AMiiftoa., de Qfî., cap. xxxv
celle d'un autre homme, ne soit capable d'exécuter. Ce qui prouve que les plus emmentes vertus, quand on lea sépare le Dieu, et qu'on les veul prendre dans leurs simples rapports moraux, touchent de près aux plus grands rii [es philosophes avaient fait cette observation, ils seraient pas tant donné de peine pour fixer les limites du bien et du mal. Le christianisme n'a pas eu besoin, comme Aristote, d'inventer une échelle, pour y placer ingénii ment une vertu entre deux vices ; il a tranché la difficulté d'une manière sûre, en nous montrant que les vertus ne sont des vertus qu'autant qu'elles refluent vers leur source, c'est-à-dire vers Dieu.
Celte vérité nous restera assurée si nous appliquons la foi à ces mêmes affaires humaines, mais en la faisant survenir par l'entremise des idées religieuses. De la foi vont naître les vertus' de la société, puisqu'il est vrai, du consentement unanime des sages, que le dogme qui commande de croire en un Dieu rémunérateur et vengeur est le plus ferme soutien de la morale et de la politique.
Enlin, si vous employez la foi à son véritable usage1, si vous la tournez entièrement vers le Créateur, si vous en faites l'œil intellectuel par qui vous découvrez les merveilles de la Cité sainte et l'empire des existences réelles, si elle sert d'ailes à votre âme, pour vous élever audessus des peines de la vie, vous reconnaîtrez que les Livre? saints n'ont pas trop exalté cette vertu, lorsqu'ils ont pailé des prodiges qu'on peut faire avec elle. Foi céleste ! foi consolatrice! tu fais plus que de transporter les montagnes, tu soulevés les poids accablants qui pèsent sur le cœur de î'hom