‹ Le génie du christianisme (volume 4)Chapitre 102 sur 259 · QUATRIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE

de recevoir les étrangers était un devoir dans l'épiscopat, que saint Grégoire voulut, avant de consacrer Florentinus, évêque d'Ancône, qu'on exprimât si c'était par impuissance ou par avarice qu'il n'avait point exercé jusqu'alors l'hospitalité envers les étrangers* ».

On voulait que l'évêque haït le péché, et non le pécheur*; qu'il supportât le faible; qu'il eût un cœur de père pour les pauvres 3. Il devait néanmoins garder quelque mesure •dans ses dons, et ne point entretenir de profession dangereuse ou inutile, comme les baladins et les chasseurs*: véritable loi politique, qui frappait d'un côté le vice dominant des Romains, et de l'autre la passion des Barbares.

Si l'évêque avait des parents dans le besoin, il lui était permis de les préférer à des étrangers, mais non pas de les enrichir : « Car, dit le canon, c'est leur état d'indigence, et non les liens du sang qu'il doit regarder en pareil cas^" ».

Faut-il s'étonner qu'avec tant de vertus, les évéques obtinssent la vénération des peuples? On courbait la tête sous leur bénédiction: on chantait Hosannah devant eux; on les appelait très saints, très chers à Dieu, et ces titres étaient d'autant plus magnifiques, qu'ils étaient justement acquis.

Quand les nations se civilisèrent, les évêques, plus circonscrits dans leurs devoirs religieux, jouirent du bien qu'ils avaient fait aux hommes, etcherchèrent à leur en faire encore, en s'appliquant plus particulièrement au maintien de la morale, aux œuvres de charité et au progrès des lettres. Leurs palais devinrent le centre de la politesse et des arts. Appelés par leurs souverains au ministère public, et revêtus des premières dignités de l'Eglise, ils y déployèrent des talents qui firent l'admiration de l'Europe. Jusque dans ces derniers temps, les évêques de France ont été des exemples de modération et de lumière. On pourrait sans doute citer quelques exceptions : mais, tant que les hommes seront sensibles à la vertu, on se souviendra que plus de soixante évêques catholiques ont erré fugitifs chez des peuples protestants, et qu'en dépit des préjugés religieux, et des préventions qui s'attachent à l'infortune, ils se

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