Ps. xviu, v
its 'le la création nouvelle, les premiers humains iien1 se jouer autour d'eux leurs familles et leurs irou- ;x. Heureux jusqu'au fond de l'âme, une prévoyance inutile ne détruisait point feur bonheur. Dans le départ des oiseaux de l'automne ils ne remarquaient point la lui des années, et la chute des feuilles ne les avertissait que du retour des trimas. Lorsque le coi. 'au prochain avait donné toutes ses herbes à leurs brebis, montés sur leurs chariots couverts de peaux, avec leurs fils et leurs épouses, ils allaient à travers les bois chercher quelque fleuve ignoré, où la fraîcheur des ombrages et la beauté des solitudes les invitaient à se fixer de nouveau.
Mais il fallait une boussole pour se conduire dans ces forêts sans chemins, et le long de ces fleuves sans navigateurs ; on se confia naturellement à la foi des étoiles : on se dirigea sur leurs cours. Législateurs et guides, ils réglèrent la tonte des brebis, et les migra'ions lointaines. Chaque famille s'attacha aux pas d'une constellation ; chaque astre marchait à la tête d'un troupeau. A mesure que les pasteurs se livraient à ces études, ils découvraient de nouvelles lois. En ce temps-là, Dieu se plaisait à dévoiler les routes du - leil aux habitants des cabanes, et la fable raconta qu'Apollon était descendu chez les bergers.
De petites colonnes de briques servaient à conserver le •souvenir des observations: jamais plus grand empire n'eut une histoire plus simple. Avec le même instrument dont il avait percé sa flûte, au pied du même autel où il avait immolé le chevreau premier-né, le pâtre gravait sur un rocher ses immortelles découvertes. Il plaçait ailleurs d'autres témoins de cette pastorale astronomie; il échangeait d'annales avec le firmament ; et, de même qu'il avait écrit les fastes des étoiles parmi ses troupeaux, il écrivait les fastes de ses troupeaux parmi les étoiles. Le soleil, en voyageant, ne se reposa plus que dans les bergeries : li taureau annonça par ses mugissements le passage du Père du jour, et le bélier l'attendit pour le saluer au nom de maître. On vit au ciel des vierges, des enfants, des épiblé, des instruments de labourage, des agneaux, et jusqu'au chien du berger : la sphère entière devint comme une grande maison rustique habitée par le pasteur des hommes.
Ces beaux jours s'évanouirent; les hommes en gardèrent une mémoire confuse dans ces histoires de Vége d'or, où l'on trouve le règne des astres mêlé à celui des troupeaux. L'Inde est encore aujourd'hui astronome et pastorale, comme l'Egypte l'était autrefois. Cependant, avec la corruption naquit la propriété, et avec la propriété la mensuion, second âge de l'astronomie. Mais, par une destinée