‹ Le génie du christianisme (volume 3)Chapitre 46 sur 307 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

Jésus-Christ seul pouvait enseigner au monde que la foi, l'espérance et la charité sont des vertus qui conviennent à l'ignorance comme à la misère de l'homme.

C'est une prodigieuse raison, sans doute, que celle qui nous a montré dans la foi la source des vertus. Il n'y a de puissance que dans la conviction. Un raisonne m en 1 fort, un poème n'est divin, une peinture n'est bel! > parce que l'esprit ou l'œil qui en juge est convaincu certaine vérité cachée dans ce raisonnement, ce poèm tableau. Un petit nombre de soldats persuadés de l'habileté de leur général peuvent enfanter des miracles. 1 : cinq mille .Grecs suivent Alexandre à la conquête du m Lacédémone se confie en Lycurgue, et Lacédémone < la plus sane des cites ; Babylone se présume faite po grandeurs, et les grandeurs se prostituent à sa foi daine: un oracle donne la terre aux Romains Romains obtiennent la terre ; Colomb, seul de tout ur monde, s'obstine à croire a un nouvel univers ; et un nouvel univers sort des flots. L'amitié, le patriotisme, l'amour, tous les sentiments nobles, sont aussi une espèce C'est parce qu'ils ont cru que les Codrus, les Pylade, les Régulus, les Arrie, ont fait des prodiges. Et voil ces cœurs qui ne croient rien, qui traitent d'il] attachements de l'àme, et de folies les belles ai regardent en pitié l'imagination et la tendresse du g voilà pourquoi ces cœurs n'achèveront jamais rien de de généreux : ils n'ont de foi que dans la matière et dans la mort, et ils sont déjà insensibles comme l'une, et glacés comme l'autre.

Dans le langage de l'ancienne chevalerie, bailler sa foi, de tous les prodiges de l'honneur. Roland, Du Guesclin, Bavard, étaient de féaux chevaliers, e1 les champs de Roncevaux, d'Auray, de Bresse, les descendants tfaures, des Anglais, «i«-:s Lombards, disent encore aujourd'hui quels étaient ces hommes qui prêtaient foi et hommage à leur Dieu, leur dame et leur roi. Que d' antiques et touchantes s'attachent à notre seul mot d.' foyer, dont l'étymologie est si remarquable 1 Citerons-nous les martyrs, « ces héros qui, selon saint Ambroise, sans armées, sans légions, ont vaincu les tyrans, adouci les lions, ôté au feu sa violence, et au glaive sa pointe1 »? La foi n envisagée sous ce rapport, est une force si terrible, qu'elle bouleverserait le monde, si elle était appliquée à dea perverses. Il n'y a rien qu'un homme, sous le joug d'une persuasion intime, et qui soumet sans condition sa raison à

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