OISEAUX AQUATIQUES; LEURS MOEURS. BONTÉ DE LA PROVIDENCE
On connaît ces vers charmants de Racine le fils sur les migrations des oiseaux :
Ceux qui, de nos hivers redoutant le courroux, Vont se réfugier dans des climats plus doux, Ne laisseront jamais la saison rigoureuse Surprendre parmi nous leur troupe paresseuse. Dans un sage conseil par les chefs assemblé, Du départ général le grand jour est réglé ; Il arrive; tout part : le plus jeune peut-être Demande, en regardant les lieux qui l'ont vu naître, Quand viendra ce printemps par qui tant «l'exilés Dans les champs paternels se verront rappelés.
Nous avons vu quelques infortunés à qui ce dernier trait faisait venir les larmes aux yeux. Il n'en est pas des exils que la nature prescrit, comme des exils commandés par les hommes. L'oiseau n'est banni un moment que pour son bonheur; il part arec ses voisins, avec son père et sa mère, avec ses sœurs et ses frères; il ne laisse rien après lui: il emporte tout son cœur. La solitude lui a préparé le vivre et le couvert; les bois ne sont point armés contre lui; il retourne enfin mourir aux bords qui l'ont vu naître : il y retrouve le fleuve, l'arbre, le nid, le soleil paternel. Mais le mortel chassé de ses foyers y rentre-t-il jamais? Hélas ! l'homme ne peut dire en naissant quel coin de l'univers