‹ Le génie du christianisme (volume 3)Chapitre 89 sur 307 · NIDS DES OISEAUX · texte numérisé non relu

NIDS DES OISEAUX

Une admirable Providence se fait remarquer dans les nids des oiseaux. On ne peut contempler sans être attendri cette bonté divine qui donne l'industrie au faible, et la prévoyance à l'insouciant.

Aussitôt que les arbres ont développé leurs fleurs, mille ouvriers commencent leurs travaux. Ceux-ci portent de longues pailles dans le ;rou d'un vieux mur, cnix-la maronnent des bâtiments aux fenêtres d'une église; d'autres dérobent un crin à une cavale, ou le brin de laine que la brebis a laissé suspendu à la ronce. Il y a des bûcherons qui croisent des branche? dans la cime d'un arbre; il y a des iilandières qui recueillent la soie sur un chardon. Mille ; s'élèvent, et chaque palais est un nid ; chaque nid v métamorphoses charmantes : un œuf brillant, ensuite un petit couvert de duvet. Ce nourrisson prend des plumes ; sa loi apprend à se soulever sur sa couche. Bientôt il va jusqu'à se percher sur le bord de .-on berceau, d*oii il jette un premier coup d'oeil sur la nature. Effrayé et ravi, il se précipite parmi ses frères, qui n'ont point encore vu ce

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spectacle ; mais, rappelé par la voii de ses parents, il sort une seconde fois de sa couche, et ce jeune roi de? airs, qui porte encore la couronne de l'enfance autour de sa tète, ose déjà contempler le vaste ciel, la cime ondoyante des pins et les abîmes de verdure au-dessous du chènepaternel. urtant. tandis que les forêts se réjouissent en recevant leur nouvel hôte, un vieil oiseau, qui se sent abandonné de

es, vient s'abattre auprès d'un courant d'eau ; là, gné et solitaire, il attend tranquillement la mort au bord du même fleuve où il chanta ses amours, et dont les arbres nt encore son nid et sa postérité harmonieuse.

C'est ici le lieu de remarquer une autre loi de la nature. Dans la classe des petits oiseaux, les œufs sont ordinairement peints d'une des couleurs dominantes du mâle. Le bouvreuil niche dans les aubépines, dans les groseillers et dans les buissons de nos jardins; ses œufs sont ardoisés comme la chape de son dos. Nous nous rappelons avoir trouvé une fois un de ces nids dans un rosier ; il ressemblait à une conque de nacre, contenant quatre perles bleues: une rose pendait au-dessus, toute humide : le bouvreuil mâle se tenait immobile sur un arbuste voisin, comme une fleur de pourpre et d'azur. Ces objets étaient répétés dans l'eau d'un étang avec l'ombrage d'un noyer, qui servait de fond à la scène, et derrière lequel on voyait se lever l'aurore. Dieu nous donna dans ce petit tableau une idée des grâces dont il a paré la nature.

Parmi les grands volatiles, la loi de la couleur des œufs varie. Nous soupçonnons qu'en générai l'œuf est blanc chez les oiseaux où le mâle a plusieurs femelles, ou chez ceux dont le plumage n'a point de couleur fixe pour l'espèce. Dans les classes aquatiques et forestières, qui l'ont leurs nids les unes sur les mers, les autres dans la cime des arbres, l'œuf est communément d'un vert bleuâtre, et pour ainsi dire teint des éléments dont il est environné. Certains oiseaux qui se cantonnent au haut des tours et dans les clochers ont des œufs verts comme des lierres1, ou rougeàtres comme les maçonneries qu'ils habitent2. C'est donc une loi qu- ["ut passer pour constante, que l'oiseau étale sur son œur la livrée de ses amours et le symbole de 6es mo'urs et de ses destinées. On peut, au seul aspect de ce monument , dire à peu près quel était le peuple auquel il a • nu, quels étaient son costume, ses habitude : s'il passait des jours de danger sur les mers, ou si, plu.- heureux, il menait une vie pastorale : s'il était civilisé

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