, sur la conformité de la doctrine des Indiens avec celle du peuple de Dieu; j'en serai quitte pour abréger un peu ce qui me resterait à vous dire sur un second point que j'étais résolu de soumettre, comme le premier, à vos lumières et à votre pénétration; je me bornerai à quelques réflexions assez courtes, qui me persuadent que les Indiens les plus avancés dans les terres ont eu, dès les premiers temps de l'Eglise, la connaissance de la religion chrétienne ; et qu'eux, aussi bien que les habitants de la côte, ont reçu les instructions de saint Thomas et des premiers disciples des apôtres.
« Je commence par l'idée confuse que les Indiens conservent encore de l'adorable Trinité qui leur fut autrefois prêchée. Je vous ai parlé, Monseigneur, des trois principaux dieux des Indiens, Bruma, Wishnou et Routren. La plupart des Gentils disent, à la vérité, que ce sont trois divinités différentes et effectivement béparées. Mais plusieurs nianigueuli, ou hommes spirituels, assurent que ces trois dieux, séparés en apparence, ne font réellement qu'un seul dieu : que ce dieu s'appelle Bruma lorsqu'il crée et qu'il exerce sa toute-puissance ; qu il s'appelle Wishnou lorsqu'il conserve les êtres créés, et qu'il donne les marques do sa bonté ; et qu'enfin il prend le nom de Routren, lorsqu'il détruit les villes, qu'il châtie les coupables, et qu'il fait sentir les effets de sa juste colère.
e 11 n'y a que quelgues années qu'un brame expliquait ainsi ce qu'il concevait de la fameuse Trinité des païens. Il faut, disait-il, se représenter Dieu et ses trois noms différents qui répondent à ses trois principaux attributs, à peu près sous l'idée de ces pyramides triangulaires qu'on voit élevées devant la porte de quelques temples.
« Vous jugez bien, Monseigneur, que je ne prétends pas vous dire que cette imagination des Indiens réponde fort juste à la vérité que les chrétiens reconnaissent; mais au moins fait-elle comprendre qu'ils ont eu autrefois des lumières [dus pures, et qu'elles se sont obscurcies par la difficulté que renferme un mystère si fort au-dessus de la faible raison des hommes.
« Les fables ont encore plus de part dans ce qui regarde le mystère de l'Incarnation ; mais, du reste, tous les Indiens conviennent que Dieu s'est incarné plusieur fois. Presque tous s'accordent à attribuer ces incarnations à Wishnou, le second dieu de leur Trinité. Et jamais ce dieu ne s'est incarné, selon eux, qu'en qualité de sauveur et de libérateur des hommes.
« J'abrège, comme vous le voyez, Monseigneur, autant qu'il m'est possible, et je passe à ce qui regarde nos sacrements. Les Indiens disent que le bain pris dans certaines rivières efface
entièrement les péchés, <t que *■- 1 1 •■ eau mystérieuse la\. seulement I - corps, mut purifie aussi Lee aines d'une manière admirable. Ne serait-ce point la UD reste d'idée qu'on leur aurait donné.; du sainl baptême .'
a Je n'avais rien remarqué sur la divine Eucharistie; mais un
brame converti me lit faire attention, il y a quelques années, à une circonstance assez considérable pour avoir ici sa place.
Les restes des sacrifices el Le riz qu'on distribue à manger dans les temples conservent! chez les Indiens, le nom de Prajadom. Ce mot indien signifie en notre langue divine prdçe, ai c'est ce que nous exprimons par le lermr grec i'.urliurislir
« il y a quelque enose de plus marqué sur la confession, et je omis. Monseigneur, devoir y donner un peu plus d'étendue.
a C'est une espèce de maxime parmi les Indiens. <pe celui qui confessera son péché <'u recevra Le pardon. Gfaira param il Tiroum Ils célèbrent une i'ète tous les ans pendant laquelle ils vont se confesser, sur le bord d'une rivière, afin que leurs péchés soient entièrement efGacés. l)ans le fameux sacidict ekiam, la femme de celui qui y préside est obligée de p c >Bfesser, de descendre dans le détail des fautes les plus humiliantes, et de déclarer jusqu'au nombre de ses pêches ».
Note G, page 75.
« La chronologie n'est qu'un amas de vessies remplies <i. vent; tous ceux qui ont cru y marcher sur un terrain solide sont tombés. Nous avons aujourd'hui quatre-Vingt^ systèmes, dont il n'y a pas un de vrai.
