PREMIERE PARTIE
gardera ses cendres, Di de quel côté le souffle de l'adversité
«itéra. Encore si on le laissait mourir tranquille! mais
>t qu'il est malheureux, tout le persécute : l'injuslice
uliére dont il est l'objet devient une injustice générale.
H ne trouve pas, ainsi que l'oiseau, l'hospitalité sur la route:
ppe, et l'on n'ouvre pas ; il n'a, pour appuyer ses os l'ali-
. que la colonne du chemin public, ou la borne de
que héritage. Souvent même on Jui dispute ce lieu de n pos
■■lacé entre deux champs, semblait n'appartenir anime : on le force à continuer sa route vers de nouveaux ban qui l'a mis hors de son pays semble l'avoir lis hora du inonde. U meurt, et il n'a personne peur i'enîvelir. Son corps gît délaissé sur un grabat, d'où le juge ■ lige de le faire enlever, non comme le corps d'un e, mais comme une immondice dangereuse aux ,'vants. Ah ! plus heureux lorsqu'il expire dans quelque u Lord d'une grande route, et que la charité du Samaritain jette en passant un peu de terre étrangère sur ce, -adavie ! N'espérons donc que dans le ciel, et nous ne raindrons plus l'exil : il y a dans la religion toute une patrie.
Tan lis qu'une partie de la création publie chaque jour u. mêmes lieux les louanges du Créateur, une autre partie voyage pour raconter ses merveilles. Des courriers traversant les airs, se glissent dans les eaux, franchissent les monts et les vallées. Ceux-ci arrivent sur les ailes du printemps, et bientôt disparaissant avec les zéphyrs, suive ai de climats en climats leur mobile patrie; ceux-là s'arrêtent a J'kabitar.jiï de î'it'uiime: voyageurs lointains, ils réclament l'antique .alité. Chacun suit son inclination dans le choix d'un : le rouge-gorge s'adresse aux cabanes ; l'hirondelle frappe aux palais : celte tille de roi semble encore aimer lbAbbes, mais les grandeurs tristes, comme sa destil'été aux ruines de Versailles, et l'hiver à es de ïbebes.
A peine a-t-e!le disparu, qu'on voit s'avancer sur les veufs ■•1 une colonie qui vient rem placer les voyageurs du midi, atin qu'il ne reste aucun vide dans nos c i
,,'isàtre il". ne la bise souffle sur
-, que les bois perdent ieui> dernières leuil le-, une ■.ui.-irds saunages, tous rangés à la file, travei en -ilence un ciel mélancolique. S'ils aperçoivent du haut quelque manoir gothique environs/ t\ là qu'ils se prépaient à descendre : il- attendent ii nuit, et fout des évolutions au-.
que la vapeur du goir«n> I vallée, le COU l< ndu et
1 aile sifflante, ils s'abattent tout à coup sur les eaux qui
retentissent. Un cri général, suivi d'un profond si] s'élève dan une petite lumière, qui
peut-être brille à l'étroite fenêtre d'une tour, les vove s'approchent des murs à la faveur de bres. Là, battahl des ailes el poussant des cris par intervalles, au milieu du murmure des vents et des pluies, ils saluent l'habitation de l'homme.
Un des plus jolis habitants de ces retraites, mais dont les pèleri' il moins lointains, c'esl la poule d'eau. Elle
se montre au bord des joncs, s'enfonce dans leur labyrinthe, ait et disparaît encore en poussant u
i -ne dans les fossés du ; elle
aime à se percher sur les armoiries sculptées dan les murs. Quand elle s'y tient immobile, on la prendrait, avec son plumage noirel le cachet blanc de sa tête, pour un oiseau en blason tombé de l'écu d'un ancien chevalier. Aux approches du printemps, elle se retire à des sources écartées. Une racine de saule minée par les eaux lui offre un asile, elle s'y dérobe à tous les yeux. Les Convoi vulus, les mousses, les capillaires d'eau, suspendent devant son nid ;»eries
de verdure ; le cresson et la lentille lui fournissent une nourriture délicate ; l'eau murmure doucement à son oreille ; de beaux insectes occupent ses i et les
naïades du ruisseau, pour mieux cacher cette jeune mère, plantent autour d'elle leurs quenouilles de roseaux, chargées d'une laine empourprée.
Parmi ces passagers de l'aquilon, il s'< re qui
s'habituent à nos mœurs, et refusent de retourner dans leur patrie : les uns, comme les compagnons d'Ulysse, sont captivés par la douceur de quelques fruits ; les autres, comme les déserteurs du vaisseau de Cook, sont séduits par des enchanteresses qui les retiennent dans leurs îles. Mais la plu pari nous quittent après un séjour de quelques mois: ils s'attachent aux vents et aux tempêtes qui ternissent l'éclat des flots, et leur livrent la proie qui leur échapperait dans les eaux transparentes ; ils n'aiment que les retraites ignorées, et font le tour de la terre par un cercle de solitudes.
Ce n'est pas toujours en troupes que ces oiseaux visitent nos demeures. Quelquefois deux beaux étrangers, aussi blancs que la neige, arrivent avec les frimas: ils descendent au milieu des bruyère-, dans un lieu découvert et dont on
it approcher sans être aperçu ; après quelques h de repos,' ils remontent sur les nuages. Vous courez à l'endroit d'où ils sont partis, et vous n'y trouve/, qu< quelques plumes, seules marques de leur passage, que le vent a déjà dispersées : heureux le favori des Muses qui,