PREMIÈRE PARTIE
ta servante, ni ton chameau, ni ton hôte, devant tes portes; caren six jours Jéhovah lit les merveilleuses eaux supérieures1, la terre el la mer, et tout c I en
elles, el se reposa le septième: or Jéhovah le bénit et le sanctifia.
5 Honore ton père et ta mère, afin que tes jours soient longs sur la terre, et par delà la terre qi.e Jéhovah, tes
'•, t'a donnée.
6 Tu ne tueras point.
7 Tu ne seras point adultère.
8 Tu ne voleras point.
9 Tu ne porteras point contre ton voisin un faux témoign
10 T ireras point la maison de ton voisin, ni la
ie ton voisin, ni son serviteur, ni sa sen ni son hœuf, ni son àne, ni rien de ce qui est à voisin.
Voilà les lois que l'Eternel a gravées, non seulement sur la pierre de Sinaï, mais encore dans le cœur de l'homme. On est frappé d'ahord du caractère d'universalité qui discette table divine des tables humaines qui 1 . C'esl ici la loi de tous les peuples, de tous 1 mats, de lousles temps. Pythagore et Zoroastre s'adi à des Grec» et à des Mèdes; Jéhovah parle à tous les iiommes: on reconnaît ce père tout-puissant qui veille sur B ion, et qui laisse également tomber de sa main le le blé qui nourrit l'insecte, et le soleil qui l'éclairé. Rien n'est ensuite plus admirable, dans leur simplicité pleine de justice, que ces lois morales des Hébreux. Les
ont recommandé d'honorer les auteurs de nos j Solon décerne la mort au mauvais fils. Que fait D;
la piété filiale. Ge commandement est prii k la sa irce même de la nature. Dieu fait un précepte d« l'amour filial; il n'en fait pas un de l'amour paternel; ii savait que le fils, en qui viennent se réunir les souvenirs et les espérances du père, ne serait souvent que trop aimé de • -nier : mais au fils il commande d'aimer, car il connaissait l'incmstance et l'orgueil de la jeunesse.
A la force du sens interne se joignent, dans le Décal comme dans les autres œuvres du Tout-Puissant, la m
4. Cette traduction est loin de donner une Idée de la m igniflceoce du texte, shamajim est une sorte de cri d'admiration, comme la
voix d'un peuple qui, en regardant le firmament, s'écrierait : Voyez ces eaux miraculeuses suspendues en voûtes sur nos têtes ! ces ristai et de diamant : On ae peut rendre en français, dans ia traduction d'une loi, cette poésie qu'exprime un seul mot.
C2 GÉNIE Dl CHRISTIANISME
et la grâce des formes. Le Brahmane exprime lentement les trois présences de Dieu; le nom de Jéhovah les énonce en un seul mot; ce sont les trois temps du verbe être% unis par une combinaison Bublime: kavah^ il lut; hovahj étant, ou il ; j<\ qui, lorsqu'il Be trouve placé devant les trois lettres radicales d'uu verbe, indique le futur, en hébreu, U sera.
Enfin, les législateurs antiques ont marqué dans leurs les époques des fêtes des nations; mais le jour du repos d'Israël est le jour même du repos de Dieu. L'Hébreu, et son héritier le Gentil, dans les heures de BÔn obscur travail, n'a rien moins devant les yeux que la création sive de l'univers. La Grèce, pourtant si poétique, n'a jamais songé à rapporter les soins du laboureur ou de l'artisan a ces fameux instants où Dieu créa la lumière, traça >ute au soleil, et anima le cœur de l'homme.
Lois de Dieu, que vous ressemblez peu à cell* ~ hommes! Eternelles comme le principe dont vous êtes émanées, c'est en vain que les siècles s'écoulent; vous résistez aux siècles, à la persécution, et à la corruption même des peuples. Cette législation religieuse, organisée au sein des législations politiques (et néanmoins indépendante de leurs destinées), est un grand prodige. Tandis que les formes des royaumes passent et se modifient, que le pouvoir roule de main en main au gré du sort, quelques chrétiens, restés fidèles au milieu des inconstances de la fortune, continuent d'adorer le même Dieu, de se soumettre aux mêmes lois, sans se croire dégagés de leurs liens par les révolutions, le malheur et l'exemple. Quelle religion dans l'antiquité n'a pas perdu son inlluence morale en perdant ses prêtres et ses sacrifices? Où sont les mystères de l'antre de Trophonius et les secrets de Gérès-Eleusine? Apollon n'est-il pas tombé avec Delphes, Baal avec Babylone, Sérapis avec Thèbes, Jupiter avec le Capitole? Le christianisme seul a souvent vu s'écrouler les édifices célébraient ses pompes sans être ébranlé de la chute. Jésus- Christ n'a pas toujours eu des temples, mais tout esl temple au Dieu vivant, et la maison des morts, et la caverne de la montagne, et surtout le cœur du juste; Jésus-Chi isl n'a pas toujours eu des autels de porphyre, des chaires de cèdre et d'ivoire, et des heureux pour serviteurs : mais une pierre au déserl Buffit pour y célébrer ses mystères, un arbre pour y prêcher ses lois, et un lit d'épines pour y pratiquer ses vertus.