ET MENTS
encore. Il t si certain, d'ailleurs, qu'un culte qui n'admet qu'un seul Dieu doit s'unir étroitement a la morale, parce qu'il est uni à la vérité, tandis qu'un culte qui reconnaît la pluralité des dieux, s'écarte nécessairement de la morale, en se rapprochant de l'erreur.
Quant à ceux qui font un crime au christianisme d'avoir ajouté la force morale à la force religieuse, ils trouveront ma réponse dans le dernier chapitre de. cet ouvrage, où je montre qu'a?* défaut de V esclavage antique, les peuples modernes doivent avoir un frein puissant dans leur religion.
Note P, page 216.
Voici quelques fragments que nous avons retenus de mémoire, et qui semblent être échappés à un poète grec, tant ils sont pleins du goût de l'antiquité :
Accours, jeune Chromis, je t'aime, et je suis belle, Blanche comme Diane, et légère comme elle. Comme elle grande et fière : et les bergers, le soir, Lorsque, les yeux baissés, je passe sans les voir, Doutent si je ne suis qu'une simple mortelle, Et, me suivant des yeux, disent : Comme elle est belle: Néère, ne va point te confier aux flots, De peur d'être déesse, et que les matelots N'invorpient, au milieu de la tourmente amère, La blanche Calatée et la blanche Néère.
Une autre idylle, intitulée le Malade, trop longue pour être citée, est pleine des beautés les plus touchantes Le fragment qui suit est d'un genre différent, par la mélancolie dont il est empreint; on airait qu'André Cnénier, en le composant, avait un pressentiment de sa destinée :
Souvent las d'être esciave et de boire la lie
De ce calice amer que l'on nomme la vie ;
Las du mépris des sots qui suit la pauvreté,
Je regarde la tombe, asile souhaité';
Je souris a la mort volontaire et prochaine;
Je la prie, en pleurant, d'oser rompre ma chaîne.
Le fer libérateur, qui percerait mon sein,
Déjà frappe mes jreux, et frémit sons ma main,
El puis mon cœur s'écoute et s'ouvre a la faiblesse
Mes parents, mes amis, l'avenir, ma jeunesse,
Mes écrits imparfaits, car a ses propres veux
L'homme sait se cacher d'un voile spécieux.
A quelque noir destin qu'elle SOil asservie,
D'une étreinte invincible il embrasse la vie,
Et va chercher bien loin, plutôt que de mourir,
Quelque prétexte ami pour vivre et pour souffrir.
Il a souffert, il souffre: aveugle d'espérance
Il se traîne au tombeau de souffrance en souffrance.
Et la mort, de nos maux ce remède si doux,
Lui semble un nouveau mal, le plus cruel de tons.
Les écrits de ci; jeune homme, ses connaissances variéi courage, sa noble proposition h M. de Blalesherbes, ses melheurs et sa mort, tout sert à K-pandre le plus vif intérêt sur sa mémoire. 11 est remarquable que la France a perdu, sur la fin du dernier siècle, trois beaux talents à leur aurore : Malfilâtre,
30 i NOTES
Gilbert et André Ghénier; les deux premiers sont morts do misère, le tr«>isi.
Notf. O. ; Nous lie voulons qu*éelaircir ce mol descriptif afin qu'on ne l'interprète pas dans un sens m que nous lui
donnons. Quelques p ion, faute d'avoir bien compris ce <|u<' noi tainemenl les poètes d< l'antiquit* riplife;
il serait absurde de le nier, surtout si l'on donne la plus grandi extension à l'expression, et qu'on entende par là des <i tions de vêtements, de repas, d'armées, de cérémonies, te., etc.; mais ce genre de description est totalement différent du en général, les anciens ont peint les ns les
choses: Virgile décrit la maison rustique, Théocïîte et Thomson les bois et les déserts. Quand les Grecs et tins ont dit quelques mots d'un paysage, ce n'a jan pour y placer des pefi et faire rapidement un fond i
tableau: mais ils n'ont jamais représenté nuemetit.comme non-, les fleuves, les montagnes et les forets : c'est tout ce que nomprétendons dire ici. Peut-être objeetera-t-on que les anciens avaient raison de regarder la poésie descriptive comme l'obj» accessoire, et non comme l'objet principal du tableau : je le pense aussi, et l'on a fait de nos jours un étnuaf genre descriptif; mais il n'en est pas moins vrai que c'est un moyen de plus entre nos mains, et qu'il a étendu la sph> images poétiques, sans nous priver de la peinture des mœurs et des passions, telle qu'elle existait pour les anciens.
Note R, page 232.
poésies sanscrite*. Sacountala.
Ecoutez, ô vous arbre6 de cette forêt sacrée ! écoutez, et pleurez le départ de Sacountala pour le palais de l'époux : Sacountala, celle qui ne buvait point l'onde pure avant d'avoir arrosé VOS celle qui, par tendresse pour vous, ne détacha jamais une seule feuille de votre aimable verdure, quoique ses beaux cheveux en demandassent une Buirtaude; celle, qui mettait le plus grand de tous ses plaisirs dans cette saison qui entremêle d fleurs vos flexibles rameaux !
Chœur des Nymphes des bois.
Puissent toutes les , s accompagner ses pai
les brises légères disperser, pour ses délices, la poussière <«\<" rante des fleurs ! puisant les lacs d'une eau claire 1 1 veréoyanl sous les feuilles du i ifraichir dans sa marche! puis-
sent de doux <>nibr.iL"'s la défendre ées rayons brûlants du soleil ! (Robertson's Indie^.