PREMIÈRE PARTIE
plan vertical, si, par une loi particulière, ils ne décrivaient une ellipse dans le ?ide l.
Epicnre supposa ce mouvement de déclinaison, pour éviter le système des fatalistes, qui se reproduirait par le mouvement perpendiculaire de l'atome. Mais l'hypothèse est absurde : car, si îa déclinaison de l'atome est une loi, elle est de nécessité, et comment une cause obligée produira-t-i lie un effet libn
:. les étoiles, les plantes, les minéraux, les animaux, en y comprenant l'homme, naquirent du concours fortuit de ces atomes ; et lorsque la vertu productive du giobe se fut évaporée, les races vivantes se perpétuèrent par la génération2.
Les membres des animaux, formés au hasard, n'avaient aucune destination particulière : l'oreille concave n'était point creusée pour entendre, l'œil convexe arrondi pour voir ; mais, ces organes se trouvant propres à ces différents -. les animaux s'en servirent machinalement et de préférence à un autre sens3.
Après l'exposition de ces cosmogonies philosophiques, il serait inutile de parler de celles des poètes. Qui ne connaît Deucalion et Pyrrha, l'âge d'or et l'âge de fer? Quant aux traditions répandues chez les autres peuples de la terre : dans l'Inde un éléphant soutient le globe ; le soleil a tout fait au Pérou ; au Canada le grand lièvre est le père du monde ; au Groenland l'homme est sorti d'un coquillage* ; enlin la Scandinavie a vu naître Askus et Emla ; Odin leur donna l'àme, Hœnerus la raison, et Lœdur le sang et la beauté :
Askum et Emlam, omni conatu destitutos, Animam nec possidebant. rationem nec habebant, Nec languinem, nec sermnnem, nec faciem venustam : Animam dédit Odinus, rationem dédit Hœnerus ; Lœdur sanguinem addidit et faciem venustam •.
Dans ces diverses cosmogonies, on est placé entre des contes d'enfants et des abstractions de philosophe : si l'on était obligé de choisir, mieux vaudrait encore se décider pour les premiers.