‹ Le génie du christianisme (volume 3)Chapitre 66 sur 307 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

On a dit que la chronologie est le flambeau de l'histoire * : plût à Dieu que nous n'eussions que celui-là pour nous r sur les crimes des hommes! Que serait-ce si, pour surcroît de perplexité, nous allions nous engager dans les les, les ères ou les époques? La période victorienne, qui parcourt cinq cent trente-deux années, est formée de la multiplication des cycles du soleil et de la lune. Les mêmes cycles, multipliés par celui d'indiction, produisent les sept mille neuf cent quatre-vingts années de la période juihnne. La période de Constantinople, à son tour, renferme un égal nombre d'années à celui de la période julienne, mais ne commence pas à la même époque. Quant aux ères, ici on compte par Tannée de la création2, là par olympiade3, par la fondation de Rome4, par la naissance de Jésus-Christ, par l'époque d'Eusèbe, par celle des Séleucides5, celle de Nabonassar6, celle des martyrs 7. Les Turcs ont leur hégire8, les Persans leur yezdegerdic9. On compute encore par les ères julienne, grégorienne, ibérienne10 et actienne^.Nous ne parlerons point des marbres d'Ànîndel, des médailles et des monuments de toutes les sortes, qui introduisent de nouveaux désordres dans la chronologie. Est-il un homme de bonne foi qui, en jetant seulement" un coup d'œil sur ces pages, ne convienne que tant de manières indécises de calculer les temps suffisent pour faire de l'histoire un épouvantable chaos? Les annales des Juifs, de l'aveu même des savants, sont les seules dont la chronologie soit simple, régulière et lumineuse. Pourquoi donc aller, par un zèle ardent d'im- . se consumer l'esprit sur des chicanes de temps, aussi qu'indéchiffrables, lorsque nous avons le lil le plus 'i pour nous guider dans l'histoire? Nouvelle évidence en faveur des Ecritures.

i. Voyez la note G, à la fin du volume.

2. Cette époque se subdivise en grecque, juive, alexandrine, etc.

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