‹ Le génie du christianisme (volume 4)Chapitre 210 sur 259 · Voyez la note Kk, à la fin du volume · texte numérisé non relu

Voyez la note Kk, à la fin du volume

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reproclîe à saint Augustin et à saint Jérôme d'avoir peint si vivement leurs propres faiblesses et les charmes de l'amour.

XI. Mais ces censeurs qui savent tout sans doute, puisqu'ils jugent l'auteur de si haut, ont-ils réellement cru que cette manière de défendre la religion, en la rendant douce et touchante pour le cœur, en la parant même des charmes de la poésie, fût une chose si inouïe, si extraordinaire? « Qui oserait dire, s'écrie saint Augustin, que la vérité doit demeurer désarmée contre le mensonge, et qu'il sera permis aux ennemis de la foi d'effrayer les fidèles par des paroles fortes, et de les réjouir par des rencontres d'esprit agréables ; mais que les catholiques ne doivent écrire qu'avec une froideur de style qui endorme les lecteurs » ? C'est un sévère disciple de Port-Royal qui traduit ce passage de saint Augustin ; c'est Pascal lui-même ; et il ajoute à l'endroit cité ''■, « qu'il y a deux choses dans les vérités de notre religion, une beauté divine qui les rend aimables^ et une sainte majesté qui les rend vénérables ». Pour démontrer que les preuves rigoureuses ne sont pas toujours celles qu'on doit employer en matière de religion, il dit ailleurs (dans ses Pensées) que le cœur a ses raisons que la raison ne connailpoinC'. Le grand Arnauld, chef de cette école austère du christianisme, combat à son tour ^ l'académicien Du Bois, qui prétendait aussi qu'on ne doit pas faire servir l'éloquence humaine à prouver les vérités de la religion. Ramsay, dans sa Vie de Fénelon, parlant du Traité de Vexistence de Dieu par cet illustre prélat, observe « que M. de Cambrai savait que la plaie de la plupart de ceux qui doutent vient, non de leur esprit, mais de leur cœur, et qu'27 faut donc répandre parto2it des sentiments pour toucher, pour intéresser, pour saisir le cœur'' ». Raymond de Sébonde a laissé un ouvrage écrit à peu près dans les mêmes vues que le Génie du Christianisme ; Montaigne a pris la défense de cet auteur contre ceux qui avancent . que les chrétiens se font tort de vouloir appuyer leur créance par des raisons humaines ■' . « C'est la foi seule, ajoute Montaigne, qui embrasse vivement et certainement les hauts mystères de notre religion. Mais ce n'est pas à dire que ce ne soit une très belle et très

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