« Les Babyloniens disaient : Nous comptons qualr. soixante-treize mille années d'observations célestes. Vient un ' Parisien qui leur dit : Votre compte est juste; vos ane d'un jour solaire, elles reviennent a mille deux cent quatre* vingt-dix-sept des nôtres, depuis Atlas, roi d'Afrique, grand astronome, jusqu'à l'arrivée d'Alexandre à Babylone
y 11 fallait seulement que ce nouveau venu de Parie dit aux
Chaldéens : « Niais êtes des exagérateurs, et nos ançêti. « ignorants; les nations sont sujettes à trop de révolutions pour « conserver des quatre mille sept cent trente-six siècles de cal- « culs astronomiques, et, quant au roi des Maures, Atlas, p«r- « sonne ne sait en quel tempe il a vécu. Pythagore avait autant « de raison de prétendre avoir été ooq, que vous de VOUS van- « ter de l'art d'observation ». (VoWAJftS, <Jucstiu7ts enitjclojjéd., tome m, pige 59, arlic. Chronoloy.).
Note H, page 80.
Il est clair d'abord, et pour mille raisons, qu'on ne p-ui attribuer aux sauvages actuels de l'Amérique les rj rives du Scioto. En outre, toute* les peuplade qJ uni-
formément que. quand leurs aïeux arrivèrent dans l'Otiael pour s'établir dans la solitude, ils y trouvèrent les ruines ui! nous les voyons aujourd'hui.
ient-ce des m uminents mexicains? Mais on n'a rien trouvé de semblable au Mexique, ni mémo au Pérou; mais ces monuments paraissent avoir exigé le fer, et des arts plus avancés
qu'ils ne l'étaient dans les deux empires du Nouveau -Monde: enfin la domination de Montézume ne s'étendait pas si loin à l'Orient, puisque, quand les Natchez et les Chicassas quittèrent le Nouveau-Mexique, vers le commencement du seizième siècle, ils ne rencontrèrent sur les bords du Mescliacebéi que des hordes vagabondes et libres.
On a voulu donner ces espèces de fortifications à Ferdinand de Soto. Quelle apparence que cet Espagnol, suivi d'une po d'aventuriers, et qui n'a passé que trois ans dans les Flond< jamais eu assez de bras et de loisir pour élever ces énorme* ouvrages ? D'ailleurs, la forme des tombeaux, et moine de plusieurs parties des ruines, contredit les mœurs et les arts européens. Ensuite c'est un fait certain que le conquérant de lu Floride n'a pas pénétré plus avant que Chattafallai, village des Chicassas. sur l'une des branches de la Maubile. Enfin cet monuments prennent leurs racines dans des jours beaucoup plus reculés que ceux où l'on a découvert l'Amérique. Nous avons vu sur ces ruines un chêne décrépit qui avait poussé sur les débris d'un autre chêne tombé à ses pieds, et dont il ne restait plus que .lY'Corce; celui-ci, à son tour, s'était élevé sur un troisième, et ce troisième sur un quatrième. L'emplacement des deux derniers se marquait encore par l'intersection des deux cercles d'un aubier rouge et pétrifié, qu'on découvrait à fleur de terre, en écartant un épais humus composé de feuilles et de mousses. Accordez seulement trois siècles de vie à ces quatre chênes successifs, et voilà une époque de douze cents années que la nature a gravée sur ces ruines.
Si nous poursuivons cette dissertation historique (qui toute fois ne conclut rien en faveur de l'antiquité des hommes , nous verrons qu'on ne peut former aucun système raisonnable sur le peuple qui - anciens monuments. Les chroniqi:
Welches parlent d'un certain Madoc, fils d'un prince de G qui. mécontent de son pays, s'embarqua en 1170, fit voile à l'ouest en laissant l'Irlande au nord, découvrit une contrée f< rtile, revint en Angleterre, d'où il repartit avec douze vaisseaux pour la terre qu'il avait trouvée Ou prétend qu'il existe encorv les sources du Missouri, des sauvages blancs qui parlent le * - . - 1 1 . . et qui sont chrétiens. Que Madoc et sa colonie, supposé qu'ils aient abordé au Nouveau-Monde, n'aient pu construire les immenses ouvrages de l'Ohio, c'est, je pense, ce qui n'a pas besoin de discussion.
Vers le milieu du neuvième siècle, les Danois, alors lnavigateurs, découvrirent l'Islande, d'où ils passer» utà me l'ouest, qu'ils nommèrent Vmlmmae*, à cause de la quantité d< vignes dont les boi6 étaient remplis. On ne peut gpere douta que ce continent ne fût l'Amérique, et que ket Ihjhji—h du
1. Père barbu des pleuves, vrai nom du Mississipi ou llécha&sipi. On peut voir, sur ce que non> disons ici, Duprat, ûfarri !*oix, etc„ et les derniers voyageurs en Amérique, tels que bertruin. Imi
Nous parlons aussi d'après ce que nous avons appas nous-nième sur les lieux.