‹ Le génie du christianisme (volume 3)Chapitre 97 sur 307 · QUADRUPÈDES · texte numérisé non relu

QUADRUPÈDES

Les Migration- sont plus fréquentes dans la classe des poissons et des oiseaux que dans celle des quadrupèdes, à cause de la multiplicité des premiers, et de la facilite de a travers deux éléments qui enveloppent laque la manière Aont il- aboi . ■rer, aux rivages qu'ils Cherchent. On ci • mimai, chassé par la faim, abandonne le pays qu'il nourriture et d'abri; niais omroit-on qoe II UBSfl aller ici plutôt que là, et le conduite,

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l»i:ii ne permet pas de telles méprises. Tout a ses a s et ses rapports dans la nature: aux fleu zéphyrs, aux hivers lus tempêtes, au cœur de l'homme la ur. Les plus habiles pilotes manqueront Longtemps te porl désiré, avant que le poisson se trompe sur la longitude du moindre des écueils de l'abîme : la Providenc son étoile polaire; et, quelque part qu'il se dirige, il aperçoit toujours cet astre qui ne se couche jamais. L'univers est connue une immense hôtellerie, où tout est en mouvement. On en voit sortir, on y voit r mit' multitude de voyageurs. Il n'y a peut-être rien is beau, dans les migrations des quadrupèdes, que - s des bisons à travers les savanes de la Louilu Nouveau-Mexique. Quand le temps de changer de climat est venu, pour aller porter l'abondance a des peuples sauvages, quelque buffle, conducteur des troupeaux du désert, appelle autour de lui ses fils et ses filles. Le rendez-vous est au bord du Meschacebé ; l'instant de la marche est fixé vers la fin du jour. La troupe s'assem! moment arrive. Le chef, secouant sa crinière, qui pend de '.ornes parts sur ses yeux et ses cornes recourbées, salue le soleil couchant en baissant la tête, et en élevant Bon dos comme une montagne; un bruit sourd, signal du départ, sort en même temps de sa profonde poitrine, et tout à coup il plonge dans les vagues écumantes, suivi de la multitude des génisses et des taureaux qui mugissent d'amour après lui.

Tandis que cette puissante famille de quadrupèdes traverse à grand bruit les fleuves et les forêts, une flotte paisible, sur un lac solitaire, vogue en silence à la faveur des zéphyrs et à la clarté des étoiles. De petits écureuils noirs, après avoir dépouillé les noyers du voisinage, se sont résolus à chercher fortune et à s'embarquer pour une autre forêt. Aussitôt, élevant leurs queues, et déployant au vent cette voile de soie, la race hardie tente fièremenl l'inconstance des ondes, pirates imprudents que l'amour des richesses transporte. La tempête se lève, la flotte va périr. Elle essaie de gagner le havre prochain; mais quelis une armée de castors s'oppose à la descente, dans la crainte que ces étrangers ne viennent piller lésons. En vain les légers escadrons débarqués sur la rive se ut en montant sur les arbres, et insultent du haut de imparts à la marche pesante des ennemis. Le génie remporte sur la ruse : des sapeurs s'avancent, minent le Chêne, et le font tomber avec tous ses écureuils, comme un- tour chargée de soldats, abattue par le bélier antique. Il arrive bien d'autres malheurs à nos aventuriers, qui

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