‹ Le génie du christianisme (volume 3)Chapitre 56 sur 307 · SUPÉRIORITÉ DE LA TRADITION DE MOÏSE SUR TOUTES LES AUTRES COSMOGONIES · texte numérisé non relu

SUPÉRIORITÉ DE LA TRADITION DE MOÏSE SUR TOUTES LES AUTRES COSMOGONIES

Il y a des vérités que personne ne conteste, quoiqu'on n'en puisse fournir des preuves immédiates : la rébellion et la chute de l'esprit d'orgueil, la création du monde, le bonheur primitif et le péché de l'homme, sont au nombre de ces vérités. Il est impossible de croire qu'un mensonge absurde devienne une tradition universelle. Ouvrez les livres du second Zoroastre, les dialogues de Platon et ceux de Lucien, les traités moraux de Plutarque, les fastes des Chinois, la Bible des Hébreux, les Edda des Scandinaves; transportez-vous chez les Nègres de l'Afrique1, ou chez les savants prêtres de l'Inde : tous vous feront le récit des crimes du dieu du mal; tous vous peindront les temps trop courts du bonheur de l'homme, et les longues calamités qui suivirent la perte de son innocence.

Voltaire avance quelque part que nous avons la plus méchante copie de toutes les traditions sur l'origine du monde et sur les éléments physiques et moraux qui le comp. Préfère-t-il donc la cosmogonie des Egyptiens, le grand œuf ailé des prêtres de Thèbes2? Voici ce que débite gravement le plus ancien des historiens après Moïse.

i Le principe de l'univers était un air sombre et tempétueux, un vent fait d'un air sombre et d'un turbulent chaos. Ce principe était sans bornes, et n'avait eu, pendant longtemps, ni limite, ni figure. Mais quand ce venl devînt amoureux de ses propres principes, il en résulta une mixtion, et cette mixtion fut appelée désir ou amour.

\. Voyez la notf» F, à la fin du volume. 2. HEho;»., lito. ii ; Diod. Sic.

Ci- GÉNIE DU CIIRISTIANi

« Cette mixtion étant complète, devinl le commencement de toutes choses; mais le vent ne connaissait poinl son propre ouvrage, ta mixtion. Celle-ci engendra a son tour, avec le veut son père, mât ou le Kmon, el de celui-ci sortirenl toutesles générations de l'univers1 *.

Si nous passons aui philoso . Thaïes,

de la secte Ionique, reconnaissait l'eau comme principe universel2. Platon prétendait que la Divinité avait arrangé le monde, mais qu'elle n'avait pu In créer3. Dieu, dit-il, a formé l'univers d'après ]«■ modèle existant de toute éternité en lui-même*. Les objets visibles no sont que les ombres <les idées de Dieu, seules véritables substances5. Dieu ti! <M! outre couler un souffle de sa vie dans les êtres. Il en composa un troisième principe à la fois esprit <t matière, et ce principe est appelé V âme du monrlt'r'.

Aristote raisonnait comme Platon sui e de l'uni-

niais il imagina le beau système de la cli : des 'très; e!, remontant d'action en action, il pi' ïte quelque part un premier mobi]

Zério Lait que le monde s'arrangea par sa propre

^nergie ; que la nature est ce tout qui comprend tout ; que ce tout se compose de deux principes, l'un actif, l'autre passif, non existant séparés, mais unis ensemble ; q deux principes sont soumis à un troisième, la fatalité; que Dieu, la matière, la fatalité, ne font qu'un ; qu'il com] osenl à la fois les roues, le mouvement, les lois de1 et obéissent comme parties aux lois qu'ils dictent comme tout 8.

Selon la philosophie d'Épicure, l'univers existe de toute éternité. Il n'y a que deux choses dans la nature, le corps et le vide9.

Les corps se composent de l'aeréçation de parties '!>■ matière infiniment petites, les atomes, qui ont un mouvement interne, la gravité : leur révolution se ferait dans le

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