PREMIÈRE PARTIE
heureux s'il se divise ; et, comme Dieu qui le fit à son image, son àme cherche sans cesse à concentrer en un point le passé, le présent et l'avenir1.
Voilà ce que nous avions à dire sur les sacrements d'Ordre et de Mariage. Quant aux tableaux qu'ils retracent,, il serait superflu de les décrire. Quelle imagination a I qu'on l'aide à se représenter ou le prêtre abjurant les jmes de la vie pour se donner aux malheureux, ou la jeun se vouant au silence des solitudes pour trouver le silence du cœur, ou les époux promettant de s'aimer au pied des autels? L'épouse du chrétien n'est pas une simple mortelle; c'est un être extraordinaire, mystérieux, angélique: c'est la chair de la chair, le sang du sang de son époux. L'homme, en s'unissant à elle, ne fait que reprendre une partie de sa substance: son àme ainsi que son corps sont incomplets sans la femme : il a la force; elle a la beauté : il combat l'ennemi et laboure le champ de la patrie; mais il n'entend rien aux détails domestiques, la femme lui manque pour apprêter son repas et son lit. Il a des chagrins, et la compagne de ses nuits est là pour les adoucir; ses jours sont mauvais et troublés, mais il trouve des bras chastes dans sa couche, et il oublie tous ses maux. Sans la femme, il serait rude, grossier, solitaire. La femme suspend autour de lui les fleurs de la vie, comme ces lianes des forêts qui décorent le tronc des chênes de leurs guirlandes parfumées. Enfin, l'époux chrétien et son épouse vivent, renaissent et meurent ensemble; ensemble ils élèvent les fruits de leur union; en poussière ils retournent ensemble, et se retrouvent ensemble par delà les limites du tombeau.