Lois eccl., page 742, can. Est probanda
sont attiré le respect et la vénération de ces peuples; on se souviendra que le disciple de Luther et de Calvin est venu entendre le prélat romain exilé prêcher, dans quelque retraite obscure, l'amour de l'humanité et le pardon des Dfïenses ; on se souviendra enfin que tant de nouveaux Gypriens, persécutés pour leur religion, que tant de courageux Chrysostomes so sont dépouillés du titre qui faisait leurs combats et leur gloire, sur un simple mot du chef de l'Eglise : heureux de sacrifier avec leur prospérité première l'éclat de douze ans de malheur à la paix du leur troupeau.
Quant au ckrgé inférieur, c'était à lui qu'on était redevable de ce reste de bonnes mœurs que l'on trouvait encore dans les villes et dans les campagnes. Le paysan sans religion est une bête féroce; il n'a aucun frein d'éducation ni de respect humain : une vie pénible a aigri son caractère ; la propriété lui a enlevé l'innocence du sauvage; il est timide, grossier, défiant, avare, ingrat surtout. Mais, par un miracle frappant, cet homme naturellement pervers, devient excellent dans les mains de la religion. Autant il était lâche, autant il est brave; son penchant à trahir se change en une fidélité à toute épreuve, son ingratitude en un dévouement sans bornes, sa défiance en une confiance absolue. Comparez ces paysans impies, profanant les églises, dévastant les propriétés, brûlant à petit feu les femmes, les enfants et les prêtres; comparez-ks aux Vendéens défendant le culte de leurs pères, et seuls libres quand la France était abattue sous le joug de la terreur; comparez-les, et voyez la différence que la religion peut mettre entre les hommes.
On a pu reprocher aux curés des préjugés d'état ou d'ignorance; mais, après tout, la simplicité du cœur, la sainteté de la vie, la pauvreté évangélique, la charité de Jésus-Christ, en faisaient un des ordres les plus respectables de la nation. On en a vu plusieurs qui semblaient moins des hommes que des esprits bienfaisants descendus sur la terre pour soulager les misérables. Souvent ils se refusèrent le pain pour nourrir le nécessiteux, et se dépouillèrent de leurs habits pour en couvrir l'indigent. Qui oserait reprocher à de tels hommes quelque sévérité d'opinion? Qui de nous, superbes philanthropes, voudrait, durant les rigueurs de 'hiver, être réveillé au milieu de la nuit, pour aïler admilistrer, au loin dans les campagnes, le moribond expirant sur la paille? Qui de nous voudrait avoir sans cesse le cœur brisé du spectacle d'une misère qu'on ne peut secourir, se voir environné d'une famille dont les joues hâves et les yeux creux annoncent l'ardeur de la faim et 'de tous les besoins? Consentirions-nous à suivre les curés de Paris, ces
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anges d'humanité, dans le séjour du crime et de la douleur, pour consoler le vice sous les formes les plus dégoûtantes, pour verser l'espérance dans un cœur désespéré ? Qui de nous enfin voudrait se séquestrer du monde des heureux pour vivre éternellement parmi les souffrances, et ne recevoir en mourant pour tant de bienfaits que l'ingratitude du pauvre et la calomnie du riche?