HisU des Ant., tome u, page
plaider la cause des noirs après les crimes qu'ils ont commis ? tant nous avons fait de mal ! tant nous avons perdu les plus belles causes et les plus belles choses.
Quant à l'histoire naturelle, le père Du Tertre vous montre quelquefois tout un animal d'un seul trait ; il appelle l'oiseau-mouche une fleur ccleste, c'est le vers du père Gommire sur le papillon :
Florem putares naïc per liquidum œthera.
« Les plumes du flambant ou du flamant, dit-il ailleurs, sont de couleur incarnate : et, quand il vole à l'opposite du soleil, il paraît tout flamboyant comme un brandon de feu ^ » .
Bufîon n'a pas mieux peint le vol d'un oiseau que l'historien des Antilles : « Cet oiseau {la frégate) a beaucoup de peine à se lever de dessus les branches ; mais quand il a une fois pris son vol, on lui voit fendre l'air d'un vol paisible, tenant ses ailes étendues sans presque les remuer ni se fatiguer aucunement. Si quelquefois la pesanteur de la pluie ou l'impétuosité des vents l'importune, pour lors il brave les nues, se guindé dans la moyenne région de l'air, et se dérobe à la vue des hommes- ».
Il représente la femelle du colibri faisant son nid:
« Elle carde, s'il faut ainsi dire, tout le coton
que lui apporte le mâle, et le remue quasi poil à poil avec son bec et ses petits pieds ; puis elle forme son nid, qui n'est pas plus grand que la moitié de la coque d'un œuf de pigeon. A mesure qu'elle élève le petit édifice, elle fait mille petits tours, polissant avec sa gorge la bordure du nid, et le dedans avec sa queue.
Je n'ai jamais pu remarquer en quoi consiste la
becquée que la mère leur apporte, sinon qu'elle leur donne sa langue à sucer, que je crois être tout emmiellée du suc qu'elle tire des fleurs ».
Si la perfection dans l'art de peindre consiste à donner une idée précise des objets, en les offrant toutefois sous un jour agréable, le missionnaire des Antilles a atteint cette perfection.
\. Histoire des Antilles, tome u, page 2G8. 2. Ibid., page 2C9.